Le prix Amnesty Jeunes des droits humains 2026 décerné aux fondatrices de The Bridge

Le prix Amnesty Jeunes des droits humains 2025 a été décerné à Adélaïde Charlier, Chloe Mikolajczak, Lucie Morauw et Laurie Pazienza, à l’issue des votes des élèves membres de groupes Amnesty dans des écoles secondaires de Bruxelles et de Wallonie. Toutes les quatre sont les cofondatrices de The Bridge [2], une organisation qui œuvre à former et mobiliser les citoyen·nes pour une Europe plus verte et plus démocratique en menant des campagnes de justice climatique et sociale auprès des institutions européennes.

Adélaïde Charlier [3], 25 ans, est une activiste engagée pour la justice climatique. Cofondatrice de Youth For Climate Belgium à 18 ans, elle a mené de nombreuses mobilisations, cocréé le collectif LookDown et débattu avec des dirigeant·es européen·nes. Ancienne conseillère spéciale de Frans Timmermans sur le Green Deal, elle se spécialise aujourd’hui en politique européenne au Collège d’Europe, où elle étudie le lien entre démocratie et crise climatique.

Engagée pour la justice climatique et les droits humains depuis 2019, Lucie Morauw [4], 25 ans également, a milité au sein de mouvements comme Youth for Climate et participé à la COP26. Elle est à l’origine ou co-créatrice de collectifs tels que Fair Fashion, Totalement Down et Buffet Belge. Après des expériences chez Amnesty International et l’ONG Humundi, elle mobilise aujourd’hui ses compétences en graphisme et en vidéo pour vulgariser, engager et amplifier des voix peu entendues.

« Nous sommes super honorées en tant que The Bridge. Personnellement, je ne m’attendais pas du tout à ce qu’un public si jeune vote pour un sujet qui me paraissait si loin d’eux et d’elles. Ça veut dire que notre travail fonctionne assez bien, vu que notre but c’est de rendre accessibles l’Union européenne et toutes ses politiques », indique Lucie Morauw.

« Le message que je voudrais faire passer aux jeunes est que la meilleure manière d’agir, c’est d’éteindre nos téléphones et d’aller rencontrer les personnes autour de nous qui sont engagées. Ça peut commencer à l’école ; moi, c’est là que j’ai commencé. Commencez petit, vous allez voir, vous allez changer le monde sans même vous en rendre compte », complète Adélaïde Charlier.

Chloé Mikolajczak [5], 32 ans, est militante pour l’environnement et la justice sociale. Depuis six ans, elle travaille au sein de nombreuses ONG européennes sur les enjeux climat-économie et l’influence des lobbies, tout en participant à la création de collectifs citoyens en Belgique et à l’international.

Enfin, Laurie Pazienza [6], 30 ans, ingénieure en énergie et en changement climatique chez Climact, est engagée pour la justice environnementale et sociale. Elle anime plusieurs collectifs citoyens et produit un podcast donnant la parole à des personnes engagées et inspirantes.

« C’est une fierté et une grande joie de voir le prix Amnesty Jeunes des droits humains remis aux fondatrices de The Bridge, qui sont des militantes pur jus avec les droits humains accrochés au cœur. Et de fierté, il en est aussi question pour célébrer la diversité face à des forces contraires qui tentent de réduire nos droits à toutes et à tous, et en particulier ceux des femmes et des personnes LGTQIA+. Comme nos jeunes militants et militantes ont pu s’en rendre compte aujourd’hui au cours de la journée Oxfamnesty, il va falloir se battre pour cette fierté et pour défendre ces droits si durement conquis », indique Carine Thibaut, directrice de la section belge francophone d’Amnesty International.

Chaque année, le prix Amnesty Jeunes des droits humains récompense une personne ou un groupe de personnes de moins de 35 ans, vivant en Belgique et reconnu·e par les jeunes pour son action en faveur des droits humains. Un comité de sélection établit une liste de personnes qui se sont distinguées par leurs actions pour les droits humains. Puis, ce sont les membres des groupes-écoles d’Amnesty International qui votent d’abord individuellement, puis collectivement, pour désigner le ou la lauréate du prix. L’objectif principal est de permettre aux jeunes de développer des capacités d’argumentation et de prise de décision collective, tout en leur offrant des exemples concrets et inspirants d’engagement en faveur des droits humains.

Six autres finalistes avaient été désigné·es par les jeunes aux côtés des fondatrices de l’association The Bridge ; Hatim Haddad [7], fondateur de l’ASBL Thunderbirds, à l’initiative du développement du foot-fauteuil en Belgique ; Arno Moulinier [8], activiste intersexe et créateur de contenu œuvrant à rendre visibles et accessibles les réalités intersexes ; Jérémie Nzita Mambu [9], créateur du média alternatif Yurbise qui décrypte l’actualité politique et sociétale en Belgique à destination des jeunes et du grand public en défendant une approche engagée du journalisme ; Ben Kamuntu [10], ancien membre du mouvement citoyen La Lucha en République démocratique du Congo, aujourd’hui poète et slameur engagé mêlant art et lutte pour les droits humains ; les centaines d’élèves de plusieurs écoles secondaires qui, en octobre 2025, ont organisé des grèves et actions de mobilisation pour dénoncer l’interception de la flottille humanitaire Global Sumud Flotilla et la situation à Gaza ; Corentin Melchior [11], qui s’engage depuis l’âge de 15 ans pour l’égalité et l’accès aux ressources essentielles, notamment en fondant le collectif Impulsion Collective.

Depuis son lancement en 2019, ce prix a récompensé Adriana Costa Santos de la Plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés ; Anne-Sarah N’Kuna et Laure Fornier, animatrices d’IZI News sur Tarmac ; Michelle Sequeira, fondatrice d’Unless, une association d’aide aux sans-abris ; Maïté Meeus, créatrice du compte Instagram Balance ton bar ; Pamela Linda Maleindje engagée contre les violences conjugales à l’encontre des femmes migrantes et Yassine Boubout, pour sa lutte contre les violences policières et le profilage ethnique ; Wassim Allouka, pour sa lutte contre l’antisémitisme, l’islamophobie et le racisme dans le cadre du conflit israélo-palestinien ; Sana Afouaiz, fondatrice de Womenpreneur Initiative et Charline Bellot, créatrice de Repas sur roue.

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