LES ROMS ET L’ASILE

20 juin 2012, journée mondiale du réfugié

Hier, je vous parlais du sort réservé aux femmes qui demandent l’asile en Belgique en invoquant le risque de subir des mutilations génitales dans leur pays d’origine. Aujourd’hui, je me fais l’écho d’un appel lancé par la Ligue des droits de l’homme/Bruxelles laïque au gouvernement, pour qu’il cesse de considérer que les Roms originaires des Balkans ou d’autres pays européens sont à priori de faux demandeurs d’asile et de simples migrants économiques. « Le demandeur d’asile rom : le vrai cliché du faux réfugié », la formule retenue par la Ligue fait mouche.

Depuis des siècles, la minorité rom est l’objet de nombreuses discriminations raciales : exclusion des enfants de l’enseignement ordinaire ou leur placement dans des écoles destinées aux déficients mentaux légers, conditions de vie insalubres, expulsions forcées sans relogement, exclusion quasi-totale des emplois décents en Europe, etc... Ces violations ont été condamnées plus d’une fois par la Cour européenne des droits de l’homme qui s’est notamment prononcée à l’encontre de la Slovaquie (cas de stérilisations forcées de femmes roms), de la Roumanie (Roms chassés violemment de leur village ou de leur maison), de la République tchèque, de la Grèce et de la Croatie (faits de ségrégation dans les écoles).

Ces faits et bien d’autres sont analysés dans un rapport récent « Les droits de l’homme des Roms et des gens du voyage en Europe ». Son auteur, Thomas Hammarberg, ancien commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, relève également que parmi les personnes originaires des Balkans qui demandent l’asile, les Roms sont de loin les plus nombreux. C’est le reflet de la situation qu’ils vivent dans ces pays, précise-t-il, et c’est pourquoi il est fondamental de leur assurer le même accès au mécanisme de protection que les autres, en matière de procédure d’asile notamment. Et c’est là que le bât blesse ! En cause, la liste des pays dits sûrs établie récemment par la Belgique et qui a d’ailleurs suscité un tollé dès sa parution. Outre l’Inde, cette liste comprend six pays des Balkans, la Macédoine, le Kosovo, la Serbie, le Monténégro, l’Albanie et la Bosnie-Herzégovine. Les demandes d’asile des ressortissants de ces pays sont traitées en quinze jours, leur droit de recours contre un éventuel refus est réduit et dépourvu d’effet suspensif. Parmi eux, une majorité de Roms dont certains se voyaient jusqu’ici reconnaître le statut de réfugié. Ce sera quasiment impossible à l’avenir. Rappelons qu’en 2011, 140 Kosovars ont obtenu l’asile en Belgique, de même que 7% des Albanais.

D’où le nouveau coup de gueule de la Ligue qui demande aux autorités d’assurer un accueil en conformité avec la dignité humaine des Roms qui fuient les discriminations, qu’ils soient ou non ressortissants d’un état membre de l’Union européenne.

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