41 victoires pour les droits humains dont nous pouvons nous réjouir

Amnesty Activistes

Cette année 2020 a été difficile, mais elle a tout de même apporté des victoires dont nous pouvons nous réjouir. Que ce soit en écrivant des lettres, en signant des pétitions ou en manifestant de manière sûre, de nombreuses personnes se sont unies, malgré les circonstances les plus difficiles, pour démontrer que le changement est possible. Et pour le prouver, voici 41 réussites qui montrent que l’humanité finira par triompher.

Janvier

  • 1. En janvier, le gouvernement du Bangladesh a annoncé son intention de proposer des cours et des formations aux enfants rohingyas réfugiés. Cette décision a été prise deux ans et demi après que les Rohingyas ont été contraints de fuir au Bangladesh après une campagne de nettoyage ethnique au Myanmar. C’était une grande victoire pour Amnesty International et d’autres organisations de défense des droits humains, qui ont milité pour l’éducation des quelque 500 000 enfants rohingyas se trouvant dans les camps de réfugiés au Bangladesh.
  • 2. En tant que personne handicapée mentale, Vadim Nesterov, originaire du Kazakhstan, a été privé de sa capacité juridique lorsqu’il a eu 18 ans, en 2011. Incapable de prendre des décisions concernant sa vie ou d’exercer ses droits, il avait peu d’espoir de trouver un jour un emploi ou de pouvoir se marier. Suite à un rapport d’Amnesty International, qui a présenté son cas, ainsi qu’à une intervention stratégique de l’Association des psychanalystes du Kazakhstan, les droits légaux de Vadim ont finalement été rétablis en janvier, ce qui représente une victoire incroyable pour les personnes handicapées du Kazakhstan.

Février

  • 3. Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH) a publié un rapport très attendu qui pointe plus de 100 entreprises engagées dans des activités liées aux colonies israéliennes en Cisjordanie. Ce rapport répertorie plusieurs entreprises du numérique spécialisées dans le tourisme, dont Airbnb, TripAdvisor, Expedia et Booking.com, qui d’après les recherches d’Amnesty International favorisent le tourisme dans les colonies et contribuent à leur existence et à leur expansion.
  • 4. Dans un arrêt historique rendu dans une affaire à laquelle Amnesty International et la Commission Internationale des Juristes sont intervenues conjointement, la Cour Suprême du Canada a décidé [1] qu’un procès pour violation des droits humains contre une société minière basée à Vancouver pouvait être entendu au Canada, et non en Érythrée où les abus auraient eu lieu, ouvrant ainsi la voie à de nouveaux motifs de responsabilité civile.

Mars

  • 5. La Cour pénale internationale a décidé d’ouvrir une enquête sur des crimes au regard du droit international commis par toutes les parties au conflit en Afghanistan. La Chambre d’appel a annulé une décision d’avril 2019 de la Chambre préliminaire de ne pas ouvrir d’enquête, qu’Amnesty avait critiquée.
  • 6. L’Espagne a annoncé un projet de loi visant à définir le viol comme une relation sexuelle sans consentement, conformément aux normes internationales en matière de droits humains. Ce changement juridique fait suite à des affaires de viols collectifs très médiatisées dans lesquelles le système judiciaire a laissé tomber les victimes. Le projet de loi comprend d’autres mesures pour prévenir et répondre à la violence sexuelle et est en instance devant le Parlement. Amnesty International a mené une campagne dans plusieurs pays européens pour définir le viol comme une relation sexuelle sans consentement, notamment par le biais de la campagne « Let’s Talk About Yes ».
  • 7. Le professeur spirituel iranien Mohammad Ali Taheri a retrouvé sa famille au Canada, après avoir été arrêté en mai 2011 en Iran et condamné à mort pour avoir créé le groupe spirituel Erfan-e Halgheh. Sa détention a suscité un tollé et des appels mondiaux de la part d’Amnesty International ont abouti à l’annulation de sa condamnation à mort et de son inculpation. Il a finalement été libéré en 2019, puis a fui le pays pour le Canada, où il a écrit un message sur Facebook pour remercier les membres d’Amnesty International de leur inlassable campagne.

