« Alors que l’appel se fait de plus en plus pressant en faveur du désinvestissement des entreprises qui rendent possibles le génocide, l’apartheid et l’occupation israéliennes, la société ferroviaire belge choisit d’allouer un investissement de plusieurs milliards à une entreprise qui joue un rôle clé dans la connexion et l’intégration des colonies illégales à Jérusalem-Est, soit un territoire palestinien illégalement occupé », explique Carine Thibaut, directrice de la section belge francophone d’Amnesty International.
« La SNCB sape ainsi l’importance de son propre code de conduite pour les fournisseurs et ignore également la décision de la Cour internationale de justice qui a confirmé l’illégalité des colonies israéliennes. L’implication de CAF dans les services à ces colonies et dans leur expansion est en contradiction flagrante avec les Principes directeurs des Nations unies relatifs aux entreprises et aux droits humains. La responsabilité de la SNCB de respecter les droits humains ne s’applique pas seulement à ses propres activités, mais à l’ensemble de sa chaîne d’approvisionnement. »
Dévalorisation de la position belge
« La Belgique condamne les colonies israéliennes depuis des années. L’accord de gouvernement du 2 septembre stipule explicitement que les activités de colonisation, notamment à Jérusalem-Est, empêchent la solution à deux États – un autre objectif de longue date de la politique étrangère belge, précise Carine Thibaut.
En avril, la Belgique, en tant que membre du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, a également soutenu une résolution appelant les entreprises à tout mettre en œuvre pour respecter leurs responsabilités en matière de droits humains en cessant leurs activités dans les colonies israéliennes. Nous nous demandons donc comment le gouvernement fédéral peut autoriser une entreprise publique belge à s’engager avec un producteur impliqué dans l’expansion et l’ancrage économique de ces mêmes colonies illégales. »
La SNCB doit exercer une pression maximale sur CAF
« Malgré cette décision, le moins que la SNCB et le gouvernement fédéral puissent faire maintenant est d’utiliser cet accord de plusieurs milliards d’euros pour exercer une pression maximale sur CAF afin qu’elle cesse sa coopération au projet de tramway de Jérusalem (JLR) », insiste Carine Thibaut.
« Il est essentiel que CAF soit poussée à mettre ses activités en conformité avec le droit international. Si elle ne le fait pas, les nouvelles rames qui circuleront sur le territoire belge deviendront pour des millions de passagers et passagères un rappel de la façon dont la SNCB a laissé passer une occasion gigantesque d’assumer sa responsabilité et de défendre les droits et libertés des Palestiniens et Palestiniennes. »
Complément d’information
Construcciones y Auxiliar de Ferrocarriles (CAF) fournit du matériel de transport et des services à Israël pour le projet de tramway de Jérusalem (Jerusalem Light Rail - JLR). Le JLR relie les colonies israéliennes illégales de Jérusalem-Est occupée entre elles ainsi qu’à Jérusalem-Ouest.
La ligne de tramway dessert les colonies et facilite la circulation des colons, l’expansion physique des colonies et leur durabilité économique, et intègre ces entités illégales à Israël, ce qui est contraire au droit international, y compris l’article 49, paragraphe 6, de la Quatrième Convention de Genève.
Depuis 2019, CAF joue un rôle clé dans l’expansion du JLR, un projet qui renforce la colonisation, l’occupation et l’annexion illégales de Jérusalem-Est par Israël. CAF a donc été ajoutée à la base de données des Nations unies des entreprises impliquées dans la colonisation israélienne illégale en territoire palestinien occupé. Amnesty International est également parvenue à la même conclusion : CAF facilite l’intégration des colonies illégales à Israël, ce qui est contraire au droit international. Amnesty International appelle CAF à cesser immédiatement de fournir des biens et des services au réseau JLR.
