UN DROIT A L’ACCUEIL, HIVER COMME ETE !

 Une droit à l’accueil pour les demandeurs d’asile hiver comme été, c’est ce que réclame SOS-Accueil, un consortium de huit ONG, 11.11.11, Médecins du monde, Oxfam, Unicef Belgique, Caritas international , le Ciré, Convivial et Vluchtenlingenwerk Vlaanderen. Elles l’ont rappelé lors d’une action menée devant le cabinet de la secrétaire d’état à l’Asile et à la Migration, Maggie De Block. Parmi la bonne centaine de manifestants, quelques demandeurs d’asile. Deux d’entre eux viennent de Guinée Conakry et leurs récits sont identiques. « Quand je suis arrivé en Belgique, on m’a dit que les centres étaient pleins et qu’il n’y avait pas de place pour moi. J’ai dormi longtemps dans un parc, près de l’Office des étrangers. »

« Je suis en Belgique depuis trois mois maintenant, mais j’ai passé plus de deux semaines dans la rue. En fait, je dormais dans les différentes gares, c’était un véritable calvaire. Il faisait froid, je ne savais pas où j’allais passer la nuit, je n’avais même pas de qui manger, je mendiais, c’était vraiment terrible, je le vivais mal. »

Ce ne sont pas des cas uniques, loin de là. Voilà trois ans que la crise de l’accueil sévit en Belgique. Résultat : 15.000 personnes au moins ont été livrées à elles-mêmes, sans aide et sans soutien. Une situation révoltante pour SOS-Accueil qui a ouvert en décembre dernier un centre de nuit à Anderlecht, sans aucun financement public. « On n’avait pas le choix, explique Damienne Martin du CIRE, des centaines de personnes étaient à la rue et on n’a pas voulu prendre le risque d’attendre que l’état prennent les choses en mains. » Pas question d’attendre en effet, leur santé physique et psychologique se dégradait rapidement et leur vie était en danger. Le centre de nuit a fermé ses portes le 23 février. « Notre mandat n’était pas de nous substituer au rôle que doit jouer l’état », précise la porte-paroles de SOS-Accueil, Anne Dussart. Durant plus de deux mois, il a accueilli chaque nuit une centaine de demandeurs d’asile, des hommes seuls qui ont fui l’Afghanistan, l’Irak ou la Guinée Conakry, des familles en provenance de Serbie ou du Kosovo et des femmes seules avec des enfants, africaines pour la plupart. Normalement, Fedasil aurait dû leur trouver une place dans un centre. « Notre public, demande la protection, poursuit Anne Dussart, c’est aux instances d’asile d’analyser si quelqu’un peut ou non bénéficier du statut de réfugié, mais »en attendant, la Belgique a aussi l’obligation de l’accueillir dignement. »

A l’heure actuelle, on est loin du compte. Certes, Maggie De Block a trouvé des solutions d’urgence pour l’hiver, mais ces solutions sont provisoires. SOS-Accueil demande au gouvernement de prendre des mesures structurelles, pour résoudre durablement la crise de l’accueil. L’accord gouvernemental prévoit un plan de répartition dans les différentes communes du pays, encore faut-il le mettre en oeuvre, dit-il. Il sait que cela prendra du temps, d’autant plus que certains bourgmestres font de la résistance et c’est la raison pour laquelle il demande au gouvernement d’activer un plan de répartition en aide financière comme mesure exceptionnelle de sortie de crise. D’où l’action menée ce matin, alors que le conclave budgétaire bat son plein. Un conclave difficile : le gouvernement doit trouver deux milliards d’euros pour maintenir le déficit du budget 2012 à 2,8%. Pourra-t-il débloquer des moyens pour répondre à la demande des ONG. A-t-il la volonté de mettre fin une bonne fois pour toutes à la crise de l’accueil ? Seul l’avenir nous le dira, mais le scepticisme reste de mise.

En attendant, rien ne dit que les demandeurs d’asile dormiront à l’abri dans les mois à venir. L’un de ceux que j’ai rencontrés n’a que vingt ans. Il est venu seul en Belgique. Sa mère et son jeune frère sont restés en Guinée. Il ne sait pas encore s’il sera obtiendra le statut de réfugié, mais ce qui est sûr, c’est que son principal souhait, contrairement à ce que beaucoup pensent, n’est pas de rester en Belgique. « S’il y a un mieux dans mon pays, je retourne chez moi ! »

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