LES STEREOTYPES SEXISTES ONT LA VIE DURE !

 

Le 20 octobre 2012

« Ne regarde pas ça, c’est pour les filles ! » La scène se passe au rayon jouets d’une grande surface et c’est une petite fille d’environ huit ans qui fait cette réflexion à son petit frère, visiblement tombé sous le charme des poupées. Evidemment, la gamine n’a pas conscience de véhiculer des idées toutes faites et ce n’est pas en regardant le rayon qu’elle risque de se poser des questions. Certes, il y a des jouets asexués, mais ils sont perdus dans la masse et quand on regarde les jouets qui reflètent la vie quotidienne, on constate avec stupéfaction que les fers à repasser, les seaux et les brosses, c’est pour les petites filles. A croire que les concepteurs n’ont jamais entendu parler du partage des tâches ! Pas grave, me direz-vous, l’école permet de rectifier le tir. A en croire une brochure récente intitulée Sexes et manuels », rien n’est moins sûr. Durant trois ans, des inspecteurs et inspectrices de l’enseignement fondamental et secondaire ont analysé plus de 800 manuels scolaires. But de cette analyse : traquer les représentations stéréotypées et, plus généralement, tout ce qui cantonne garçons et filles et hommes et femmes dans des rôles distincts.

Premier constat : les femmes et les filles sont moins représentées que les hommes et les garçons et le personnage auquel les élèves peuvent s’identifier est généralement de sexe masculin. Les exemples ne manquent pas : « Basile et les maths  » , «  Je lis avec Dagobert  », « Compagnon maths  », etc. Sur la couverture du manuel «  S’éveiller aux sciences  » figurent quatre personnages, quatre garçons. Et on se demande pourquoi les filles sont minoritaires dans les filières scientifiques !

Côté traits de caractère, ce n’est pas mieux. Les filles sont souvent représentées comme des personnes calmes, soigneuses et soucieuses du travail scolaire, mais fragiles « Sophie dévale les escaliers toute pâle et tremblante ». Par contre, les garçons sont courageux, mais dissipés. Des petits caïds face à des petites filles sages comme des images. « C’est dégoûtant ici, c’est plein de petites bêtes, dit une fillette. C’est toi qui es un grosse bête, ha, ah, ah  ! », lui répond son petit compagnon.

A chacun ses sports et ses jeux : les dînettes et les poupées pour les filles, les bicyclettes et les ballons pour les garçons. Les jeux et les sports mixtes ou pratiqués par des personnages des deux sexes sont rarement mis en évidence et les activités ménagères sont l’apanage des petites filles. «  Bart est dans la cuisine. Il n’est pas de très bonne humeur car il doit faire la vaisselle ! D’habitude, c’est sa soeur qui donne un coup de main, mais aujourd’hui, elle a sa leçon de piano. »

Les représentations des adultes sont elles aussi très stéréotypées. Les femmes exercent des métiers traditionnellement féminins, l’éventail des métiers attribués aux hommes est beaucoup plus varié et ils sont nettement plus nombreux à assumer des postes à responsabilité ou à exercer des métiers liés au pouvoir (mandat politique, chef d’entreprise, etc.). A méditer au lendemain des élections communales : une seule femme bourgmestre à Bruxelles, 32 sur 262 en Wallonie !

La brochure ne se contente pas d’énumérer les clichés ou les stéréotypes recensés, elle poursuit également un objectif : transmettre à tous les acteurs de la chaîne scolaire des clés de lecture pour les détecter, histoire de promouvoir l’égalité des sexes dans les supports pédagogiques. C’est bien nécessaire !

« Sexes et manuels » est téléchargeable sur le site de la direction de l’égalité des chances du ministère de la Fédération Wallonie-Bruxelles : www.egalite.cfwb.be

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