Rencontre avec les victimes de la peine de mort

Le 4ème Congrès mondial contre la peine de mort s’est achevé vendredi 26 février par une manifestation regroupant diverses ONGs, représentants et militants luttant pour l’abolition universelle de la peine capitale devant le siège des Nations Unies à Genève. La cérémonie de clôture qui s’est tenue juste avant a été marquée par plusieurs interventions mémorables, dont celles de sœur Helen Préjean (qui a inspiré le film « Dead Man Walking »), d’une ancienne prisonnière libanaise ainsi que de Robert Badinter, salué par l’ovation d’un public convaincu de la nécessité de poursuivre l’héritage du père de l’abolition en France. Au-delà des débats, colloques, chiffres et statistiques qui ont soulignés pendant trois jours l’inutilité et l’horreur de la peine de mort, c’est surtout les témoignages des victimes directes de cette mesure qui aura marqué beaucoup d’esprits lors d’une soirée organisée avec le soutien de la ville de Genève. Leurs récits permettent surtout de tordre le cou à un des arguments les plus régulièrement mis en avant par les défenseurs de la loi du talion : le besoin de vengeance.

Plusieurs membres d’un collectif américain appelé « Murder Victims’ Families for Human Rights » se sont ainsi relayés pour marquer leur opposition au droit de l’état à tuer quelqu’un :Robert Curley, dont le fils de 10 ans a été violé et assassiné ; Renny Cushing, fils d’un homme abattu à son domicile ; Bud Welsh, qui a perdu sa fille lors de l’attentat contre le bâtiment fédéral d’Oklahoma City en 1995 ou encore Bill Babitt, dont le frère a été exécuté par l’état de Californie. Les Kids Against Death Penalty, trois frères texans qui ont créés une association luttant pour l’abolition ont également fait part de leur expérience. Leur oncle, Jeff Wood, se trouve dans le couloir de la mort en vertu de la loi sur les parties. Jeff conduisait la voiture pour un de ses amis quant celui-ci a abattu une personne sans que Jeff ne soit au courant. Il n’a donc jamais tué quelqu’un mais le Texas est le seul état des Etats-Unis qui exécute encore des personnes en se référant à cette loi. Parmi les invités se trouvait aussi Jo Berry, dont le père a été tué dans un attentat de l’IRA en 1984. Sur scène, à ses cotés, se trouvait Pat Magee, le poseur de la bombe. Aujourd’hui ils s’unissent pour montrer que, bien souvent, le pardon et la volonté de comprendre peuvent triompher de l’envie de vengeance. Sandrine Ageorges a ensuite témoigné du cas de son époux, Hank Skinner, dont la date d’exécution prévue le 24 février (jour d’ouverture du Congrès) a été repoussée au 24 mars 2010. Son intervention a été interrompue par un coup de téléphone transmis à toute la salle de Mumia Abu-Jamal, sans doute le condamné à mort le plus connu des Etats-Unis et qui lutte pour prouver son innocence et obtenir un procès équitable depuis 1982.

BC

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