EVANOUISSEMENT COLLECTF RUE NEUVE A BRUXELLES !

 21 septembre 2012

Une vingtaine de personnes qui tombent dans les pommes devant le magasin H&M de la rue Neuve sous l’oeil ébahi des passants, voilà qui n’est pas banal ! Cette action spectaculaire était organisée par AchACT (actions consommateurs travailleurs) pour attirer l’attention sur les conditions de travail dans les usines cambodgiennes où se fournissent quatre enseignes célèbres : Gap, H&M, Zara et Levi Strauss & co.

Au Cambodge, en effet, les syncopes collectives se multiplient. Des dizaines, voire des centaines de travailleuses perdent connaissance au même moment dans les mêmes usines. En cause : la malnutrition, le surmenage et le stress. Le salaire qu’elles reçoivent ne leur permet pas de subvenir à leurs besoins de base. Dans le secteur de l’habillement, plus de 90% des travailleurs sont des femmes âgées de 18 à 25 ans, des mères de famille, pour la plupart. Toutes charges déduites, il leur reste moins d’un euro pour se nourrir et alimenter leur famille. Résultat : un déficit calorique de plus de 500 calories par jour. « Les syncopes collectives démontrent quel coût les marques font payer aux travailleuses qui produisent leurs vêtements, explique Carole Crabbé, coordinatrice d’achACT. Si vous ne gagnez pas assez pour vous nourrir , vous presterez toutes les heures supplémentaires qu’on vous proposera, accentuant encore votre propre déficit nutritionnel. »

A l’heure actuelle, le salaire minimum légal des travailleuses du secteur de l’habillement au Cambodge est de l’ordre de 51 euros par mois. Pour leur assurer une vie décente, il faudrait qu’il soit multiplié par quatre. « Un salaire vital, c’est un droit de l’homme et il faut le respecter. Les marques ne l’ignorent pas, mais elles tergiversent . » A tel point que les syndicats eux-mêmes limitent leurs prétentions. A l’heure actuelle, ils réclament un salaire minimum équivalent à 101 euros par mois. Une revendication soutenue par AchACT et par ses homologues européens de la Clean Clothes Campaign qui ont organisé des actions similaires à Paris, à Londres, à Copenhague et à Varsovie, notamment. Une première étape avant de passer à la vitesse supérieure. « Nous, ce que nous pouvons faire, c’est soutenir les demandes des travailleurs sur place. Ca passe par ce type d’action symbolique, ça passe aussi par des lettres que les consommateurs peuvent envoyer aux marques, via notre site internet, pour leur demander d’assurer un salaire décent. »

AchACT réfute fermement un des arguments utilisés par les marques pour ne pas augmenter les travailleurs : les consommateurs ne sont pas prêts à payer leurs vêtements plus cher. L’organisation insiste sur le fait que le salaire d’un ouvrier de la confection ne représente qu’entre 1 et 3% du coût total de la plupart des vêtements et que les multinationales de l’habillement font chaque année des bénéfices plantureux, même en période de crise. Carole Crabbé dénonce par ailleurs nos comportements. « Nous achetons de plus en plus de vêtements de moins en moins cher et qui durent de moins en moins longtemps. Ce mode de consommation n’est pas durable et il n’est pas durable non plus pour les travailleuses de l’habillement. Vêtements jetables égalent travailleurs jetables et demain, consommateurs jetables. »

A méditer avant chaque achat superflu !

Plus de détails sur le site www.achact.be

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