CHILDREN ON THE MOVE CHILDREN FIRST

27 octobre 2013

Le trois octobre dernier, un bateau faisait naufrage près de Lampedusa, une île proche de la Sicile. A son bord, des migrants, somaliens et érythréens pour la plupart, qui espéraient trouver en Europe une vie meilleure. Plus de trois cents d’entre eux ont perdu la vie. Peu après, le réseau Migreurop publiait une tribune intitulée « L’Europe assassine » et demandait aux chefs d’état et de gouvernement de l’Union européenne de renoncer aux «  politiques sécuritaires et répressives qui ont jusqu’ici tenu lieu de politique d’asile et d’immigration » et le HCR lançait une mise en garde contre de nouvelles catastrophes en Méditerranée « qui seront inévitables sans une réponse collective et globale  ». Leur appel n’a pas été entendu. Largement dominé par l’affaire des écoutes de l’Agence nationale de sécurité américaine, le Conseil européen décidé de reporter la question de l’immigration à plus tard.

On ne peut que se révolter face au cynisme du Conseil européen qui fait fi de la situation dramatique que vivent les personnes déplacées. Près de la moitié d’entre elles sont des mineurs, seuls ou avec leur famille. Qui sont-ils ? Pourquoi ont-ils fui leur pays d’origine ? Dans quelles conditions leur périple s’est-il passé ? Comment vivent-ils aujourd’hui ? C’est à ces questions et à bien d’autres que tente de répondre le documentaire « Migration : les enfants d’abord » parrainé par le Réseau européen des ombudspersons pour enfants et fondé sur les témoignages bouleversants de huit enfants.

«  C’était très dur », voilà comment les enfants qualifient leur exode, quels que soient leur région d’origine et le mode de transport. « Nous n’avions pas de nourriture, nous n’avions rien à boire  », raconte Pal Lamin. « Nous avions peur », ajoute Saide. Une fois arrivés à destination, c’est le plus souvent la désillusion. « Quand je suis arrivée à Paris, j’ai demandé à ma mère : c’est ici qu’on va vivre ? Elle m’a répondu : oui. Il n’y avait pas d’eau, pas d’électricité et parfois, à six heures du matin, il y avait des contrôles », explique Izabella. Rom d’origine roumaine, elle est souvent confrontée au racisme. « Dans mon pays, beaucoup de gens disaient que c’était bien d’être en Italie mais il faut être sur place pour savoir, dit Déborah. Actuellement, je préfère la Côte d’Ivoire parce que là-bas, j’avais des amis et ici, je n’ai pas d’amis. L’école y est plus facile qu’en Afrique, mais à cause du problème de la langue, j’ai de moins bons résultats.  » Quant à sa mère, elle n’adhère pas au mode de vie en Europe, elle regrette de ne pas pouvoir donner à ses enfants un mode de vie qui corresponde à ses standards et elle déclare qu’en Italie, elle n’est rien. Mais le témoignage qui m’a le plus émue, c’est celui d’Irioque qui raconte qu’elle a dû se prostituer pour payer le prix réclamé par les passeurs. Elle avait à l’époque 14 ans. « Maintenant, j’ai quitté cette vie mais je ne peux pas croire que j’ai fait cela. »

Huit enfants, huit récits de vie recueillis avec tact et sensibilité par David Lallemand et qui battent en brèche pas mal de préjugés. « On se rend compte qu’on a plein d’idées préconçues qui nous empêchent de réfléchir correctement à la manière de travailler à la défense des droits de ces enfants et c’est pourtant le primordial. » David Lallemand qui a dû faire face à des conditions de travail parfois difficiles. Les interviews des jeunes qui parlaient le farsi (persan), par exemple, ont été mal traduites. « De retour en Belgique , j’ai fait tout retraduire et j’ai été bouleversé à posteriori par certaines choses que j’ai entendues et que je n’avais pas comprises au départ. »

Le documentaire donne également la parole à des avocats et à des travailleurs sociaux des pays d’accueil qui évoquent les lourdeurs administratives et politiques auxquelles ils se heurtent et les difficultés qu’ils rencontrent pour faire respecter les droits de ces enfants. Des enfants qui, comme tous les enfants du monde, rêvent d’un monde meilleur où plus aucun d’entre eux ne serait dans le besoin et où ils pourraient tous aller à l’école dans de bonnes conditions, histoire de pouvoir « commencer une bonne vie  », comme le dit ce jeune Afghan d’environ 16 ans.

Children on the move sera projeté le lundi 28 et le mardi 29 octobre à 14 heures au cinéma Aventure à Bruxelles.

Plus d’informations sur le site du Délégué général aux droits de l’enfant www.dgde.cfwb.be et sur le site www.enlignedirecte.be

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