UNE HISTOIRE QUI FINIT BIEN

30 août 2012

C’est l’histoire d’un exil, celui de la famille Faizi qui fuit l’Afghanistan en 2010. Elle arrive d’abord au Pakistan où elle fait appel à un passeur. Le père, la mère et Maria, leur petite fille, embarquent à bord d’un avion à destination de l’Europe, mais pas leur fils aîné, Mansoor. Le passeur affirme que Mansoor montera plus tard, avec une autre famille. Hélas, une fois en vol, ils doivent se rendre à l’évidence, ce n’est pas le cas. « Je n’oublierai jamais ce moment, raconte le père, j’étais très inquiet. » Comme on le comprend ! Mansoor n’a qu’onze ans, il est livré à son propre sort dans un pays qu’il ne connaît pas et dont il ne parle pas la langue. « Je me sentais très seul, dit-il, je me sentais très mal. » Il loge d’abord chez le passeur, puis s’enfuit et erre dans les rues de Peshawar où il rencontre un homme qui jouera un rôle déterminant. « Je lui ai dit que j’étais seul, il m’a amené à la mosquée et l’imam a demandé qui pouvait s’occuper de moi. » Un commerçant le recueille et prend soin de lui. Il aura plus tard le bon réflexe : prendre contact avec la Croix-Rouge.

Nous sommes en octobre 2010. La famille Faizi arrive en Belgique. Elle est accueillie dans un centre de demandeurs d’asile où elle signale immédiatement la disparition de Mansoor. Le service Tracing de la Croix-Rouge est alors alerté. Ce service a pour mission de restaurer et de maintenir les liens familiaux et fête en Belgique son septante-cinquième anniversaire. Il intervient régulièrement lors de conflits, de catastrophes naturelles ou de flux migratoires et reçoit en moyenne une demande de recherche par jour. Commence alors un travail intensif et minutieux. Première étape : rencontrer la personne qui est sans nouvelle d’un proche et remplir avec lui un formulaire qui aborde pas mal de points, comme l’explique Géraldine Lamfalussy, chargée de projet social au service Tracing. « La plus grande partie concerne la personne recherchée, le nom, le prénom, le lien de parenté, le moment, la date et les circonstances de la séparation, etc. On pose ensuite toutes sortes de questions qui vont dans tous les sens pour tenter d’obtenir le maximum d’informations susceptibles d’aider à la retrouver. Ces informations sont transmises au CICR à Genève qui les envoie, par valise diplomatique, à nos collègues sur place. » L’enquête peut alors commencer : un véritable travail de détective qui peut durer des mois, voire des années.

Revenons à la famille Faizi. Fin 2010, le service Tracing envoie des demandes de recherche en Allemagne, en France, en Grande-Bretagne, aux Pays-Bas et à la délégation de la Croix-Rouge à Islamabad, au Pakistan. Le 15 juin 2011, la bonne nouvelle tombe : un homme s’est présenté au bureau de la Croix-Rouge de Peshawar avec un petit garçon qui correspond en tous points à la description de Mansoor. Le lendemain, le contact est établi. Mansoor téléphone à sa famille, un moment d’intense émotion que ni le fils ni le père ne sont près d’oublier. « Je me sentais très bien et j’entendais que Mansoor se sentait très bien aussi. Il n’y a pas de mots pour expliquer. »

Il faudra encore attendre onze longs mois pour que la famille soit réunie en Belgique. Elle vit aujourd’hui à Deurne, près d’Anvers. Le père apprend le néerlandais et Mansoor se prépare à rentrer à l’école. Le statut de protection subsidiaire a été accordé à Monsieur Faizi. L’état belge reconnaît donc qu’il y a de sérieux motifs de croire que s’il était renvoyé dans son pays d’origine, il encourrait un risque réel de subir des atteintes graves.

Une happy end, mais ce n’est pas toujours le cas. Entre 2006 et 2011, le service Tracing de la Croix-Rouge de Belgique a effectué près de 4.000 recherches. 30% environ seulement ont abouti. Des chiffres qu’il est bon d’évoquer aujourd’hui, journée internationale des personnes disparues.

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