ZIMBABWE : La police s’en prend aux droits humains

Index AI : AFR 46/013/2004
ÉFAI

Mercredi 5 mai 2004

Amnesty International est sérieusement préoccupée par le comportement de la police zimbabwéenne, qui continue à harceler, maltraiter, détenir et arrêter illégalement des citoyens zimbabwéens dans le cadre d’une répression systématique de la liberté d’expression, de réunion et d’association.

« Les textes de loi répressifs et l’utilisation de la police à des fins partisanes se combinent pour mettre gravement en danger les droits fondamentaux au Zimbabwe. Les responsables du maintien de l’ordre devraient protéger les droits de tous les Zimbabwéens ; au lieu de cela, ils mettent ces droits en danger », a déclaré Amnesty International ce mercredi 5 mai.

Le 28 avril, plusieurs membres de l’Assemblée nationale constitutionnelle, un groupe issu de la société civile, auraient été agressés par la police à Harare, alors qu’ils tentaient de manifester pacifiquement. Selon un texte de loi répressif voté en 2002, cette manifestation était illégale.

Le même jour, à Bulawayo, Mme Sheba Phiri, présidente nationale adjointe de l’Association zimbabwéenne pour les droits humains, a été arrêtée avec des militants de l’Assemblée nationale constitutionnelle, et détenue au commissariat central de Bulawayo pendant plusieurs heures. Ces personnes n’ont pas été inculpées, mais ont appris qu’elles pourraient l’être par la suite.
La police aurait également placé en détention plusieurs jeunes gens à la gare de Mutare, apparemment pour les empêcher de se rendre à Harare pour participer à la manifestation. Ces personnes ont été relâchées par la suite sans inculpation.
Le 22 avril, la police a sauvagement agressé le jeune militant Tinashe Chimedza à Harare. Celui-ci, qui devait prendre la parole devant un forum de jeunes à Mount Pleasant Hall, à Harare, a été détenu sur place par des policiers. La police l’aurait frappé à coups de matraque, de poing et de pied. Un avocat appelé sur les lieux s’est vu au départ refuser l’accès à Tinashe Chimedza. Celui-ci a ensuite été arrêté, inculpé d’agression sur un policier, et emmené au commissariat de Marlborough. Là, des avocats le représentant ont été injuriés par des policiers, et l’un d’entre eux a été brièvement détenu sans inculpation. Par la suite, Tinashe Chimedza a été conduit à l’hôpital pour y être soigné. Il y est resté presque une semaine.

Ce n’est pas la première fois que Tinashe Chimedza est agressé par la police. En 2002, Amnesty International avait rapporté son agression par des policiers au commissariat central d’Harare. Depuis 2001, Tinashe Chimedza a été arrêté au moins huit fois en tant qu’étudiant et militant d’organisations de jeunesse.

Amnesty International demande aux autorités du Zimbabwe de cesser d’utiliser la police à des fins politiques, et de prendre des mesures pour que le maintien de l’ordre au Zimbabwe soit professionnel, impartial, et qu’il respecte les droits humains de tous les Zimbabwéens. « Toutes les allégations de violations des droits humains par la police doivent faire l’objet d’une enquête, et les responsables doivent être traduits en justice », a ajouté l’organisation.

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