SIDA EN BELGIQUE : LE NOMBRE DE NOUVELLES CONTAMINATIONS A BAISSE

23 novembre 2014

En 2013, on a diagnostiqué 1115 nouvelles infections par le VIH, une baisse de 9% par rapport à 2012. C’est ce qui ressort du dernier rapport de l’Institut scientifique de santé publique.

Une bonne nouvelle ? Pas forcément .

D’abord, le nombre de nouveaux cas reste élevé : 3,1 en moyenne par jour. Par ailleurs, le recul observé est dû essentiellement à une diminution du nombre de diagnostics parmi la population d’origine subsaharienne : -24% par rapport à 2012. Mais cela ne signifie pas pour autant qu’il y a moins d’Africains vivant avec le VIH en Belgique, précise d’emblée l’Institut de médecine tropicale d’Anvers qui avance deux hypothèses pour expliquer cette baisse. D’une part, dit-il, en raison de la politique d’asile plus dissuasive menée ces dernières années, il y a moins de migrants. D’autre part, cette politique est aussi beaucoup plus restrictive pour ceux qui résident déjà en Belgique et qui, dès lors, évitent de faire un test de dépistage, de crainte d’être expulsés vers leur pays d’origine ou de ne pas recevoir de médicaments contre le VIH. C’est particulièrement le cas des migrants vulnérables.

Une crainte tout à fait justifiée. J’ai déjà eu l’occasion de vous parler du filtre médical instauré en 2012 par la secrétaire d’état à l’asile et à la migration de l’époque, Maggie De Block. Pour rappel, la loi stipule que «  l’étranger qui séjourne en Belgique (…) qui souffre d’une maladie telle qu’elle entraîne un risque réel pour sa vie (…) lorsqu’il n’existe aucun traitement adéquat dans son pays d’origine (…) peut demander l’autorisation de séjourner dans le royaume auprès du ministre ou de son délégué. » En fait, c’est un médecin-conseil de l’Office des étrangers qui décrète si une maladie est manifestement grave ou non, si le risque est vital ou non, en jugeant sur dossier, sans examen médical et sans avoir entendu le patient ni son médecin traitant. Et cela ne risque pas de changer. Le gouvernement actuel a d’ores et déjà annoncé la couleur : il veillera à « lutter contre les certificats médicaux de complaisance dans le cadre de la régularisation médicale ». Il ne tient manifestement pas compte du fait qu’il y a très peu de demandes de séjour pour motifs médicaux et que l’Office des étrangers est déjà beaucoup plus restrictif que ce qui est prévu par la loi : il n’accepte quasiment plus aucune demande. Tant pis pour les malades qui sont renvoyés dans un pays où les traitements efficaces sont difficilement accessibles. Et tant pis pour la solidarité Nord-Sud qui en prend un coup, un de plus !

Marathon 2017 : SIGNEZ POUR LES DÉFENSEURS DES DROITS HUMAINS

Cette année, les 10 individus en danger du Marathon des lettres sont des défenseurs des droits humains. Ils ont tous besoin de votre aide. Nous vous proposons de signer pour eux, en un seul clic.