DES PERSÉCUTIONS BASÉES SUR LE GENRE MASSIVES ET IMPUNIES
La liste des graves violations des droits humains à l’égard des femmes et des filles afghanes s’allonge, sans que les talibans ne doivent rendre de comptes. Cinq ans après leur retour au pouvoir, les talibans imposent toujours plus de lois et de mesures qui restreignent davantage les droits fondamentaux des femmes et des filles dans tout le pays.

Les femmes sont exclues de tous les aspects de la vie, aux niveaux social, économique et politique. L’accès à l’éducation devient de plus en plus difficile pour les femmes et les filles, exclues des études secondaires et universitaires. Elles ont l’interdiction de participer à des activités sportives, de se rendre dans des parcs ou des bains publics, et de parcourir plus de 72 kilomètres ou d’emprunter les transports et apparaître en public sans mahram (chaperon masculin). Elles se voient imposer des codes vestimentaires stricts, et, désormais, il leur est même interdit de parler en public. Les abus tels que la torture et les mauvais traitements, les détentions arbitraires, les disparitions forcées, la censure, entre autres, se poursuivent en toute impunité. Des restrictions toujours plus sévères au droit à la liberté d’expression, à la liberté de réunion pacifique et à la participation politique des femmes ont été introduites. Le retour des châtiments corporels et l’absence d’un système judiciaire indépendant ne font qu’exacerber ces problèmes, laissant les victimes sans aucune possibilité de recourir à la justice.
Alors que le peuple afghan et en particulier les femmes et les filles restent prisonnières de ce cauchemar sans fin, la communauté internationale se démarque par son inaction et son mutisme complice. Bien qu’en octobre 2025 le Conseil des droits de l’homme des Nations unies ait décidé d’établir un mécanisme d’enquête indépendant pour l’Afghanistan, aucune autre mesure significative n’a été prise. Ce ne sont pas des déclarations qui mettront fin à cette répression, mais des actions concrètes et fortes.
PARTOUT EN BELGIQUE FRANCOPHONE, UNE MÊME ENVIE D’AGIR EN FAVEUR DES FEMMES ET DES FILLES AFGHANES
Les groupes locaux d’Amnesty International Belgique francophone s’engagent en nombre pour dénoncer les mesures draconiennes et les interdictions massives qui entravent la vie des femmes et des filles afghanes.
Les membres de ces groupes vont ces prochains mois apposer un panneau « Interdit aux femmes et aux filles » à l’entrée d’un ou plusieurs lieux de leur commune, tels qu’à l’entrée d’une école secondaire, d’une université, d’un parc public, d’un terrain de sport etc., lieux qui, en Afghanistan, leur seraient interdits.
L’idée est d’investir l’espace public, en sensibilisant la population locale à la situation dramatique des droits humains en Afghanistan et en l’informant des mesures que la communauté internationale, dont la Belgique, peut prendre contre cette guerre impitoyable que mènent les talibans contre la moitié de la population du pays.

DÉJÀ 19 000 PERSONNES DEMANDENT À LA BELGIQUE DE S’ENGAGER CONTRE CETTE SPIRALE INFERNALE
Une pétition, proposée par les sections francophone et flamande d’Amnesty Belgique, a déjà recueilli plus de 19 000 signatures. Elle exhorte le ministre belge des Affaires étrangères M. Prévot à ce que la Belgique s’engage fermement et sans détour contre cette spirale infernale des violations des droits humains en Afghanistan. Les dizaines de milliers de signatures collectées lui seront remises à la rentrée 2026.
Nous devons maintenant persévérer. Il est temps que les autorités belges jouent un rôle important pour prévenir de nouveaux abus et s’engagent activement afin que les talibans soient effectivement poursuivis et jugés pour leurs crimes, et que les femmes, les filles et tout autre personne persécutée soient protégées.

À l’aune de cette Journée internationale de lutte pour les droits des femmes, nous réitérons nos appels fermes et urgents à mettre un terme à ces violations massives et inacceptables.
