FAMILLES ROMS EN ERRANCE A BRUXELLES : LE MANIFESTE DES ASSOCIATIONS

24 octobre 2013

On a tous en mémoire ces images intolérables de familles entières, parfois avec de très jeunes enfants, ballottées de la gare du nord à un parc voisin, trouvant refuge dans des squats insalubres, avant d’être expulsées sans ménagement. Des familles épuisées qui, de guerre lasse, finissent parfois par accepter un retour dit volontaire et ce n’est pas une solution. Dans leur pays d’origine, elles vivent dans des conditions déplorables et sont victimes d’actes d’intolérance et de discriminations, comme cette famille rom serbe qu’a retrouvée le délégué général aux droits de l’enfant, Bernard de Vos, et son équipe. Révoltées par une situation qui dure depuis près de quatre ans et qu’elles ont déjà dénoncée plus d’une fois, six associations : Bruxelles laïque, le Centre régional d’intégration Le Foyer, le CIRE, la Ligue des droits de l’homme, Médecins du monde et Rom en Rom, ont rédigé un manifeste. But de ce manifeste : formuler des mesures concrètes pour que ces familles soient prises en charge et qu’elles puissent jouir de leurs droits.

La plupart des familles roms en errance à Bruxelles sont d’origine roumaine ou slovaque. « Ce sont des citoyens de l’Union européenne, rappelle le président de la Ligue des droits de l’homme , Alexis Deswaef. Ils ont droit à un titre de séjour s’ils inscrivent à la commune et ont un permis de travail mais on préfère créer des sous-citoyens. Tout le monde veut se débarrasser du problème. C’est simplement la politique de la patate chaude.  » (Le soir du 23 octobre) Contrairement aux idées reçues, ces populations sont peu nombreuses. Elles représentent, selon les périodes, entre 200 et 300 personnes à Bruxelles. On est donc loin d’une logique d’immigration massive, précisent les associations signataires.

Concrètement, le manifeste demande la création en urgence d’une task force présidée par la région de Bruxelles-Capitale pour la coordination de la prise en charge des familles et l’élaboration de solutions pérennes. Elle devrait être comprendre notamment un représentant du gouvernement fédéral, plusieurs représentants de la région en fonction de leurs compétences, les bourgmestres et/ou les présidents de CPAS des communes concernées et des représentants de la plate-forme des ONG. Son rôle : chercher et mettre en oeuvre une stratégie pour coordonner des solutions pragmatiques dans les situations de crise et dégager des solutions pérennes pour et avec les familles concernées en termes de logement et de suivi social et administratif. Des solutions à court et à moyen terme, donc, pour que ces familles en errance soient enfin intégrées.

Hier, le manifeste a été présenté aux différents acteurs concernés lors d’un séminaire . Une journée très riche qui a permis d’aborder la problématique sous différents angles, de clarifier la situation, tant au niveau belge qu’européen et au cours de laquelle la région bruxelloise s’est déclarée partante pour travailler dans le cadre de la task force. Mais il reste beaucoup à faire, comme l’a précisé en fin de séance la directrice du CIRE, Fred Mawet. « Maintenant, il faut se mettre autour de la table, avancer et travailler sur des projets pilotes . Il faut créer et être innovant, il y a urgence. »

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