Dossier : la peine de mort

Trois hommes. Trois condamnés à mort dans trois pays différents.
Trois innocents... Juste, la peine de mort ?

Mpagi Edward Edmary a passé dix-huit ans dans une prison ougandaise
pour avoir tué un voisin qui s’est trouvé plus tard être vivant.

En 2002, Ray Krone est devenu le centième prisonnier américain à quitter
libre le couloir de la mort de l’Arizona grâce à des tests ADN.

Sakae Menda a été innocenté et libéré en 1983 après avoir survécu trente-quatre ans à l’angoisse de l’exécution dans la prison de Fukuoka au Japon.

C’est une même et terrible épreuve que ces trois hommes ont traversée.
Des nuits d’insomnie à se demander comment échapper à cet enfer ;
la rage et le sentiment d’impuissance à se savoir victime d’une injustice
flagrante aux conséquences épouvantables.

Sakae Menda racontait cette souffrance à Philippe Pons du journal Le
Monde en juin 1983. Il décrivait les innombrables matins d’angoisse à
guetter les pas des gardiens dans le couloir :
« S’ils sont nombreux, c’est qu’une exécution va avoir lieu. Mais on ne sait
jamais lequel d’entre nous a été désigné, raconte-t-il. Le moment le plus
pénible est entre huit heures et huit heures et demie. Un gardien passe
fermant un à un les judas des cellules avec un claquement sec. S’il a un
uniforme propre, on comprend que c’est le jour. Puis, c’est le bruit des
bottes qui résonne dans le couloir. Les pas s’arrêtent. Ils sont une vingtaine à s’immobiliser, chacun devant une cellule.
On attend, les yeux rivés sur la porte, le souffle suspendu au bruit de la
clé, des frissons glacés dans le dos. Tout se brouille dans votre esprit. Il n’y a plus que cette porte qui vous sépare de la mort. Une cellule voisine est ouverte, et tombe la phrase fatidique : “Le temps est venu”. »

Mpagi Edward Edmary a tenu le compte des compagnons exécutés : 52
pendaisons. À chaque fois, il pouvait entendre le bruit sourd du corps qui
tombe de la potence juste à côté des cellules des prisonniers. Et de se
demander toutes les fois qui sera le prochain.

Pour Ray Krone, ce fut un procès bâclé avec, pour défenseur, un avocat
commis d’office pressé d’en finir. Puis ce furent trois ans confiné dans
une toute petite cellule dont il ne sortait que trois fois par semaine pour
quelques heures, les pieds entravés et les poignets menottés à la taille.

L’irréparable a certes été évité de justesse pour ces trois rescapés, mais
est-il illustration plus éclatante des défaillances de la justice humaine ? Et
quelle violence exercée sur ces hommes ! Quelle cruauté ! Non, la peine de mort n’est décidément pas compatible avec le respect des droits humains.

Le dossier est disponible ici :

PDF - 5.1 Mo
Dossier : la peine de mort

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