FIN DE LA CAMPAGNE « HALTE AUX MUTILATIONS GENITALES FEMININES »

 

3 mars 2013

Cette campagne européenne a été lancée par Amnesty International en 2010. Elle a pris fin officiellement à Bruxelles la semaine passée. But poursuivi : pousser l’Union européenne à adopter une stratégie cohérente et efficace pour lutter contre les mutilations génitales féminines et pour apporter aux femmes qui les ont subies ou qui risquent de les subir la protection et l’aide dont elles ont besoin. En 2010, Amnesty International demandait aux décideurs politiques et aux citoyens de l’Union européenne de soutenir son action. Plus de 42.000 personnes ont signé la pétition, convaincues qu’il faut agir pour mettre fin à ces pratiques barbares qui constituent une violation grave des droits humains. Pour Christine Loudes, directrice de la campagne, la stratégie doit s’articuler autour de plusieurs domaines clés. « Nous essayons de promouvoir une approche transversale des mutilations génitales féminines. Nous voulons notamment que l’Union européenne collecte des données sur la prévalence et les risques liés aux MGF dans les états membres et qu’elle se penche sur le droit d’asile : les femmes et les fillettes qui risquent d’être mutilées dans leur pays d’origine doivent pouvoir être accueillies partout en Europe, et pas uniquement dans quelques pays, comme c’est le cas actuellement. Nous réclamons également la mise en place de services de santé ciblés et la formation des professionnels de la santé. Nous travaillons aussi dans le domaine de la coopération au développement. Nous pensons que l’Union européenne peut jouer un rôle important pour influencer les politiques dans les pays où ces pratiques persistent. »

L’appel d’Amnesty semble avoir été entendu, du moins en partie. L’Union européenne finance plusieurs projets liés au MGF et la Commission a fait récemment une déclaration condamnant des pratiques jugées extrêmement pernicieuses et insistant sur la nécessité d’adopter des mesures de prévention. « Il y a une volonté politique de s’attaquer à cette question. Les directives européennes concernant l’asile commencent à mentionner les MGF, par exemple, et la directive sur les droits des victimes stipule que les victimes des MGF doivent avoir accès à la justice, mais aussi au soutien. » Par ailleurs, l’Institut européen pour l’égalité des hommes et des femmes dévoilera le 6 mars prochain les résultats d’une étude sur les mutilations génitales féminines comportant notamment des données précises sur la situation dans les différents pays de l’Union. Le 6 mars également, la vice-présidente de la Commission européenne, Viviane Reding, organisera une table ronde pour tenter de définir la voie à suivre et la Commission lancera une consultation publique sur les MGF. « Donc, on voit qu’il y a du mouvement mais ce qu’on craint, c’est que cette action ne soit pas suffisamment coordonnée. Ces pratiques voyagent et il faut que tous les acteurs agissent dans le même sens, au niveau des communautés comme au niveau international. »

La question est loin d’être anodine. En Europe, 500.000 femmes et fillettes vivraient avec les séquelles physiques et psychologiques des MGF et 180.000 autres courraient le risque d’être mutilées chaque année. Ce sont des estimations. On verra mercredi prochain si l’étude de l’Institut européen pour l’égalité des hommes et des femmes confirme ces chiffres.

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