Bilan de la première semaine de la COP30 Par Carine Thibaut, directrice de la section belge francophone d’Amnesty International

La première semaine de la #COP30 est finie. Les ministres arrivent de 193 pays à Belém, à l’embouchure de l’Amazone pour aboutir à des décisions essentielles. Dix ans après l’accord de Paris dans un contexte plus que sinistre.

Une manifestation rassemblait 50.000 personnes dans les rues brûlantes de Belém. Une#COP30 qui diffère des #COP antérieures, plus inclusive et permettant de s’exprimer.

Néanmoins, les peuples indigènes arrivés avec des centaines de bateaux à Belem, ont demandé en bloquant l’accès à la COP à être plus inclus encore dans un processus mondial qui les oublie.

Autant la différence sur la liberté d’expression est tangible, autant la pluie de lobbyistes fossiles présents aux COP n’a pas changé. Pire, elle est plus intense. La #COP30 voir une augmentation de 12% des lobbyistes fossiles présent dans l’enceinte de la #COP. Sachez que les conventions sur le cancer ont interdit la présence des industries de tabac, on est encore loin dans les sommets sur le climat.

Manifestation à la COP30.

Que dire de la première semaine des négociations ?

Tout d’abord, la sortie des énergies fossiles. Dans la suite de l’héritage de la COP28, le président Lula a répété sa volonté d’avancer sur un plan. Depuis, la Colombie rallie des Etats volontaristes sur le sujet, le Brésil - représenté par sa ministre du climat - cherche à construire un feuille de route de sortie des énergies fossiles (dans le jargon, TAFF roadmap). 63 pays dont la France, la Colombie, l’Allemagne, le Danemark, le Kenya, certains états insulaires, les pays latino américains, Portugal, UK, Australie… Cet élément sera l’un des paramètres pour juger si la COP a réussi. Il est encore très flou pour savoir où cette décision pourrait atterrir (si elle atterrit) : cela pourrait être soit dans la décision finale (la « cover decision ») ou le « mutirao » pacte proposé par la présidence ou encore dans une autre dispositif.

L’autre élément - intimement lié à la sortie des énergies fossiles - est le sujet prioritaire de la société civile cette année : la transition juste - le BAM (Le mécanisme d’action de Belem). La transition juste est toujours absente, ou quasi invisible des plans climat de chaque état (dans le jargon, CDN). Le financement ne suit pas et pourtant, la transition en cours a terriblement besoin de justice et d’équité. En aidant les travailleurs.ses du fossile à se reconvertir, en permettant à tout le monde d’avoir accès aux renouvelables, en isolant les maisons, … Pour la première fois, dans une enceinte des COP, le sujet avance. Le G77 & China onr repris la proposition de la socièté civile. Le vendredi, l’UE qui s’était toujours montré plutôt opposée sur le sujet, a évolué et pour la première fois, propose un plan d’action. Autant ses éléments peuvent à première vue loin des préoccupations des gens, ils ne le sont pas. C’est bien une transition qui apparaît comme injuste qui nourrit les discours populistes et climatosceptiques, qui font tout pour réduire ou annuler les mesures sur le climat. Il faudra voir si les évolutions dans les négociations.

Quant à une autre question centrale de cette COP, il s’agit du financement de l’adaptation. Dans un contexte de hausse des températures mondiales et d’intensification des impacts climatiques, un déficit considérable de financement de l’adaptation pour les pays en développement met en danger des vies, des moyens de subsistance et des économies entières, selon le rapport 2025 sur l’écart entre les besoins et les perspectives en matière d’adaptation aux changements. Il manque cruellement de financement pour l’adaptation alors que les besoins augmentent, estimés à 310 milllards USD par an en 2035. Les négociations de la semaine passée n’ont pas permis d’avancer, montrant des positions fort éloignées entre les pays.

Dernier sujet qui semble être un peu orphelin, malgré les intentions de la présidence brésilienne, celui de la déforestation. Après le lancement par Lula d’un fonds pour limiter la déforestation et protéger les forêts tropicales, un mécanisme original de placement sur les marchés des obligations (TFFF dans le jargon) . L’initiative lancée au début de la COP qui a été soutenue par 53 pays ne prend pas actuellement plus d’ampleur. Mais cela pourrait encore arriver avec de nouveaux engagements financiers.

La seconde semaine commence avec des nombreuses discussions ouvertes. Comme souvent. Espérons que les ministres n’oublient pas que le multilateralisme est à risque, que dans le monde réel, les gens affrontent des ouragans, des vagues de chaleur, des inondations, que la COP doit montrer qu’à l’ère de Trump, 193 pays peuvent se mettre d’accord pour sauver l’humanité.

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