L’Echordination - Mai 2008

Une consultation éclair pour l’avenir du mouvement ; Dix-sept intuitions, trois tableaux

L’heure est venue, au niveau du mouvement international, de déterminer les grandes orientations de son action de 2010 à 2016. Démocratiquement. Pour cela, nous nous assoyons et nous réfléchissons. La première question qu’il faut se poser, c’est celle de l’évolution du monde.

Elle implique en effet une adaptation de nos préoccupations, de nos expertises et de nos modes d’action.

Nous vous invitons à enrichir le débat en nous communiquant les éléments qui vous semblent les plus pertinents, dans la marche du monde, pour cette réflexion.

Afin de ne pas réinventer la roue, nous avons dressé une liste de quelques tendances qui semblent déterminer l’avenir. Nous vous demandons de nous adresser vos appréciations à leur égard en remplissant les questionnaires ci-joints.

Aspects pratiques de la consultation

Vous trouverez les questionnaires attachés à ce mail.

Merci de les envoyer avant le lundi 26 mai à Consultation PSI - Amnesty International Belgique francophone - Rue Berckmans 9 à 1060 Bruxelles. Vous pouvez également les remplir en ligne via l’adresse : http://www.amnestyinternational.be/doc/article12817.html

L’avis de la section belge francophone doit en effet être remis au comité qui gère la consultation PSI (Plan stratégique intégré) avant la fin du mois de mai, et nous nous laissons 5 jours de manœuvre pour faire la synthèse des avis reçus.

Laurent Deutsch

Pour le Conseil d’administration

Dix-sept intuitions

1. Terrorisme
Des acteurs non-étatiques font de plus en plus entendre leur voix en recourant à la violence. Cela façonne une représentation alternative du caractère universel, fondamental et indivisible des droits humains.

2. Des chiens de faïence
La Guerre froide est terminée. La division du monde porte sur l’Occident et le “non-Occident“. Une partie du monde honnit les “Américains“ et remet en cause les fondements de la société “occidentale“, parmi lesquels figurent les droits de la personne humaine.

3. La perte de pouvoir des autorités politiques
La gestion de la destinée collective était autrefois confiée aux autorités politiques d’un pays ou d’une région. Il semble qu’un nombre croissant d’intervenants alternatifs leur imposent, directement ou indirectement, un certain nombre d’orientations. On pense en particulier aux acteurs économiques et aux acteurs religieux.

4. L’émergence de nouvelles puissances
Des pays tels que le Brésil, la Chine, l’Inde ou la Russie connaissent un essor économique auquel est associée une capacité croissante à influer sur les grandes questions internationales. Ces grandes puissances s’inscrivent moins que d’autres dans une tradition de respect (ou, au moins, de promotion) des droits humains.

5. Faiblesse du modèle démocratique
La pratique de la démocratie, au moins dans certains de ses aspects, fait face à un certain nombre de dysfonctionnements. La corruption et l’incapacité des gouvernements à lutter contre la pauvreté provoque la déception de nombre de populations, notamment en Amérique latine, en Afrique, en Asie et dans l’anciene Union soviétique.

6. Les changements climatiques
Les experts commencent à préciser les conséquences du réchauffement climatique et à prévoir les conséquences considérables qui se dessinent.

7. La répartition de la valeur ajoutée
La productivité du travail est en perpétuelle augmentation. De moins en moins de travailleurs sont requis pour assurer la production. La part de la rémunération des travailleurs dans la valeur ajoutée est en constante diminution. Il en résulte une concentration des revenus dans les mains des détenteurs du capital, c’est-à-dire une dualisation progressive de la société.

8. L’universalisation du libre marché
Le capitalisme s’est imposé comme modèle économique dominant. Cela induit des phénomènes de concurrence entre Etats et des rapports de force inégaux entre certains Etats et certaines entreprises privées. Il en résulte une faiblesse de la régulation de cette sphère d’activité.

9. L’atomisation de la société mondiale
Plus personne n’a le sentiment d’être responsable de quoi que ce soit. Chacun estime être soumis à une autorité supérieure. L’administrateur est soumis au devoir de rentabilité dicté par l’actionnaire. L’actionnaire (le plus souvent institutionnel) se sent soumis au devoir de rentabilité de ses stakeholders. Le consommateur/épargnant souhaite la solution la plus intéressante pour lui et se croit trop insignnifiant pour influer sur l’ensemble. Le mandataire politique est l’escalve de l’opinion publique, l’information est un bien de consommation qui doit être rentable, etc. Il n’y a plus de pilote humain dans l’avion : c’est le système, désincarné, qui se perpétue.

10. L’évolution contrastée du sort des femmes
Il existe une prise de conscience croissante de l’action déterminante des femmes dans les dynamiques de développement politique et économique. D’un autre côté, elles restent souvent considérées comme des demi-citoyennes, victimes de discrimnations massives.

11. Le phénomène migratoire
Pour des raisons économiques, politiques et climatiques, le phénomène migratoire semble destiné à s’accentuer, que ce soit à l’intérieur des pays (exode rural) ou entre pays.

