FILLES-GARCONS : UNE MEME ECOLE ?

18 février 2014

Certes, en Belgique, les écoles sont mixtes depuis belle lurette mais l’égalité entre les filles et les garçons n’y est pas entièrement acquise pour autant. Les stéréotypes liés au genre ont la vie dure et ils sont parfois véhiculés, consciemment ou non, par les enseignants eux-mêmes. Je me souviens d’un reportage que j’ai réalisé il y a quelques années dans une école secondaire de Bruxelles. Interrogée sur les performances de ses élèves, la professeure de mathématiques m’a répondu le plus sérieusement du monde que même si les filles avaient de bons résultats, elles faisaient preuve de moins d’inventivité que les garçons. On se demande pourquoi les filles hésitent à se tourner vers les filières scientifiques ! A l’école comme dans la vie quotidienne, les rôles des filles et des garçons restent le plus souvent figés : douceur et soumission pour les unes, audace et esprit d’entreprise pour les autres. Promouvoir l’égalité à l’école et former les enseignants pour qu’ils puissent aborder cette question sereinement avec leurs élèves, c’est le but d’un module de formation à distance www.egalitefillesgarcons.be réalisé par la Fédération Wallonie-Bruxelles. Un travail de longue haleine auquel ont collaboré 22 enseignants d’origines et de réseaux différents et qui comble une lacune évidente : il n’existe par de master en genre à l’université.

Le mérite de ce site, c’est sa clarté. D’emblée, vous avez le choix entre quatre chapitres : le maternel, le primaire, le secondaire et le supérieur. Pour chacun d’entre eux, des éléments théoriques mais aussi des exemples concrets, des exercices et des propositions d’activités, histoire de décrypter les comportements sexistes pour pouvoir ensuite les démonter. Je suis sûre que ce site intéressera tous ceux qui prônent l’égalité entre les filles et les garçons, même s’ils ne sont pas enseignants. Et dans ce domaine, il reste beaucoup à faire. Il suffit d’évoquer l’odieuse campagne de rumeurs orchestrée par des mouvements proches de l’extrême-droite en France affirmant notamment que « l’Education nationale allait enseigner aux enfants qu’ils ne naissent pas fille ou garçon comme Dieu l’a voulu mais qu’ils choisissent de le devenir » ou encore qu’on allait « donner des cours d’éducation sexuelle et de masturbation dès la maternelle ». Un bourrage de crâne qui prête à sourire, sauf que des centaines de parents ont cru à ces allégations fantaisistes et ont suivi l’appel au boycott lancé. On n’en est pas là en Belgique, heureusement, mais la vigilance reste de mise . 65 ans après la parution du Deuxième sexe de Simone de Beauvoir, l’égalité entre les hommes et les femmes est loin d’être totale. D’où l’importance de dénoncer les stéréotypes sexistes dès le plus jeune âge, que cela plaise ou non aux conservateurs de tous bords !  

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