CLOSETHECAMPS.ORG

15 décembre 2013

www.closethecamps.org, c’est l’adresse d’un site mis en ligne par Migreurop, un réseau européen et africain de militants et de chercheurs soucieux de faire connaître la généralisation de l’enfermement des étrangers et la multiplication des camps, et de lutter contre un dispositif qui est au coeur des politiques migratoires de l’Union européenne. Quatre associations belges en sont membres : le CIRE, le CNCD, la Ligue des droits de l’homme et le Syndicat des avocats pour la démocratie. Ce site recense 393 camps fermés opérationnels entre 2011 et 2013. Pour chacun d’eux, Migreurop présente des informations sur le lieu et le nombre de personnes qu’il peut accueillir et , le cas échéant, la durée maximale de l’enfermement dans le pays concerné . L’intérêt de ce site, c’est qu’il est interactif. Tous ceux qui disposent d’informations sur les éléments manquants peuvent compléter la fiche en s’inscrivant. Une initiative de grande envergue qui vise avant tout à combattre l’opacité qui entoure ces lieux d’enfermement.

La campagne Open Access Now lancée en 2011 par Migreurop, a montré une fois de plus que les journalistes, par exemple, ne sont pas les bienvenus. Il y a quelques années, j’ai couvert la visite de parlementaires européens dans trois centres fermés à Bruxelles. Aucun des journalistes présents n’a pu entrer. Impossible d’avoir un contact avec le personnel ou avec les détenus. En fait, les seules fois où j’ai pu pénétrer dans un centre, c’était lors de visites ministérielles et les étrangers étaient soigneusement tenus à distance. De quoi se poser des questions… Lors d’une rencontre internationale qui s’est tenue à Paris dernièrement, une journaliste française a raconté qu’elle avait déjà eu accès à des camps, mais dans des conditions telles qu’elle n’avait pas pu exercer son métier correctement. «  On m’a dit qu’il n’y avait pas de chambres d’isolement, alors que je connaissais leur existence, raconte-t-elle. Il m’est arrivé aussi de ne pas pouvoir poser de questions ni prendre de notes. Une autre fois, j’ai pu entrer avec des parlementaires, mais sans dire que j’étais journaliste. » Difficile dans ces conditions de témoigner et de « garder un rôle de chien de garde », comme le dit Reporters sans frontières qui plaide pour que chaque pays vote une loi autorisant l’accès aux centres fermés.

D’où l’intérêt de la cartographie dynamique de l’enferment des étrangers qui vise à permettre à tous les citoyens d’accéder aux informations concernant la détention administrative et de mobiliser tous ceux qui s’opposent aux mécanismes d’enfermement et d’éloignement des migrants en vue de défendre leurs droits fondamentaux. L’occasion de rappeler une fois encore que, quel que soit le nom qu’on leur donne, les camps d’étrangers sont devenus un instrument privilégié de gestion des populations migrantes et que les personnes qu’on y enferme n’ont commis aucun délit.

Plus d’informations sur le site www.migreurop.org

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