DES MANIFS DE SOUTIEN AUX MIGRANTS

19 décembre 2013

Hier, c’était la journée internationale des migrants, l’occasion pour plusieurs associations de faire part de leurs revendications. Dans une lettre adressée à la secrétaire d’état à la migration, Maggie De Block, Vie Féminine évoque les difficultés que rencontrent les femmes en séjour irrégulier pour avoir accès aux soins. Et de réclamer une amélioration de l’aide médicale d’urgence. Il faut, précise le mouvement féministe, uniformiser et simplifier les démarches auprès des CPAS, proposer une information large et accessible à tous les publics, généraliser les bonnes pratiques et réagir aux situations de non-droit. Un slogan pour résumer sa démarche : « La santé, ça ne doit pas se mériter, c’est un droit !  », un droit qui est d’ailleurs inscrit dans la Déclaration universelle des droits de l’homme et dans la Constitution belge.

Autre point fort de la journée : une délégation de membres et de délégués de la FGTB, de la CSC, du CIRE et de l’ORCA (organisation pour les travailleurs immigrés clandestins) a rencontré hier des représentants des cabinets ministériels du premier ministre, de l’emploi, de la migration et de la lutte contre la fraude sociale et fiscale. Syndicats et organisations de défense des étrangers ensemble pour réclamer notamment que la Belgique ratifie la convention des Nations Unies pour la protection des droits de tous les travailleurs migrants et de leur famille, et la convention de l’OIT sur les travailleurs migrants. Cette convention prévoit, entre autres, le principe d’égalité de traitement dans plusieurs domaines : l’accès à l’emploi, les droits syndicaux, les droits culturels et les libertés individuelles et collectives. Comme le dit Jean-François Tamellini, secrétaire fédéral de la FGTB, « c’est bien que le gouvernement rende hommage à Mandela ou qu’il aille à l’ONU faire des leçons sur le respect des droits de l’homme, mais il devrait aussi appliquer en Belgique les conventions internationales qui protègent les migrants.  » Autres points évoqués lors de la rencontre : la fin de la criminalisation des travailleurs migrants, la mise en place d’une procédure de régularisation humanitaire sur base de critères clairs, permanents et non limitatifs et l’octroi d’un titre de séjour à toute personne qui a introduit une demande et qui, après un délai de six mois, n’a pas obtenu de réponse définitive, lorsque ce délai est essentiellement imputable à l’administration impliquée dans la procédure. «  On a eu des renseignements techniques alors qu’on venait avec des sujets éminemment politiques et donc, sur ce point-là, on est plutôt déçus. » Sans surprise, la question des Afghans a été soulevée et le message des syndicats est très clair. « Cette question préoccupe très fortement notre base et les travailleurs veulent une solution. Or ensemble, la CSC et la FGTB représentent 3 millions 200.000 affiliés en Belgique. Le gouvernement devra en tenir compte. »

Dernière manifestation dans le cadre de la journée des migrants et non la moindre : le collectif des Afghans et les associations qui le soutiennent organisaient hier une manifête devant l’église du béguinage, en solidarité avec tous ceux qui se retrouvent sans droit de séjour en Belgique. Sur le podium, musique, chansons et discours se sont succédé. « Votre combat est notre combat, nous le ferons ensemble et nous le gagnerons ensemble, a déclaré le président du centre d’action laïque, Pierre Galand. En 1948, on a accepté tous ensemble la Déclaration universelle des droits de l’homme et tous vos droits figurent dans le texte : le droit d’être et de vivre ici, d’être soignés chez nous, d’inscrire vos enfants dans nos écoles, de pouvoir travailler et de pouvoir être heureux dans ce pays. » Pierre Galant a rendu un hommage appuyé au curé de l’église du Béguinage, Daniel Alliet, qui a accueilli quelque 120 Afghans après leur expulsion de la rue de la Poste. « Il y a des hommes qui méritent d’être respectés, ils s’engagent et ils sont des exemples pour nous tous, y compris pour nous, les laïques.  » Daniel Alliet qui avait demandé aux autorités de trouver un endroit plus adéquat qu’une église, a souligné pour sa part le courage des Afghans. Et du courage, il en faut pour vivre dans des conditions pareilles. Imaginez des dizaines de matelas posés à même le sol, serrés les uns contre les autres et ça et là, quelques tentes. Malgré cela, les Afghans gardent une dignité et une volonté de s’en sortir qui forcent le respect. Ils sont fiers de montrer l’exposition qu’ils ont montée et qui illustre à la fois leur histoire et la lutte qu’ils mènent : une superbe exposition qui permet de mieux comprendre la portée de leur combat. Je ne peux que conseiller aux responsables politiques et tout particulièrement à Maggie De Block d’aller la voir et d’entamer un dialogue avec ces hommes, ces femmes et ces enfants qui méritent en tout cas un sort meilleur. 

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