FEMMES ET HOMMES EN BELGIQUE : EGAUX EN 2012 ?

La réponse à cette question est clairement NON ! C’est ce qui ressort de la seconde édition de la brochure « Femmes et hommes en Belgique-statistiques et indicateurs de genre » publiée par l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes. Certes, la situation est moins catastrophique qu’il y a cinq ans, mais les progrès sont timides et les domaines où les inégalités sont flagrantes restent très nombreux.

Côté positif, le taux d’emploi des femmes a augmenté, les femmes qui exercent un mandat politique sont plus nombreuses que par le passé, de même que les femmes magistrates, et dans les hautes écoles et les universités, le étudiantes sont plus nombreuses que les étudiants. Tout cela ne doit pas occulter une réalité qui est beaucoup moins rose. Sur le marché de l’emploi, en effet, plus de 67% des hommes en âge de travailler ont un emploi, contre 56% des femmes. « Si on continue comme ça, dit la présidente du conseil d’administration de l’Institut, Véra Claes, il faudra environ 23 ans pour arriver à l’égalité !  » Quant au fameux adage « A travail égal, salaire égal », il n’est toujours pas concrétisé. Dans le secteur privé, l’écart salarial est de 25% chez les employés et de 17% chez les ouvriers. Chez les indépendants, il atteint 42%. 

Autres disparités que révèlent les chiffres : les femmes travaillent beaucoup plus souvent que les hommes à temps partiel (44,3% contre 9,3%) ou dans le cadre d’un contrat à durée déterminée. 95% des crédits-temps pour élever de jeunes enfants sont pris par des femmes. 22% des femmes ayant des enfants de moins de quinze ans prennent des congés sans solde pendant les vacances scolaires, contre 13% des hommes. Résultat, les chiffres des pensions varient sensiblement. En moyenne, sans tenir compte du régime, l’écart de pension entre les hommes et les femmes s’élève à 23%. Chez les indépendants, il atteint 33%. Un homme pensionné sur trois et six femmes pensionnées sur dix reçoivent moins de mille euros par mois. Pour le directeur de l’Institut, Michel Pasteel, « Le débat sur les pensions ne doit pas faire l’impasse sur cette précarité cachée des femmes plus âgées. Qu’on se le tienne pour dit : la pauvreté a un sexe ! »

Il y a beaucoup d’autres chiffres dans la brochure. L’objectif de cette collecte minutieuse est en tout cas de présenter objectivement les différences entre les hommes et des femmes afin d’avoir une idée de l’(in)égalité de genre. Un exemple, à peine un cinquième des fonctionnaires fédéraux supérieurs sont des femmes, alors qu’elles représentent plus de la moitié de l’effectif total de la fonction publique fédérale. C’est le fameux plafond de verre contre lequel s’insurge le secrétaire d’état à la fonction publique, le CD&V Hendrik Bogaert qui plaide en faveur de quotas. Le problème, c’est que ce point ne figure pas dans l’accord du gouvernement. Un autre exemple édifiant : aujourd’hui encore, les femmes consacrent aux tâches ménagères beaucoup plus d’heures que les hommes. Et rien n’incite à l’optimisme. L’examen de l’emploi de temps des adolescents monte en effet que les filles de 12 à 18 ans effectuent un tiers de tâches ménagères de plus que les garçons. La preuve que les stéréotypes liés au genre se mettent en place dès le plus jeune âge. La preuve aussi qu’il reste beaucoup à faire pour que les femmes qui représentent plus de 5O% de la population soient enfin les égales des hommes. La balle est à présent dans le camp des décideurs politiques. A eux de la saisir au bond !

Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site de l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes : http:/www.iefh.belgium.be

 

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