12. L’urbanisation
Plus de la moitié de la population mondiale vit dans des zones urbaines. Il en résulte des phénomènes économiques et sanitaires liés à la promiscuité : pauvreté, délinquance, transmission de maladies, pollution, difficultés d’accès à l’eau, etc.

13. Révolution technologique
Les technologies de l’information et de la communication continuent à se développer et à créer des phénomènes d’économie d’échelle dans le monde médiatique qui favorise une concentration des acteurs. L’accès instantané à une information massive pourra provoquer une forme de banalisation de ce qui révolte.

14. Révolution scientifique
Le développement de nouvelles possibilités, notamment au niveau bio-médical, n’est pas exempt de considérations éthiques.

15. L’évolution démographique
Certains pays seront prochainement confrontés à un vieillissement considérable de leur population. La diminution du nombre de femmes dans certains pays (Inde, Chine) pourra également poser des problèmes encore insoupçonnés. Le continent africain, quant à lui, s’inscrit toujours dans une dynamique démographique forte qui n’est pas liée à un essor économique permettant d’assurer des conditions de vie décentes à sa population.

16. Des conditions de vie inacceptables
Un nombre considérable de personnes dans le monde vit dans des conditions inacceptables. L’accès à l’eau potable, à une nourriture sufffisante en quantité et en qualité, aux soins de santé de base et à un enseignement de qualité ne sont pas garantis à une proportion importante d’êtres humains.

17. Crainte de pénurie alimentaire
L’affectation des terres et l’évolution de leur productivité, en lien avec une population dont les besoins en nourriture vont croissant en quantité et en qualité, crée un hiatus croissant entre l’offre et la demande alimentaire. Que cela soit par l’augmentation de leur prix ou par d’autres canaux non commerciaux, cette évolution est susceptible de causer des troubles sociaux considérables.

Formation des Yékés

Comme vous le savez, les Yékés sont les recruteurs chargés de silloner les rues à la recherche de nouveaux membres et donateurs. Il abordent les passants et sont en première ligne par rapport aux interrogations que le public se pose sur l’activité de notre mouvement et sur les problématiques que nous traitons.

Ils sont aussi la première image que recoivent les gens d’Amnesty. Leur connnaissance du mouvement est donc primordiale.

Leur formation est une priorité pour l’équipe chargée de les superviser. Plusieurs heures sont consacrées à leurs donner des éléments de réponses aux interogations des gens, et à les « armer » pour descendre sur le terrain.

D’autre part, une fois informés sur un pays ou une thématique, ils sont capables de faire un travail de sensibilisation non négligeable sur le terrain.

Certains d’entres vous ont déjà proposé des formations aux yékés l’année passée. L’équipe ayant largement changé, il n’est pas inutile de redonner une formation sur votre pays ou votre thématique.

Pour ceux qui n’ont pas encore pu donner ce genre de formation, c’est le moment !

Chaque formation doit durer une heure, questions-réponses incluses. Elle doit être construite en se posant la question « Quelles questions le public est suceptible de leurs demander sur mon pays ou ma thématique ? » et « quelle est la réponse du mouvement à cette interogation ? »

Les dates possibles

 Vendredi 16/5 17h30 à 18h30
 Vendredi 6/6 9h30 à 10h30
 Mardi 17/6 17h30 à 18h30

 Mardi 8/7 9h30 à 10h30
 Vendredi 18/7 17h30 à 18h30

 Jeudi 7/8 9h30 à 10h30
 Lundi 18/8 17h30 à 18h30

 Lundi 8/9 9h30 à 10h30
 Jeudi 18/9 17h30 à 18h30

 Mardi 7/10 9h30 à 10h30
 Vendredi 17/10 17h30 à 18h30

 Vendredi 7/11 9h30 à 10h30
 Mardi 18/11 17h30 à 18h30

N’hésitez pas à proposer les dates qui vous arrangent à Dounia Meliani, responsable du programme Yéké en lui envoyant un mail (dmeliani@aibf.be)

Formation à la prise de parole en public

Comme chaque année, nous vous proposons une formation qui vous permettra de développer ou d’acquérir des compétences en prise de parole en public. Celle-ci devrait vous intéresser, vous qui pouvez être amené(e) en tant que coordinateur/trice à présenter le travail d’Amnesty concernant le thème/le pays/la région que vous couvrez.

Ce module de deux jours intitulé « Parler d’Amnesty en public » sera donné par deux formatrices expérimentées les 14 et 21 juin prochains de 9h30 à 17h à Bruxelles.

Pour obtenir plus d’infos sur la formation et vous y inscrire, rendez-vous sur notre site à l’adresse suivante :

http://www.amnestyinternational.be/doc/article9430.html

Les Rohingyas persécutés et privés d’aide humanitaire

Au Myanmar, les forces de sécurité mènent une campagne violente et sans pitié contre les Rohingyas. Il faut agir pour que cela cesse