Avril

  • 9. L’avocat chinois Wang Quanzhang a retrouvé sa famille après avoir passé quatre ans et demi en prison. Il a été pris pour cible en raison de son travail de dénonciation de la corruption et des violations des droits humains. Amnesty avait fait campagne pour sa libération depuis sa première détention.
  • 10. Pour la première fois, le Commandement américain pour l’Afrique (AFRICOM) a commencé à publier des rapports trimestriels sur les allégations de victimes civiles des frappes aériennes américaines en Somalie, dont trois incidents couverts par les enquêtes d’Amnesty International. Après la publication du premier rapport en avril, plusieurs membres du Congrès américain ont commencé à tenir des audiences pour demander des comptes au Pentagone/AFRICOM. Ces rapports font suite à notre campagne en faveur d’une plus grande transparence de la part de l’AFRICOM, et à la publication d’un rapport novateur, The Hidden US War in Somalia, qui a contribué à faire admettre pour la première fois par les États-Unis qu’il y avait eu des victimes civiles en Somalie. L’AFRICOM a jusqu’à présent admis 13 victimes civiles en Somalie. L’AFRICOM a également créé un portail de signalement en ligne qui permet aux proches et aux victimes des actions militaires américaines en Somalie de signaler directement les allégations de pertes civiles.
  • 12. L’appel d’Amnesty International aux autorités mexicaines à mettre fin à la détention dangereuse et discriminatoire des migrants dans les centres de détention a contribué à la libération de la plupart des migrants et des demandeu·r·se·s d’asile des 65 centres de détention pour immigrants du pays.
  • 13. Le gouvernement de la Sierra Leone a annulé [2] l’interdiction qui empêchait les jeunes filles enceintes d’aller à l’école et de passer des examens, à la suite des appels et du succès des actions en justice d’Amnesty International et des organisations partenaires. L’interdiction était en vigueur depuis près de cinq ans, privant ainsi de nombreuses jeunes femmes de leur droit à l’éducation.

Mai

  • 14. L’embargo sur les armes à destination du Sud-Soudan a été renouvelé [3] à l’unanimité par le Conseil de sécurité des Nations unies en mai 2020, après un intense plaidoyer et une campagne d’un mois menée par Amnesty International. Les délégations du Conseil de sécurité ont estimé que les recherches exhaustives et indépendantes d’Amnesty sur les violations de l’embargo sur les armes avaient été décisives pour le vote positif.
  • 15. Début mai, un tribunal français a acquitté un agriculteur qui était poursuivi simplement pour avoir aidé des demandeu·r·se·s d’asile dans le besoin. En 2017, Cédric Herrou a été condamné pour avoir « facilité la circulation, le séjour et l’entrée irréguliers de réfugiés et de migrants » à la frontière franco-italienne. Le cas de Cédric Herrou est emblématique de la manière dont les actes de solidarité ont été criminalisés à travers l’Europe.
  • 16. Au Bahreïn, le militant des droits humains Nabeel Rajab a été libéré de prison sur une peine non privative de liberté, après des années de campagne d’Amnesty International et d’autres organisations de défense des droits humains. Selon l’un de ses avocats, Mohamed Al Jishi, Nabeel sera hors de prison pour les trois années restantes de sa peine initiale.

Juin

  • 17. Suite à la campagne et au plaidoyer d’Amnesty International et de ses partenaires, deux officiers de police croates ont été inculpés au pénal pour avoir battu un migrant d’Afghanistan qui avait été arrêté près de la frontière avec la Bosnie-Herzégovine.

