LE CRI D’ALARME DES SERVICES D’AIDE EN MILIEU OUVERT

Plusieurs dizaines de mineurs étrangers non accompagnés (MENA) dorment actuellement dans les rues de Bruxelles. En temps normal, leur situation est déjà précaire, souligne Menamo, une plate-forme qui réunit quinze partenaires de l’aide à la jeunesse de Bruxelles, à une température de moins dix degrés, elle devient inacceptable.

Menamo ne cache pas son inquiétude : ces jeunes n’ont pas de logement, ils ne mangent pas à leur faim, leur santé physique et morale est en danger. Ils viennent pour la plupart du Maroc, de Tunisie et d’Algérie, ils ont de quinze à dix-huit ans et beaucoup sont à bout de forces, au point de faire des tentatives de suicide dans nos locaux, raconte, avec émotion, Xavier Briké, le coordinateur pédagogique du centre SOS Jeunes-Quartier libre d’Ixelles. 

Combien sont-ils exactement ? Difficile à dire. Ce qui est sûr, c’est qu’une vingtaine d’entre eux frappent chaque jour à la porte du centre. Il y reçoivent une aide, de la nourriture, mais cinq d’entre eux seulement peuvent y passer la nuit. Plusieurs ont trouvé un lit dans une mosquée bruxelloise, les autres sont livrés à eux-mêmes, au mépris de la convention des droits de l’enfant et de la loi sur l’accueil des mineurs non accompagnés. 

En 2004, en effet, on a créé en Belgique un service de tutelle, indépendant des services d’asile et d’immigration. Depuis, le MENA, qu’il soit ou non demandeur d’asile, est pris en charge par le service de tutelle d’abord, puis par un tuteur. Le service de tutelle organise l’hébergement d’urgence, vérifie si les conditions requises sont remplies et si c’est le cas, le mineur non accompagné est accueilli dans un centre d’observation et d’orientation. Le tuteur prend ensuite le relais. Il est chargé entre autres de veiller à ce que le jeune ait accès à la scolarité, aux soins et à l’hébergement dans un centre adapté. Mais voilà, les places font cruellement défaut et le tuteur se trouve bien démuni. Les services d’aide en milieu ouvert affirment que depuis trois ans, Fedasil n’accueille plus les MENA qui ne sont pas demandeurs d’asile, sauf les mineurs de moins de quatorze ans et les jeunes filles. J’ai sollicité Fedasil à ce sujet et j’attends toujours la réponse !

La plate-forme Menamo introduira prochainement une action en référé contre l’état belge, avec injonction d’accueillir tous les MENA. Les pouvoirs publics doivent trouver des solutions structurelles, dit-elle, plutôt que d’apporter des réponses précaires et temporaires. 

On ne peut que les soutenir en rappelant qu’en ratifiant la convention des droits de l’enfant, la Belgique s’est engagée à assurer à l’enfant la protection et les soins nécessaires à son bien-être (...) et à prendre à cette fin toutes les mesures législatives et administratives appropriées. 

Permalink

| Leave a comment »

Les Rohingyas persécutés et privés d’aide humanitaire

Au Myanmar, les forces de sécurité mènent une campagne violente et sans pitié contre les Rohingyas. Il faut agir pour que cela cesse