SUR LES PAS DE LA DIVERSITE A BRUXELLES

12 juin 2013

C’était hier à l’espace Magh à Bruxelles. A l’initiative de l’ASBL SIMA, plusieurs organisations présentaient de courts spectacles réalisés par des migrants d’origines diverses. Première représentation : du théâtre et c’est une réussite. « Propos d’ici et d’ailleurs » a été orchestré par Hélène Gailly, une professionnelle dont le talent est reconnu. Comédienne, metteur en scène, elle travaille aujourd’hui au Brocoli théâtre, une compagnie de théâtre action bruxelloise implantée à Saint-Josse et partenaire de SIMA. « Je suis contente d’être dans cette forme de théâtre. Après avoir été actrice, j’avais envie de donner la parole à des personnes qui en ont cruellement besoin. » C’est bien de cela qu’il s’agit. Les comédiens en herbe suivent des cours d’alphabétisation et c’est dans ce cadre qu’ils participent, une fois par semaine, à un atelier théâtre. Ils ont été étroitement liés à l’élaboration des textes présentés. « C’est moi qui suscite les conversations. Chacun se dévoile , puis on essaie de trouver les phrases qui sont les plus symboliques. Donc, le texte reflète vraiment ce qu’ils ont envie de dire. Je travaille avec un professeur qui connaît le turc et qui peut traduire ce que les étudiants ne savent pas exprimer en français. Sans lui, je ne serais rien ! » Résultat : des phrases chocs qui font mouche et qui reflètent les attentes et les déceptions de ces hommes et ces femmes soucieux de s’intégrer dans leur pays d’accueil.

Au cours de la matinée, une dizaine de spectacles se succèdent à un rythme rapide : le fruit de la collaboration entre plusieurs associations. Il y en a pour tous les goûts : des chants, des vidéos, de la break dance, etc. Tous ne sont pas d’égale qualité, mais le coeur y est et le public apprécie.

SIMA, ce sont les initiales de Service d’Intégration et d’Insertion, Mission, Action mais en turc, sima signifie visage. Tout un symbole ! A Saint-Josse, l’ASBL existe depuis trente ans. Elle propose à un public majoritairement issu de l’immigration un large panel d’activités : des cours d’alphabétisation et de français, des écoles de devoirs pour les élèves des enseignements primaire et secondaire, histoire de lutter contre le décrochage scolaire, des activités d’éducation permanente, des animations culturelles et un service social . « Le service social tente de résoudre les difficultés que rencontrent les migrants à leur arrivée en Belgique. Ils se sentent très isolés, même s’ils ont de la famille ici et il y a des urgences à régler », explique Ali Cicek, directeur de SIMA. Puis très vite, on les oriente vers des cours de français ou d’alphabétisation. « Après, ils pourront suivre une formation, parce que la plupart d’entre eux n’ont pas été scolarisés dans leur pays d’origine, ou alors très peu, ils n’ont pas de diplôme et ici en Belgique, c’est nécessaire ». Un des buts de l’association, c’est d’aider les migrants à jouer un rôle actif dans la société. Ali Cicek me traduit un extrait d’un poème truc qui illustre ce concept : « Vivre comme un arbre, seul et libre, et vivre comme une forêt dans la fraternité. »

La journée « Sur les pas de la diversité à Bruxelles s’inscrit dans le cadre de la « Semaine de la dignité humaine ». Au programme : une série de manifestations ouvertes à tous les publics.

Pour plus de détails :

www.simaasbl.be

https://www.facebook.com/simaasbl

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