PAUVRETE DES FAMILLES ET DROITS DE L’ENFANT

19 novembre 2013

« Etre pauvre, c’est devoir choisir entre acheter des chaussures aux enfants ou payer son électricité », dit en substance Geneviève, une mère de famille qui vit dans la précarité. Elle a pris la parole ce matin au colloque sur la pauvreté des familles organisé par le délégué général aux droits de l’enfant, Bernard De Vos, et la secrétaire générale du Réseau wallon de lutte contre la pauvreté, Christine Mahy. Un témoignage poignant. Elle raconte qu’un de ses fils a dû renoncer à apprendre la guitare parce qu’elle était dans l’impossibilité d’assumer les frais. Elle évoque les difficultés quotidiennes auxquelles elle est confrontée et les remarques désobligeantes qu’elle doit essuyer. «  Il n’est pas nécessaire de me faire remarquer que les chaussures du gamin sont trouées, je le sais  » et conclut en disant avec pas mal d’humour : « Quand on est pauvre, on doit faire preuve de beaucoup d’ingéniosité et de créativité. Pourquoi ne pas ouvrir un magasin où les riches pourraient trouver des idées ? » Son témoignage rejoint ceux de la vingtaine de jeunes d’âges et d’horizons divers qui ont participé récemment à une semaine de réflexion et d’action sur le thème de la pauvreté.

Aucun article de la Convention des droits de l’enfant ne résiste à l’épreuve de la pauvreté, rappelle Bernard De Vos dans son dernier rapport. Il constate aussi que la situation devient de plus en plus préoccupante et que de nouvelles catégories de pauvres ont vu le jour : des personnes qui travaillent mais dont les revenus sont insuffisants pour mener une vie conforme aux standards de notre société, des familles qui tombent dans la précarité suite aux nombreuses fermetures d’entreprises et des familles migrantes qui vivent dans le dénuement le plus total. Et d’insister sur le fait que c’est l’Etat, via ses différents niveaux de pouvoir, qui doit veiller à la sécurité et à la préservation de l’intérêt supérieur de l’enfant. A situation économique équivalente, dit-il, certains pays protègent mieux les enfants que d’autres : en augmentant les dispositifs sociaux et les services publics à leur intention, en organisant et en soutenant l’intégration des enfants les plus fragiles dans l’école ordinaire, en ciblant la création de crèches dans les quartiers économiquement moins favorisés, en organisant mieux l’accueil extrascolaire, etc.

«  Il faut enrayer la spirale de l’appauvrissement et agir pour corriger les inégalités, en travaillant avec les personnes concernées », martèle Christine Mahy qui rappelle que la pauvreté, ce n’est uniquement la privation d’accès aux richesses matérielles, mais aussi aux richesses culturelles et relationnelles et que cette privation est lourde de conséquences. Les jeunes qui y sont confrontés «  pratiquent une sorte d’autocensure et finissent pas se dire que la culture, ce n’est pas pour eux et que, tout compte fait, les études ne les intéressent pas, pas plus que les sports.  » Un beau gâchis !

Le colloque de ce matin se tenait dans l’hémicycle du parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles en présence d’un auditoire fourni, mais de deux ou trois parlementaires seulement, on peut le regretter.

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