Juillet

  • 18. Après des années de campagne menée par Amnesty International, un tribunal fédéral canadien a jugé [4] que le renvoi de demandeur·se·s d’asile aux États-Unis en vertu de l’accord sur les tiers pays sûrs était inconstitutionnel.
  • 19. Magai Matiop Ngong, un adolescent du Soudan du Sud pour lequel nous avons fait campagne dans le cadre du Marathon des lettres, a vu sa condamnation à mort annulée et a été libéré du couloir de la mort le 29 juillet. Ému·e·s par sa situation, des personnes du monde entier ont écrit un nombre incroyable de 765 000 messages de soutien. Le cas de Magai a suscité un débat sur l’utilisation de la peine de mort contre les enfants au Soudan du Sud – un fait rare et extrêmement positif.
  • 20. Quelques heures après la publication de notre rapport sur la déforestation illégale et les saisies de terres dans la chaîne d’approvisionnement du plus grand producteur de viande au monde, JBS, le procureur fédéral de l’État de Rondônia au Brésil a annoncé que son bureau enquêterait sur nos conclusions. Une semaine plus tard, l’ancien auditeur indépendant de la société a confirmé qu’elle avait contesté JBS pour avoir prétendu à tort que ses activités en Amazonie étaient exemptes de déforestation. Plus tard, la société d’investissement européenne Nordea Asset Management a retiré JBS de son portefeuille, attribuant sa décision à des révélations sur la chaîne d’approvisionnement indirecte de JBS. Et en octobre, JBS s’est engagée [5] à surveiller l’ensemble de sa chaîne d’approvisionnement d’ici 2025, y compris les fermes « fournisseurs indirects » problématiques liées à la déforestation illégale.
  • 21. Notre suivi [6] des violences policières aux États-Unis lors des manifestations de #BlackLivesMatter a permis de rendre visibles les violations des droits humains commises dans tout le pays et a été intégré dans des documentaires vidéo du New York Times [7], du Washington Post [8] et de CNBC [9]. Les enquêteur·se·s d’Amnesty ont également informé le Congrès et témoigné devant l’assemblée législative de l’État de l’Oregon pour aider cette dernière à réécrire ses lois sur l’utilisation des gaz lacrymogènes.
  • 22. La journaliste et présidente de l’association des blogueurs du Niger, Samira Sabou [10], a été libérée de prison, suite aux appels d’Amnesty International. Lors de sa libération, Samira a déclaré « Je n’oublie pas Amnesty International qui a souligné l’incohérence liée à mon arrestation. J’ai été touchée par la solidarité et le soutien que j’ai reçus des quatre coins du monde. »

Août

  • 23. Un officier de haut rang des forces de police chiliennes des Carabiniers, identifié par son nom de code G-3, a été arrêté et inculpé deux mois après qu’Amnesty International a publié des preuves suggérant qu’il était responsable de l’aveuglement de l’étudiant Gustavo Gatica lors des manifestations de l’année dernière, qui ont été entachées par l’usage illégal de la force par la police.
  • 24. En Russie, le Témoin de Jéhovah et prisonnier de conscience Guennadi Chpakovski, qui avait été poursuivi uniquement pour avoir exercé son droit à la liberté de religion, a vu sa peine commuée et a été libéré de prison, grâce aux efforts de campagne d’Amnesty International.
  • 25. Les autorités vénézuéliennes ont libéré 110 prisonniers, dont le prisonnier de conscience et dirigeant syndical Rubén González, 61 ans, détenu depuis novembre 2019.
  • 26. Afin de protéger les travailleu·r·se·s migrants contre l’exploitation au travail, le Qatar a supprimé l’obligation pour les travailleur·se·s migrant·e·s d’obtenir l’autorisation de leur employeur pour changer d’emploi et a annoncé l’introduction d’un nouveau salaire minimum non discriminatoire. La Coupe du Monde de 2022 doit avoir lieu au Qatar et Amnesty International fait campagne depuis des années pour améliorer les droits des travailleur·se·s migrant·e·s. Si ces réformes sont les bienvenues, elles doivent être mises en œuvre rapidement et intégralement.

Septembre

  • 27. Le procureur général de Somalie a déclaré [11] que le gouvernement allait créer un bureau pour un nouveau procureur chargé de traiter les crimes contre les journalistes. Cette annonce est intervenue après que le président somalien Mohamed Abdullahi Mohamed « Farmajo » se soit engagé publiquement à réformer le code pénal obsolète de 1962 qui est souvent utilisé pour poursuivre injustement les journalistes. Cette percée a eu lieu après la publication de notre rapport de février « Nous vivons dans la peur perpétuelle » qui documente les violations du droit à la liberté d’expression en Somalie, notre plaidoyer direct auprès des autorités et la pression accrue des groupes de défense des médias locaux.
  • 28. En réponse au rapport d’Amnesty de juillet sur les enfants yézidis survivant·e·s de la captivité dite de l’État islamique (EI), le gouvernement régional du Kurdistan a publiquement approuvé l’une de nos principales recommandations selon laquelle les enfants devraient bénéficier de tout programme de réparation, car ils ne sont actuellement pas inclus dans le projet de loi du Parlement irakien sur les réparations pour les survivant·e·s yézidis des crimes de l’EI.

