Hakamada Iwao : 48 ans ... dans le couloir de la mort !

Le 19 mai, lors d’une cérémonie organisée par la Fédération de boxe de l’est du Japon, Iwao Hakamada a reçu une ceinture de champion du monde à titre honorifique pour son combat contre l’injustice. Pendant cette cérémonie, sa sœur, que l’on voit ici à ses côtés, a révélé que des lettres et des cartes envoyées par des membres d’Amnesty International avaient été trouvées dans les affaires personnelles d’Iwao Hakamada lors de sa libération.

Rappel

En 1966, au terme d’un procès inéquitable, il a été déclaré coupable du meurtre de son patron, de l’épouse de celui-ci et de leurs deux enfants.

Les membres de cette famille ont été poignardés et leur maison incendiée. Iwao Hakamada est passé aux aveux après avoir été interrogé pendant 20 jours par la police et alors qu’il ne bénéficiait pas des conseils d’un avocat. Dans le cadre du système des prisons de substitution (daiyo kangoku), les suspects peuvent être maintenus en détention jusqu’à vingt-trois jours d’affilée afin d’être d’interrogés. Les séances d’interrogatoire - durant lesquelles les avocats ont peu de contacts avec leur client - ne sont pas limitées dans le temps. Par la suite, Hakamada Iwao s’est rétracté. Lors de son procès, il a affirmé que des policiers l’avaient passé à tabac et menacé afin de le contraindre à signer des aveux. Hakamada a affirmé que les policiers l’avaient tiré par les cheveux et giflé durant les interrogatoires qui duraient plus de 12 heures par jour. Il a néanmoins été déclaré coupable et condamné à mort en 1968. Ses appels ont été rejetés par la Haute Cour de Tokyo en 1976 et par la Cour suprême en 1980. Hakamada Iwao a introduit un recours pour bénéficier d’un nouveau procès, mais il a été débouté par le tribunal de district de Shizuoka en 1994, puis par la Haute Cour de Tokyo en 2004. Le 24 mars 2008, la Cour suprême a rejeté un troisième recours. Le mois suivant, ses avocats ont interjeté appel pour la deuxième fois devant le tribunal de district de Shizuoka.

En 2007, Monsieur Kumamoto Norimichi, un des juges qui a condamné Hakamada, a publiquement déclaré qu’Hakamada était innocent. Durant le procès, ce juge a tenté sans succès de convaincre ses deux collègues.

Hakamada semble avoir été condamné à mort sur la base d’aveux extorqués sous la contrainte. Parmi les preuves à charge figuraient essentiellement des vêtements tachés du sang des victimes. Ces vêtements ont été découverts dans un réservoir de l’usine. Ils étaient trop petits pour Hakamada mais le Parquet a affirmé qu’ils avaient rétréci alors qu’ils se trouvaient dans le réservoir. Selon son avocat, le couteau que Hakamada aurait utilisé lors de l’agression était trop petit pour causer une blessure mortelle. Par ailleurs, la porte qu’il aurait empruntée pour entrer et sortir de la maison de ses victimes était fermée à clé.

Hakamada est un des prisonniers qui sont restés le plus longtemps dans le quartier des condamnés à mort au Japon. Les condamnés à mort ne sont pas autorisés à parler aux autres prisonniers, à regarder la télévision ou à s’adonner à des activités qui les intéressent ou des hobbies.

Après la libération de Hakamada en mars, et suite à l’appel déposé par le Parquet contre la décision de lui accorder un nouveau procès, nous avons réexaminé les prochaines étapes de notre action sur son cas.

La libération de Hakamada est une très bonne nouvelle mais son combat pour obtenir un procès équitable continue. Malheureusement, il semble qu’il faudra attendre beaucoup de temps avant que ne soit rendue une décision relative à l’opportunité de lui accorder un nouveau procès. En effet, même si la Haute Cour de Tokyo lui accorde un nouveau procès, le Parquet risque d’interjeter appel devant la Cour suprême.

Action proposée ( jusque fin juillet)

Vous êtes invités à envoyer des messages de soutien à Hakamada et à sa sœur via AI Japon d’ici fin juillet. Veuillez garder à l’esprit que Hakamada ne comprend pas l’anglais et a difficultés à lire couramment ; nous vous encourageons donc à lui envoyer des messages visuels, tels que des cartes postales ou des photos de militants exprimant des marques de soutien.

Merci d’envoyer vos cartes et messages visuels au secrétariat d’Amnesty, rue Berckmans, 9, 1060 Bruxelles, à l’attention de Sarah Goffin (sgoffin@amnesty.be) Les cartes seront transmises à la section japonaise qui les remettra à Hakamada .

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