NOS DROITS, ON Y CROIT !

 

5 mars 2013

Un slogan choc pour un projet de longue haleine ! Vie Féminine lancera officiellement vendredi sa Caravane des Droits des Femmes. But de cette caravane qui sillonnera villes et communes de Wallonie et de Bruxelles durant un an : informer les femmes et leur faire comprendre qu’elles ont le droit d’avoir des droits, pour reprendre la formule de Vie Féminine. Au programme : des ateliers thématiques, des permanences juridiques, des stands d’information, des actions collectives, etc.

Cette caravane est-elle nécessaire ? On peut se poser la question. Aujourd’hui en Belgique, les femmes ont acquis les mêmes droits que les hommes, ces droits sont garantis par plusieurs textes juridiques belges et internationaux et l’égalité entre les femmes et les hommes est inscrite dans la constitution. Certes, répond Vie Féminine, mais, sur le terrain, la réalité est loin d’être aussi idyllique. Selon Cécile De Wandeler, responsable du bureau d’études, les femmes évoquent souvent les droits qu’elles ne peuvent pas faire valoir ou ceux qu’on leur refuse, tout simplement. « Prenons, par exemple, le droit de choisir son travail. Il figure dans la Déclaration universelle des droits de l’homme. Malgré cela, les femmes que nous rencontrons ont l’impression de pas pouvoir en jouir et elles ont raison. Pensons au temps partiel imposé, pensons aussi aux pressions que les chômeuses subissent dans le cadre du plan d’activation des chômeurs. C’est impressionnant le nombre de femmes qui sont obligées de travailler dans le système des titres-services parce qu’on leur fait comprendre que si elles refusent, elles seront sanctionnées par l’ONEM. » Autre point mentionné par Vie Féminine, le manque évident de places d’accueil. Pourtant, le fait de ne pas avoir trouvé de place dans une crèche pour son enfant n’est pas considéré comme un motif suffisant pour refuser un emploi. Vie Féminine dénonce également l’attitude de certaines institutions. « Qu’il s’agisse de l’ONEM, du FOREM ou même parfois de syndicats, les femmes nous disent que ces institutions sont sourdes et muettes et qu’elles ne tiennent pas compte des réalités de leur vie. Ces femmes sont donc confrontées à des institutions qui leur refusent des droits qu’elles devraient normalement leur garantir. » 

Vie Féminine s’étonne également que les femmes établissent encore souvent un lien entre leurs droits et leurs devoirs. « Les femmes restent persuadées qu’elles doivent assumer leur rôle d’épouse et de mère. Nous, on voudrait qu’elles comprennent que ces devoirs sont effectivement importants mais qu’elles doivent pouvoir les partager et puis surtout qu’elles sont des droits, quels que soient leurs devoirs, et que ces droits là doivent être respectés. »

Bref, pour Vie Féminine, la question de l’égalité des hommes et des femmes reste d’actualité, surtout dans le contexte actuel où les mesures d’austérité mises en place touchent particulièrement les femmes. « Nous sommes très inquiètes. Un des grands enseignements de l’histoire des mouvements féministes, c’est que, dans les situations de crise, les droits des femmes sont souvent mis à mal et si nous nous mobilisons sur ce projet, c’est parce que nous savons que nous devrons être fortes pour résister. »

La Caravelle des Droits des Femmes sera lancée officiellement à Liège le 8 mars, histoire de rappeler à ceux qui l’ont oublié le vrai sens de la Journée internationale des femmes.

Pour en savoir plus :

www.caravelledesdroits.be

www.viefeminine.be

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