INAUGURATION DU NOUVEAU CENTRE FERME CARICOLE

Ce centre moderne, installé à proximité de l’aéroport de Bruxelles national, remplacera très prochainement le centre 127, jugé vétuste et insalubre, et le centre INAD (pour inadmissible) installé dans l’enceinte de l’aéroport.

Disons-le d’emblée, je n’étais pas à l’inauguration, je ne peux donc pas vous dire à quoi ressemble le centre « Caricole », mais le reportage d’Arnaud Ruyssen sur la première (RTBF) montrait notamment que, côté sécurité, rien n’avait été laissé au hasard. Pas de barreaux aux fenêtres, mais des vitres blindées qui déclenchent une alarme assourdissante dès qu’on les cogne brusquement, des barrières et des fils barbelés qui cernent le terrain, des cellules d’isolement pour les récalcitrants et un nombre important d’agents de sécurité : 70 pour 90 « résidents », comme les appelle l’Office des étrangers. « L’objectif consiste d’une part à créer autant que possible dans le bâtiment un climat de sécurité et de convivialité, ainsi qu’une certaine liberté de mouvement. », déclare la secrétaire d’état à l’asile et à la migration, Maggie De Block à l’agence Belga. Une liberté toute relative, puisqu’il n’est pas question de quitter le centre. C’est ce que déplorent plusieurs organisations dont le CIRE (coordination et initiatives pour réfugiés et étrangers).

Dans le nouveau centre, l’Office des étrangers pourra, en effet, enfermer non seulement des demandeurs d’asile déboutés avant leur rapatriement « volontaire », mais aussi des étrangers qui demandent l’asile à la frontière. «  Les principes internationaux en matière de droits humains stipulent clairement que leur placement en détention doit être l’exception et non la règle et qu’une personne ne peut être placée en détention au seul motif qu’elle demande l’asile.  », déplore le CIRE qui s’oppose à l’existence même des centres fermés et qui se demande pourquoi la Belgique ne met pas en place des alternatives positives à l’enfermement du type des logements gérés par l’Office des étrangers pour héberger les familles, au lieu de créer des centres fermés coûteux et inhumains.

Des centres fermés qui sont par ailleurs inaccessibles aux journalistes. Récemment, en effet, Migreurop qui rassemble plusieurs associations européennes dont la Ligue des droits de l’homme, le CNCD et le CIRE en Belgique, réclamait plus de transparence sur les lieux d’enfermement des migrants. Deux demandes d’accès au centre fermé de Bruges ont été adressées à l’Office des étrangers. Elles ont été toutes les deux refusées, sous prétexte que les reportages qui y seraient réalisés « n’apporteraient pas de plus-value à la politique d’humanisation des centres  ». Il serait temps que l’Office des étrangers comprenne qu’en bouclant ses centres fermés, on peut imaginer le pire.

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