AUJOURD’HUI, JOURNEE MONDIALE DE L’ALIMENTATION

16 octobre 2014

L’occasion de rappeler que plus de 800 millions de personnes souffrent de la faim dans le monde et que 65% d’entre elles sont des agriculteurs. Ceux qui devraient assurer la subsistance de leur famille et de leur communauté vivent dans la misère. Un fameux paradoxe qui ne doit rien au hasard. Impossible en effet pour les petits paysans du Sud de lutter contre les géants de l’agroalimentaire qui ont les coudées franches pour prendre possession de leurs terres. En cause, notamment, le soutien de la Banque mondiale qui a créé des instruments pour inciter les états à favoriser les investisseurs étrangers au détriment des petits producteurs locaux : le Doing Business et le Benchmarking the Business of Agriculture.

Créé en 2002, le Doing Business vise à classer les états en fonction des facilités qu’ils accordent aux investisseurs : réduction des taxes et des procédures administratives, suppression des obstacles au libre-échange, etc. Plus les avantages fiscaux, sociaux ou environnementaux sont nombreux et meilleur est leur classement. En revanche, les droits humains, le droit à l’alimentation, les droits économiques et sociaux, la protection des travailleurs et la gestion durable des ressources naturelles ne sont pas pris en compte. Pour les ONG de développement, ce classement encourage les réformes foncières qui tendent à faire de la terre une marchandise pouvant être acquise facilement par les grosses entreprises.

Le Benchmarking the Business of Agriculture est en cours d’élaboration : il vise à évaluer les politiques et réglementations des états en tenant compte de plusieurs indicateurs propres au secteur agricole et pertinents pour les investisseurs : accès à la terre, aux financements, aux semences, aux fertilisants, à la qualité des transports et aux marchés. D’où le cri d’alarme lancé par les ONG qui sont persuadées que sa mise en oeuvre accélérera les impacts nuisibles du Doing Business, dont l’accaparement des terres qui se développe à un rythme accéléré.

Selon un rapport publié par l’International Land Coalition, 200 millions d’hectares de terres auraient été transférés ou loués pour des concessions de longue durée (entre 50 et 99 ans) à des investisseurs de l’agro-business dans les pays en développement. Résultat : les petites exploitations disparaissent progressivement et la sécurité alimentaire est menacée. Tout cela pour produire, entre autres, des agrocarburants. C’est révoltant ! Mais ce n’est pas tout, les méthodes agro-industrielles intensives utilisent massivement des produits chimiques. D’où une dégradation des ressources naturelles, à commencer par la terre et l’eau.

Non aux systèmes de classement de la Banque mondiale, oui au soutien des agriculteurs locaux, clament quelque 200 organisations du monde entier qui viennent de lancer une campagne intitulée « Our land, our business ». Elles tiennent en effet à rappeler que l’agriculture familiale joue un rôle crucial dans de nombreux domaines : lutte contre la faim et la pauvreté, renforcement de la sécurité alimentaire, amélioration des moyens d’existence, gestion des ressources naturelles et protection de l’environnement. L’ancien rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l’alimentation, Olivier De Schutter, ne dit pas autre chose. Pour lui, il faut soutenir l’agriculture familiale et l’agroécologie. Malgré une prise conscience, récente il est vrai, de la nécessité de changer de cap, les freins restent malheureusement nombreux.

Pour en savoir plus :

www.sosfaim.org

www.cncd.be

www.fian.be

www.cadtm.org

www.oxfam.be

www.aefgn.be

LE COQ WALLON A DU PLOMB DANS L’AILE

Les milliers d’armes qui sont vendues par la Région wallonne à des pays violant sans le moindre scrupule les droits humains font couler du sang innocent. Cela doit cesser. Signez notre pétition