LA COLERE DES ASSOCIATIONS DE DEFENSE DES MENA

Début février, j’ai relayé le cri d’alarme des associations de défense des mineurs étrangers non accompagnés face à la détresse de plusieurs centaines de MENA. Ces jeunes devraient normalement être accueillis dans des structures adaptées à leurs besoins, avec un accompagnement médical, social et psychologique. Ils devraient aussi avoir accès à l’aide juridique, à des services d’interprétariat, etc. C’est du moins ce que prévoit la loi, mais elle est bafouée. A l’heure actuelle, 176 MENA demandeurs d’asile sont hébergés dans des hôtels de seconde zone. Ils reçoivent un chèque-repas de 6,20 euros par jour et rien d’autre. Quant aux MENA non demandeurs d’asile, ils sont abandonnés à leur triste sort. Rares sont ceux qui trouvent une place dans un centre, un centre souvent surpeuplé, les autres se retrouvent dans les rues. Une situation peu enviable, quelle que soit la température. En 2011, 461 MENA ont été enregistrés comme étant « sans hébergement ». Ce nombre est bien évidemment largement inférieur à la réalité. Fin février, ces associations annonçaient qu’elles introduiraient une action contre l’état belge. C’est chose faite aujourd’hui. C’est en leur nom que l’ONG DEI-Belgique ( Défense des enfants- International Belgique) a lancé une action en référé devant le président du Tribunal du travail. L’audience d’introduction aura lieu le 19 mars. DEI-Belgique demande de condamner l’Etat belge et Fedasil à respecter les engagements internationaux pris en faveur des enfants et de condamner Fedasil à accomplir sa mission légale à l’égard de chaque mineur étranger non accompagné, c’est-à-dire : - l’héberger dans des conditions respectueuses de la dignité humaine dans un centre d’observation et d’orientation, - lui assurer un encadrement approprié par des personnes spécialement formées à cet effet, - lui assurer un accompagnement psychologique et un accompagnement social individualisé et permanent, assuré par un travailleur social, - assurer sa scolarité effective, y compris la prise en charge de tous les frais y afférents, - lui assurer un accès effectif à l’aide juridique, - lui assurer une aide matérielle et une allocation journalière suffisantes pour couvrir les dépenses nécessaires à une vie conforme à la dignité humaine. 

Si la décision était positive, l’Etat devrait verser une astreinte de 500 euros par jour et par enfant. 

Signalons que la Belgique a ratifié la Convention relative aux droits de l’enfant, la Convention européenne des droits de l’homme et la Charte sociale européenne. Signalons aussi qu’en 2010, le Comité des droits de l’enfant, l’organe de contrôle du respect de la Convention des droits de l’enfant, avait relevé le fait que des mineurs non accompagnés se retrouvaient dans les rues et demandait à la Belgique de mettre fin à cette situation. L’ONU a créé dernièrement une voie de recours internationale pour les enfants victimes d’abus et de violations de leurs droits qui pourront, quand le nouveau protocole entrera en vigueur, déposer une plainte devant le comité des droits de l’enfant, s’ils ont épuisé tous les recours dans leur pays. Il y a une quinzaine de jours, la Belgique a été parmi les premiers pays à signer ce nouveau protocole. Une raison de plus pour qu’elle garantisse le même accès à la justice aux jeunes qui ont trouvé refuge dans notre pays. 

Plusieurs organisations ont donc décidé de parler d’une seule voie. Parmi elles, l’association « Aide et assistance aux MENA et à leurs tuteurs » qui rencontre elle aussi pas mal de difficultés. Les tuteurs sont trop peu nombreux et leur travail est éreintant. J’y reviendrai très prochainement. 

 

Permalink

| Leave a comment »

Marathon 2017 : SIGNEZ POUR LES DÉFENSEURS DES DROITS HUMAINS

Cette année, les 10 individus en danger du Marathon des lettres sont des défenseurs des droits humains. Ils ont tous besoin de votre aide. Nous vous proposons de signer pour eux, en un seul clic.