CLIMAT : UN ACCORD MINIMALISTE

24 novembre 2013

Je vous parlais la semaine passée de ces centaines de personnes qui sont parties à Varsovie pour faire entendre leur voix à la conférence sur le climat. Il est plus que temps d’avancer pour qu’un accord contraignant soit adopté à Paris en 2015, disaient-elles, faute de quoi il sera impossible de limiter le réchauffement planétaire à 2° par rapport à l’ère pré-industrielle. Elles ont défilé dans les rues, pendant que les représentants d’ONG et de syndicats suivaient les négociations en tant qu’observateurs et assistaient, impuissants, à des querelles de chiffonniers entre les délégués du Nord et du Sud, plaidant chacun pour leur chapelle. Résultat : ils ont pris la porte, une première dans les annales des grands-messes onusiennes.

La conférence de Varsovie devait jeter les bases d’un accord portant sur trois points : des réductions drastiques des émissions de gaz à effet de serre qui concerneraient cette fois tous les pays du monde (le protocole de Kyoto n’engageait que les pays industrialisés), le financement du fonds d’adaptation destiné à aider les pays du Sud à faire face au réchauffement climatique et la création d’un mécanisme portant sur les pertes et dommages, visant à les aider à surmonter les catastrophes naturelles qui les frappent déjà de plein fouet.

L’accord conclu hier in extremis, après des heures d’âpres négociations, est particulièrement minimaliste. Une fois de plus, la montagne a accouché d’une souris. En principe, les pays auraient dû s’engager à réduire leur émissions de gaz à effet de serre. Sous la pression de la Chine et de l’Inde, on ne parle plus d’engagements mais de « contributions, sans préjuger de leur nature légale pour 2015 ». La nuance est de taille ! Un texte sur l’aide financière aux pays du Sud a également été adopté. Rappelons qu’en 2009 déjà, les pays industrialisés s’étaient engagés à mobiliser ensemble 100 milliards de dollars d’ici 2020. Promesse non tenue jusqu’à présent et le texte conclu à Varsovie reste flou sur la manière de réunir cette somme, au grand dam des pays en développement. Signalons toutefois que la Belgique a annoncé qu’elle verserait 3,25 millions d’euros au fonds d’adaptation, . Pour le CNCD 11.11.11, c’est un premier signal positif. Enfin, à Varsovie, on a décidé de créer un mécanisme portant sur les pertes et dommages subis à cause du réchauffement, mais ce ne sera pas un nouvel organe comme le souhaitaient les pays du Sud. Les pays riches s’y sont opposés.

De retour à Bruxelles, le secrétaire d’état à l’énergie, Melchior Wathelet, n’a pas caché sa préoccupation. « L’accord n’est pas celui qu’on aurait pu espérer. On est de temps en temps face à des pays qui n’ont pas compris, ou ne veulent pas comprendre, ou font semblant de ne pas comprendre que l’enjeu climatique est colossal », a-t-il déclaré ce midi à la RTBF. On doit pourtant lui rappeler que la Belgique a perdu cette année une place au classement climat. Elle figure désormais en 14° position au Climate Change Performance Index, l’indice international qui classe les efforts de 58 pays gros émetteurs de CO2. Quant au ministre français du développement, Pascal Canfin, il a pour sa part déclaré à l’AFP qu’ «  on avait sauvé l’essentiel . On revient de très loin, a-t-il ajouté, notre responsabilité est maintenant de construire le premier accord climatique universel jamais adopté ». Certes, il s’agissait d’une conférence intermédiaire. N’empêche qu’il aurait fallu faire davantage de progrès. Malheureusement, aujourd’hui comme hier, les dissensions entre les pays restent immenses, le chemin à parcourir pour boucler le dossier en 2015 est semé d’embûches et le climat n’en sort pas gagnant. 

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