« Non seulement Lockheed Martin sera présente au salon BEDEX, mais l’entreprise bénéficiera en outre d’une appréciable visibilité, avec notamment la participation de son vice-président à une conférence le 12 mars par sur la transition du paysage industriel global de la défense, explique François Graas, coordinateur des campagnes et du plaidoyer de la section belge francophone d’Amnesty International
« Rappelons avec force que Lockheed Martin a déclaré publiquement être “fière de l’importance du rôle qu’elle joue dans la sécurité de l’État d’Israël”, et ce, alors même qu’un génocide se poursuit à Gaza.
« De plus, rien n’indique à l’heure actuelle que Lockheed Martin ait décidé de suspendre ou même de réduire ses livraisons d’armes à Israël. Rien ne permet non plus de penser que les autorités belges aient cherché à influencer l’entreprise qui lui fournit des avions F-35 afin d’empêcher des ventes d’armes à destination d’Israël. »
Comme l’a mis en évidence Amnesty International dans un rapport publié en septembre dernier, Lockheed Martin fournit et entretient des avions de combat F-16 et la flotte grandissante de F-35 d’Israël, équipements clés de l’armée de l’air israélienne qui ont été très largement utilisés pendant les bombardements de Gaza.
« Les entreprises comme Lockheed Martin qui rendent possibles les violations du droit international commises par Israël, notamment son génocide en cours contre la population palestinienne dans la bande de Gaza occupée, doivent veiller à ne pas être impliquées dans les crimes de droit international d’Israël sous quelque forme que ce soit. Dans le cas contraire, elles et leurs employés et membres du conseil d’administration risquent de voir leur responsabilité civile engagée, voire dans certains cas leur responsabilité pénale pour complicité dans les crimes commis par Israël », rappelle François Graas.
« Rappelons avec force que Lockheed Martin a déclaré publiquement être “fière de l’importance du rôle qu’elle joue dans la sécurité de l’État d’Israël”, et ce, alors même qu’un génocide se poursuit à Gaza. »
Amnesty International insiste également sur le rôle fondamental des États, en ce inclus la Belgique, qui doivent interdire à ces sociétés de participer à des salons commerciaux, des réunions gouvernementales, des contrats, des subventions de recherche et des activités avec des organismes publics en lien avec les types de produits vendus en Israël. Toutes ces mesures doivent rester en place jusqu’à ce que les entreprises en question puissent démontrer qu’elles ne contribuent pas à l’occupation illégale ou aux crimes de droit international d’Israël.
« Au vu de la participation de Lockheed Martin au salon BEDEX, nous faisons une fois de plus le constat désolant que la Belgique est incapable d’adopter une position cohérente concernant les violations des droits humains massives qui ont lieu dans le territoire palestinien occupé. Il n’est cependant pas trop tard pour le gouvernement de changer de cap et d’adopter enfin une position ferme et constante en faveur du respect du droit international », conclut François Graas.
Complément d’information
En septembre dernier, Amnesty International a rendu public un rapport intitulé Fermez le robinet de l’économie qui permet à Israël de commettre ses crimes. Ce document détaille les mesures que les États doivent prendre pour respecter leurs obligations – de la mise à l’index et l’interdiction des entreprises qui contribuent ou sont directement liées aux crimes israéliens à une législation et une réglementation efficaces, en passant par le désinvestissement et l’arrêt des achats ou des contrats. Il contient également une liste de mesures à prendre par les entreprises, comme la suspension des ventes ou des contrats et le désinvestissement.
