LES MARIAGES PRECOCES : UN PROBLEME QUI RESTE D’ACTUALITE

3 juin 2013

Dans les pays du Sud, 1 fille sur 3 est mariée avant l’âge de 18 ans et 1 sur 9, avant 15 ans. C’est ce que constate l’ONG Plan International dans un rapport intitulé « Le droit des filles de dire non au mariage ». Le mariage précoce a beau être proscrit par plusieurs textes internationaux, il continue d’être imposé à des milliers de fillettes en Asie du Sud et en Afrique subsaharienne, de même que dans certaines régions d’Amérique latine, des Caraïbes et du Moyen-Orient. Les lois sont à cet égard discriminatoires : 146 pays autorisent le mariage légal des filles avant 18 ans avec le consentement de leurs parents contre 105 pays pour les garçons.

Pourquoi marie-t-on les filles si jeunes ? En fait, plusieurs facteurs entrent en ligne de compte.

-L’inégalité des genres : dans les sociétés qui pratiquent le mariage précoce, les femmes et les filles ont un statut inférieur.

-La pauvreté : dans les familles démunies, les filles peuvent être considérées comme des fardeaux qui coûtent plus que ce qu’elles rapportent. En les mariant, leurs parents passent la charge à une autre famille.

-Les conflits et les catastrophes : les situations précaires augmentent la pression économique et entraînent des familles qui ne l’auraient jamais envisagé à marier leurs filles trop jeunes.

-La difficulté de faire respecter la loi : même quand le mariage précoce est interdit, beaucoup de familles enfreignent la loi. Dans certains pays, cette violation est si répandue que les poursuites sont rares.

Et pourtant, les conséquences d’un mariage précoce peuvent être dramatiques pour les fillettes. Savez-vous par exemple que la grossesse est la première cause de mortalité pour les jeunes filles de 15 à 19 ans ? Mariées très jeunes à des hommes plus âgés, les filles courent aussi le risque de contracter le sida et d’autres maladies sexuellement transmissibles et d’être victimes de violences, d’abus et de relations sexuelles forcées.

Pour lutter contre les mariages précoces, l’éducation est une arme efficace. Une fille qui a suivi un enseignement de qualité durant 9 ans comprend qu’elle a des droits et elle peut dès lors faire ses propres choix.

Plan international demande que l’Assemblée générale de l’ONU adopte d’ici 2015 une résolution pour que le mariage précoce soit reconnu comme une violation des droits de l’enfant. L’ONG demande également à la communauté internationale de soutenir les gouvernements dans leurs efforts pour élaborer et mettre en oeuvre des plans d’action nationaux visant à mettre fin au mariage des enfants et pour faire en sorte que toutes les filles puissent entreprendre et terminer des études secondaires. On est encore loin du compte. L’objectif 2 du millénaire pour le développement visait à donner à tous les enfants, garçons et filles, les moyens de terminer des études primaires. Au plan mondial, des progrès sensibles ont été réalisés mais les disparités régionales entre les sexes persistent. En 2010, en Asie du sud, en Asie de l’ouest et en Afrique du nord, les filles constituaient respectivement 55%, 65% et 79% des enfants non scolarisés et en Afrique subsaharienne, 70% des filles seulement avaient terminé le cycle primaire. Par ailleurs, dans les pays en développement, les progrès enregistrés dans la réduction du nombre d’enfants non scolarisés se sont considérablement réduits depuis 2004. Il reste donc du pain sur la planche …

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