DE NOUVELLES PROMESSES POUR SAUVER LA BIODIVERSITE

le 21 octobre 2012

Les scientifiques sont formels : le taux d’extinction des espèces végétales et animales s’accélère. Selon l’Union internationale pour la conservation de la nature, plus d’un tiers des espèces sont aujourd’hui menacées d’extinction. En cause : la surexploitation des ressources, la déforestation, la pollution et le changement climatique.

Il y a deux ans, on était optimiste. La conférence sur la diversité biologique de Nagoya débouchait sur un plan stratégique ambitieux, comportant 20 objectifs à atteindre d’ici 2020 : supprimer les subventions néfastes à la biodiversité, multiplier les aires protégées sur terre et en mer, restaurer au moins 15% des écosystèmes dégradés, gérer durablement les terres agricoles et les forêts, etc. Les états adoptaient également un protocole sur l’accès aux ressources génétiques et le partage juste et équitable découlant de leur utilisation. En clair, plus question pour les pays du nord d’exploiter les richesses du sud à leur seul profit : ils devront partager les bénéfices avec les pays détenteurs. Deux secteurs sont particulièrement concernés : la pharmacie et la cosmétique. Le problème, c’est qu’il entrera en vigueur après la cinquantième ratification et qu’aujourd’hui, sept pays seulement l’ont ratifié. N’empêche, la conférence de Nagoya avait débouché sur des avancées réelles, sauf sur un point : le financement. Sur ce point pourtant crucial, le texte était resté très vague.

La 11° conférence sur la diversité biologique vient de se terminer à Hyderabad, en Inde. Après des heures et des heures d’âpres discussions, les états sont tombés d’accord pour « doubler l’ensemble des flux financiers internationaux relatifs à la biodiversité » vers les pays en développement d’ici 2015 et pour les maintenir « au moins à ce niveau jusqu’à 2020 ». Le texte précise que cette somme sera calculée par rapport à la moyenne annuelle des financements en faveur de la nature vers les pays en développement sur la période 2006-2010, mais il ne mentionne aucun chiffre précis. Le WWF se dit déçu. Selon lui, le volet financier n’est pas suffisant pour sauver la biodiversité. Quant aux experts, ils estiment qu’il faudrait plusieurs dizaines de milliards de dollars par an pour tenir les engagements de Nagoya. En attendant, la situation s’aggrave d’année en année. 400 nouvelles espèces animales et végétales viennent de rejoindre la longue liste des espèces menacées d’extinction sur la terre. Cette érosion a des impacts sur l’homme : elle menace nos moyens de subsistance et bon nombre d’activités économiques. Reste à espérer que les états respecteront l’accord conclu à Hyderabad. En période de crise, rien n’est moins sûr.

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