Égypte, il faut ouvrir une enquête sur une mort en détention

Les autorités égyptiennes doivent mener de toute urgence et sans délai une enquête exhaustive, indépendante et impartiale sur la mort en détention de Hossam Hamed, un homme de 30 ans incarcéré dans la prison d’al Aqrab et détenu à l’isolement depuis le 3 août 2019 au moins, sachant que selon certaines informations il aurait été torturé, a déclaré Amnesty International.

Les témoignages fournis par trois sources proches de cette affaire indiquent que Hossam Hamed a été agressé physiquement plusieurs fois par des gardiens de prison durant sa détention à l’isolement dans une « cellule disciplinaire ». Selon certaines sources, on l’a pendant des jours entendu crier et cogner contre la porte, et un jour ces bruits ont cessé. Quand les gardiens ont ouvert la porte, ils l’ont retrouvé mort. D’après certaines informations, son visage, après sa mort, était enflé, blessé et ensanglanté. Selon ces témoignages, Hossam Hamed a manifestement été torturé.

« Les allégations selon lesquelles Hossam Hamed a été torturé pendant sa détention à l’isolement soulèvent de graves questions quant à ses conditions de détention et aux circonstances de sa mort. Les autorités égyptiennes doivent ordonner une enquête transparente et efficace sur sa mort et veiller à ce que tous les responsables présumés soient traduits en justice dans le cadre d’un procès équitable, a déclaré Magdalena Mughrabi, directrice adjointe pour l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient à Amnesty International.

« Les forces de sécurité égyptiennes présentent un bilan affligeant en ce qui concerne le recours à de terribles violences quasiment en toute impunité. Dans les prisons égyptiennes, les forces de sécurité se livrent fréquemment contre les détenus à des actes de torture et à d’autres formes de mauvais traitements, sans crainte d’avoir à répondre de ces agissements. »

Depuis son transfert dans la prison d’al Aqrab, il y a six mois, Hossam Hamed n’était pas autorisé à recevoir des visites de sa famille, ce qui constitue une violation de la règlementation égyptienne relative aux prisons.

Trois autres personnes au moins sont mortes en détention dans des prisons égyptiennes depuis juillet 2019, et des allégations font état d’une absence de soins médicaux adéquats, de mauvais traitements et d’actes de torture. Récemment, Omar Adel, un jeune homme de 29 ans, est décédé le 22 juillet, cinq jours après son placement à l’isolement dans une « cellule disciplinaire », alors qu’il avait dit aux autorités de la prison qu’en raison de son état physique et psychique son placement au régime cellulaire mettrait sa vie en danger.

Les conditions carcérales à la prison d’al Aqrab sont notoirement mauvaises. En juillet, environ 130 détenus ont entamé une grève de la faim pour protester contre leurs conditions de détention et le fait que les autorités de la prison refusaient de leur permettre de recevoir des visites de leur famille. Les autorités ont répliqué avec des mesures punitives qui pourraient constituer des actes de torture, selon une déclaration faite par des prisonniers.
Amnesty International demande une fois de plus aux autorités égyptiennes de veiller à ce que tous les détenus et prisonniers soient autorisés à recevoir régulièrement des visites de leur famille, et de permettre à des observateurs indépendants des droits humains d’effectuer une visite dans la prison d’al Aqrab afin d’enquêter sur les allégations de torture, d’autres formes de mauvais traitements et de conditions de détention inhumaines.

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