Octobre

  • 30. Cinq militants malaisiens, accusés d’avoir organisé un rassemblement pacifique en faveur des agents chargés du nettoyage des hôpitaux, ont reçu une décharge n’équivalant pas à un acquittement (signifiant qu’ils pourraient être à nouveau accusés, ce qui est peu probable). Leur cas a été présenté dans notre rapport « Exposed, Silenced, Attacked » [13] et, grâce à notre travail, les militants ne sont plus poursuivis. Un représentant syndical a déclaré : « Nous n’aurions pas pu le faire sans l’aide d’Amnesty International ».
  • 31. Le Conseil des droits de l’homme des Nations unies a prolongé de deux ans le mandat de la mission d’enquête sur le Venezuela, améliorant ainsi les perspectives de justice internationale, peu après que la mission ait soutenu les conclusions d’Amnesty International selon lesquelles le gouvernement Maduro a probablement commis des crimes contre l’humanité.
  • 32. Grâce à la campagne incessante des partisan·e·s d’Amnesty, un certain nombre de personnes injustement détenues ont été libérées, notamment Narges Mohammadi [14], d’Iran, et Alaa Shaaban Hamida, d’Égypte. Au Soudan du Sud, le militant Kanybil Noon a été libéré après 117 jours de détention sans inculpation. Il était en mauvaise santé après s’être vu refuser l’accès aux services médicaux. Lors de sa libération, Kanybil a déclaré « Je vous suis très reconnaissant pour vos efforts. Envoyez ma gratitude à l’ensemble du personnel. Je vous suis tellement reconnaissant pour vos services. »

Novembre

  • 34. Le bureau du Médiateur européen a déclaré qu’il ouvrirait une enquêtesur l’éventuel échec de la Commission européenne à s’assurer que les autorités croates respectent les droits fondamentaux lors des opérations frontalières financées par l’UE contre les migrant·e·s et les réfugié·e·s. Cette annonce a été faite après qu’Amnesty International et d’autres organisations ont documenté des violations, notamment des passages à tabac et d’autres formes de torture de migrant·e·s et de demandeur·se·s d’asile par la police croate, dont les salaires ont pu être payés par des fonds de l’UE.
  • 35. Le ministre de l’environnement des Îles Salomon a confirmé le blocage d’une concession de mine de bauxite qui menaçait les communautés locales de l’île de Wagina [15] – le point central d’une enquête que nous avons menée fin 2019. Ce fut une victoire durement gagnée par les habitant·e·s de l’île de Wagina qui dépendent de leur île et des eaux autour du site minier proposé pour leur subsistance.
  • 36. Le président argentin, Alberto Fernández, a tenu sa promesse électorale d’envoyer un projet de loi historique au Congrès pour légaliser l’avortement, après des années de campagne menée par les défenseur·e·s des droits des femmes, dont Amnesty International.
  • 37. Le Mexique étant devenu le 11e pays à ratifier l’Accord d’Escazú. Le traité régional pour la protection de l’environnement et les défenseur·e·s de l’environnement va entrer en vigueur, après une campagne intensive menée par Amnesty et ses partenaires dans plusieurs pays d’Amérique latine.
  • 38. Au Danemark, le gouvernement a accepté de modifier le Code pénal pour enfin reconnaître qu’un rapport sexuel sans consentement est un viol. Cela fait suite à des années de campagne de groupes de défense des droits des femmes et de victimes et à la campagne « Let’s Talk About Yes. »
  • 39. Après un grand travail de pression d’Amnesty International, notamment des réunions avec le président et le vice-président, le gouvernement du Costa Rica a créé un statut migratoire spécial à caractère humanitaire pour les personnes venant du Nicaragua, de Cuba et du Venezuela qui se sont vu refuser le statut de réfugié. Ce statut leur permettra de travailler légalement et de ne pas souffrir des conséquences néfastes qu’une situation irrégulière peut avoir pour leurs droits humains.
  • 40. 40. L’entreprise japonaise de production de bière Kirin a annoncé avoir suspendu tous les versements de dividendes à l’entreprise MEHL, qui est liée à l’armée du Myanmar, et le fabricant et exportateur sud-coréen de vêtements Pan-Pacific a également décidé de mettre fin à ses relations commerciales avec cette entreprise. Ces décisions ont été prises à la suite de la publication du rapport Military Ltd. publié par Amnesty en 2020 et dénonçant les liens entre des entreprises internationales et l’armée du Myanmar.

Décembre

  • 41. Le mouvement d’Amnesty a atteint plus de 10 millions de sympathisant·e·s dans le monde en 2020. Il s’agit d’une réussite extraordinaire et Amnesty souhaite remercier chacun et chacune d’entre vous qui vous êtes mobilisés et avez fait changer les choses.
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