Venezuela, Michelle Bachelet doit recommander une commission d’enquête

La haute-commissaire aux droits de l’homme de l’ONU Michelle Bachelet s’est rendue au Venezuela du 19 au 21 juin 2019. Pendant sa visite, elle a rencontré des victimes d’atteintes aux droits humains, des proches de victimes, des organisations de la société civile et des acteurs politiques. Lors d’une conférence de presse organisée à la fin de sa visite, Michelle Bachelet a affirmé être arrivée à certains accords avec le gouvernement de Nicolás Maduro, notamment concernant la mise en place dans le pays d’une équipe permanente de deux personnes de son bureau chargées de fournir une assistance et un soutien technique et de continuer à surveiller la grave crise des droits humains.

Amnesty International considère qu’il s’agit d’un pas en avant. Cependant, des changements considérables doivent intervenir dans les mois à venir pour que les conditions de vie des Vénézuéliens et Vénézuéliennes puissent commencer à s’améliorer dans un pays où la crise des atteintes aux droits humains et l’impunité ont eu de graves conséquences, dont la migration forcée de quatre millions de personnes réfugiées ces dernières années.

« Ces accords de base auxquels le gouvernement de Nicolás Maduro a consenti lors de la visite de la haute-commissaire Michelle Bachelet sont une avancée pour les victimes et les organisations qui les accompagnent dans leur combat pour la vérité, la justice et les réparations pour les graves atteintes aux droits humains et crimes contre l’humanité dont a été victime la population ces dernières années », a déclaré Erika Guevara Rosas, directrice d’Amnesty International pour les Amériques.

« La haute-commissaire Michelle Bachelet a entendu les témoignages de victimes à propos de la réalité déchirante à laquelle est confrontée chaque jour la population du Venezuela. Des millions de personnes dans le pays souffrent quotidiennement du manque de services essentiels, de nourriture et de médicaments, ainsi que de la persécution et de la répression infligées par les forces de sécurité sous les ordres de Nicolás Maduro. »

Amnesty International a recueilli des informations sur les graves atteintes aux droits humains et crimes de droit international commis au Venezuela, notamment depuis l’aggravation de la crise en janvier 2019. L’organisation a recensé des exécutions extrajudiciaires, des cas de recours injustifié à la force meurtrière, des arrestations arbitraires de masse et des mauvais traitements infligés aux personnes manifestant leur désaccord avec le gouvernement de Nicolás Maduro, et a constaté les graves conséquences des atteintes aux droits économiques et sociaux de la population.

Le 5 juillet prochain, le Haut-Commissariat aux droits de l’homme présentera, à Genève, son rapport sur la situation des droits humains au Venezuela, lors d’un dialogue interactif avec les États membres du Conseil des droits de l’homme. Amnesty International espère que ce rapport recommandera la création d’une commission d’enquête, comme l’avait fait le prédécesseur de Michelle Bachelet dans ses divers rapports sur le Venezuela en 2017 et 2018.

« La terrible réalité au Venezuela exige que l’ONU mette tout en œuvre pour faire face à la crise des droits humains et établisse une commission d’enquête placée sous l’égide du Conseil des droits de l’homme lorsque la haute-commissaire présentera, le 5 juillet prochain, les résultats de sa visite et de plusieurs mois d’enquête de son équipe », a déclaré Erika Guevara Rosas.

Complément d’information

Depuis 2014, Amnesty International recueille des informations sur les méthodes et la politique de répression du gouvernement de Nicolás Maduro. L’organisation a depuis recensé des cas de recours excessif à la force contre des manifestant·e·s, ainsi que des traitements cruels et inhumains et des actes de torture infligés à ces personnes en vue de neutraliser la contestation sociale. En 2017, des cas de recours excessif à la force, parfois meurtrière, contre des personnes manifestant contre le gouvernement ont été de nouveau constatés.

Amnesty International a recensé et dénoncé les détentions arbitraires motivées par des considérations politiques qui ont eu lieu au cours de ces dernières années, et a analysé 22 cas emblématiques de détention arbitraire illustrant des méthodes telles que le recours à des tribunaux militaires pour juger des civils et des arrestations illégales par le Service bolivarien de renseignement national. L’organisation a par ailleurs identifié au moins six prisonniers d’opinion privés de liberté par le gouvernement de Nicolás Maduro.

Amnesty International a également dénoncé au moins 8 000 exécutions extrajudiciaires commises par les forces de sécurité entre 2015 et 2017, dont huit ont fait l’objet d’un examen approfondi et ont révélé des pratiques similaires d’attaques contre des hommes jeunes en situation de pauvreté. Toutes ces informations ont permis à l’organisation d’établir la nature systématique et généralisée des événements de janvier 2019 contre la population civile.

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