« Face à une situation qu’on peine à décrire encore avec des mots tant son atrocité dépasse l’entendement, nos autorités ne peuvent plus se permettre de rester passives et se contenter de déclarations plus ou moins fermes. Nous exigeons des actes forts, et ce, de toute urgence. Ce message s’adresse à la Belgique, mais également à la communauté internationale, en particulier aux alliés d’Israël, dont l’Union européenne et ses membres », tonne Carine Thibaut, directrice générale de la section belge francophone d’Amnesty International.
Amnesty International demande de toute urgence aux États de suspendre tous les transferts d’armes, adopter des sanctions ciblées et mettre un terme à tout engagement avec des entités israéliennes dès lors qu’il contribue au génocide commis par Israël contre la population palestinienne de Gaza.
« Face à une situation qu’on peine à décrire encore avec des mots tant son atrocité dépasse l’entendement, nos autorités ne peuvent plus se permettre de rester passives et se contenter de déclarations plus ou moins fermes. »
Par ailleurs, conformément à l’avis de la Cour internationale de justice, les États – dont la Belgique – ont la responsabilité de veiller à ne pas contribuer au maintien de la situation illégale générée par Israël du fait de son occupation du territoire palestinien occupé, en ce compris par le biais d’une coopération économique avec les colonies illégales.
Israël doit revenir sur sa décision de « prendre le contrôle » de la ville de Gaza
Cette réunion de la Commission des Relations extérieures interviendra une semaine après la décision par le cabinet de sécurité d’Israël d’approuver le projet du Premier ministre, Benjamin Netanyahou, de « prendre le contrôle » de la ville de Gaza.
« Rien ne saurait justifier les nouvelles atrocités de grande ampleur qu’un élargissement des opérations militaires dans la ville de Gaza ne pourra qu’entraîner. Des centaines de milliers de personnes, principalement des personnes déplacées, font chaque jour face à un mélange mortel de bombes, de famine et de maladie. La population n’a par ailleurs aucune possibilité de se faire soigner, car le système de santé de la bande de Gaza a été décimé par les attaques israéliennes, explique Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International.
« Rien ne saurait justifier les nouvelles atrocités de grande ampleur qu’un élargissement des opérations militaires dans la ville de Gaza ne pourra qu’entraîner. »
« Les familles des otages et les autorités militaires israéliennes se sont opposées à ce projet, approuvé sous le prétexte officiel d’obtenir la libération des otages. S’il est mis en œuvre, ce plan violera aussi le droit international, et bafouera l’avis consultatif de la Cour internationale de justice concluant que la présence israélienne persistante dans le territoire palestinien occupé est illégale et doit cesser. »
Amnesty International appelle le cabinet israélien à revenir immédiatement sur sa décision et l’exhorte à mettre un terme au génocide. L’organisation de défense des droits humains demande par ailleurs une nouvelle fois au Hamas et aux autres groupes armés palestiniens de libérer immédiatement et sans condition tous les otages civils.
« Il serait inacceptable que la réunion de la Commission des Relations extérieures aboutisse à de vaines platitudes et condamnations »
« Nous exigeons des États qui ont une influence sur Israël qu’ils fassent cesser l’abomination en cours en obtenant un cessez-le-feu immédiat et durable, la livraison sans entrave d’aide humanitaire à Gaza et son acheminement dans tout le territoire, la levée totale du blocus illégal et le retour rapide des otages détenus à Gaza et de toutes les Palestiniens et Palestiniennes détenus illégalement par Israël », assène Agnès Callamard.
« En ce qui concerne la Belgique, il serait inacceptable que la réunion de la Commission des Relations extérieures aboutisse à de vaines platitudes et condamnations, ce qui conduirait notre pays à s’enliser dans une inertie volontaire face au génocide en cours à Gaza. Nous attendons en revanche que des mesures concrètes soient prises de toute urgence, comme un appel sans équivoque à la suspension de l’Accord d’association UE-Israël, en raison de l’évidente violation par Israël de l’article 2 de cet accord, et l’interdiction des relations commerciales et d’investissement avec les colonies israéliennes illégales dans le territoire palestinien occupé », conclut Carine Thibaut.
