Zimbabwe, violente répression avant des manifestations de l’opposition

Au Zimbabwe, des défenseurs des droits humains, des militants, des responsables de la société civile et des membres de l’opposition sont victimes d’une répression croissante, certaines personnes ayant notamment été enlevées et torturées, à l’approche des manifestations organisées par l’opposition le 16 août, a déclaré Amnesty International le 15 août.

« Nous sommes témoins d’une violente répression des militants et des responsables de la société civile, dans le cadre de laquelle les autorités ont recours à des méthodes violentes déjà constatées sous le gouvernement de Robert Mugabe. Au lieu d’écouter les inquiétudes des manifestants quant à la situation économique, les autorités ont eu recours à la torture et à des enlèvements pour écraser la dissidence et instiller la peur », a déclaré Muleya Mwananyanda, directrice adjointe d’Amnesty International pour l’Afrique australe.

« Au lieu de prendre pour cible les dissidents, les autorités du Zimbabwe doivent prendre des mesures pour améliorer la situation économique du pays et les conditions de vie de la population. Des millions de personnes vivent dans la pauvreté et leurs droits humains sont régulièrement bafoués, pendant que les responsables présumés d’atteintes aux droits humains continuent de bénéficier d’une impunité presque totale. »

Tatenda Mombeyarara, un militant, a été enlevé la nuit du 13 août à son domicile à Chitungwiza par des hommes non identifiés armés de fusils AK-47. Les hommes lui ont mis un sac en plastique sur la tête, l’ont fait monter dans leur véhicule et sont partis.

Tatenda Mombeyarara a été frappé aux pieds et aux fesses avec des barres en métal avant d’être jeté et laissé pour mort par les hommes près d’un fossé à Hatfield, une banlieue du sud de Harare. Il est actuellement hospitalisé et il reçoit des soins pour ses graves blessures.

Pendant qu’il était frappé, il a été accusé d’être impliqué dans l’organisation des manifestations prévues le 16 août. Les hommes l’ont menacé et lui ont dit : « [Nous allons] nous occuper de vous tous. »

En mai, Tatenda Mombeyarara avait été arrêté à l’Aéroport international Robert Mugabe de Harare alors qu’il revenait d’un atelier de formation aux méthodes de manifestation non violentes aux Maldives. Il avait ensuite été libéré sous caution, mais ses documents de voyage avaient été confisqués par les autorités.

Blessing Kanotunga, un militant du Mouvement pour le changement démocratique, a également été enlevé chez lui à Mufakose par des hommes armés non identifiés la nuit du 13 août. Ils l’ont jeté à Chitungwiza, une banlieue au sud de Harare. Il est également traité pour de graves blessures au dos.

« Les autorités doivent mener une enquête impartiale et efficace dans les meilleurs délais sur l’enlèvement et la torture des deux militants et veiller à ce que les responsables présumés de ces actes soient traduits en justice et jugés dans le respect des normes d’équité des procès », a déclaré Muleya Mwananyanda.

« Alors que la population se prépare à manifester pour ses droits économiques et sociaux dans les prochains jours, les autorités doivent faire preuve de retenue envers les manifestants et doivent respecter, protéger et promouvoir la liberté d’expression et de réunion pacifique de chacun. Organiser des manifestations pacifiques et y participer n’est pas un crime. »

Complément d’information

La situation au Zimbabwe est tendue, le Mouvement pour le changement démocratique, principal parti d’opposition du pays, ayant appelé à des manifestations de masse pour protester contre les difficultés économiques en raison desquelles des millions de personnes, dans des zones tant rurales qu’urbaines, ont des difficultés à survivre. Des millions de personnes dépendent de l’aide alimentaire. La manifestation est soutenue par les syndicats et d’autres groupes de la société civile.

Le gouvernement a émis un avertissement sévère quant à toute manifestation, accusant sans les nommer des collaborateurs étrangers de travailler avec des organisations de la société civile en vue de déstabiliser le pays par des manifestations.

Plus tôt cette année, 15 manifestants ont été tués par les forces de sécurité après la décision du gouvernement d’augmenter le prix du carburant.

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