UNE RENCONTRE-DEBAT AU SUJET DU HANDICAP DE GRANDE DEPENDANCE

le 3 février 2014

Souvenez-vous, le 13 décembre 2011, une vingtaine d’associations de défense des droits des handicapés introduisaient, par l’entremise de la Fédération des droits de l’homme, une réclamation collective contre l’Etat belge devant le Comité européen des droits sociaux pour violation de la Charte sociale européenne. Une démarche introduite après avoir tenté en vain d’alerter les pouvoirs publics sur les situations dramatiques auxquelles sont confrontés les handicapés de grande dépendance et leur famille. Et de pointer le manque de places d’hébergement et de solutions d’accueil adaptées. Les associations ont obtenu gain de cause : le 29 juillet 2013, le Comité condamnait la Belgique. La protection des droits des personnes handicapées de grande dépendance implique un accès à des solutions d’accueil, disait-il, et l’Etat est obligé de trouver des solutions concrètes. Il regrettait aussi l’absence de chiffres précis, la condition sine qua non pour pouvoir établir des politiques cohérentes. A la suite de cette condamnation, les différents niveaux de pouvoir concernés, le fédéral et les trois régions, ont déposé à Strasbourg leur plan de grande dépendance visant à répondre aux critiques. Ces plans ont été présentés ce matin aux parents et aux associations de défense des droits des handicapés.

En région bruxelloise, le plan porte sur les points suivants :

le développement de nouveaux projets, la lutte contre l’exclusion des personnes handicapées et contre les refus d’admission, la création d’une liste d’attente centralisée par l’administration pour l’accueil en centre de jour et d’hébergement, le développement ou le renforcement des partenariats avec d’autres secteurs concernés par le handicap de grande dépendance, l’amélioration de l’offre de transport, le recensement des personnes handicapées et une harmonisation des critères liés au handicap de grande dépendance. Pour 2014, deux millions d’euros ont été alloués à la réalisation de ce plan.

En région wallonne, le plan poursuit les objectifs suivants :

évaluer le nombre de personnes de grande dépendance en attente d’une solution d’accueil et d’hébergement, créer des places supplémentaires, transformer des places résidentielles pour adultes en logements supervisés, réformer les services d’accueil de jour pour adultes, améliorer les structures d’accueil et d’hébergement, renforcer le budget d’assistance personnelle et celui des services d’accompagnement. En 2014, un montant de 4,5 millions d’euros a été prévu pour la mise en oeuvre de la première phase de ce plan.

Les parents et les associations de défense des droits des handicapés relèvent à la fois des points positifs et négatifs, comme le souligne Thérèse Kempeneers-Foulon, présidente de l’Association nationale d’aide aux handicapés mentaux. « Un point positif, c’est qu’ils diversifient les réponses, c’est-à-dire qu’ils prévoient des places d’accueil parce qu’il y a des familles qui le demandent, mais ils prévoient aussi des services d’accompagnement, de développer ce qu’on appelle le budget d’assistance personnelle et d’aider à l’inclusion. Je vois deux aspects négatifs. D’abord les budgets ne sont pas suffisants, mais on se rend compte que nous sommes dans une période difficile. Un autre écueil, c’est la planification nécessaire pour pouvoir mener ces plans à bien. Tout le monde sait que nous avons des élections au mois de mai. Qui peut nous garantir à nous associations que des plans pareils ou d’autres plus ambitieux, espérons-le, pourront ce développer dans les années à venir ? » Dans sa conclusion, le président de la Ligue des droits de l’homme , Alexis Deswaef , a plaidé pour que la poursuite des plans de grande dépendance soit pour les différents partis politiques « la condition d’entrer dans les prochains gouvernements. » Un avis que partagent bien entendu les associations qui réclament en outre d’être associées à l’évaluation de ces plans. 

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