Cinq idées, cinq années pour une Europe libre et juste

Comment les nouvelles eurodéputées et les nouveaux eurodéputés peuvent favoriser l’avènement de sociétés plus justes ces cinq prochaines années

Les élections européennes sont finies et le vrai travail commence pour les eurodéputées et eurodéputés fraîchement élus ! Ils prennent leurs fonctions à une époque où l’Europe comme le reste du monde connaissent de fortes turbulences. Des dirigeantes et des dirigeants propagent la haine et la peur, des responsables politiques répriment le militantisme pacifique, et des gens influents font pression en faveur de politiques qui nous appauvrissent et détruisent notre environnement. Alors qu’ils prennent place dans l’hémicyle européen pour les cinq prochaines années, les nouveaux parlementaires ont du pain sur la planche pour veiller à ce que les droits fondamentaux de toutes et tous soient respectés au sein de l’Union européenne (UE) et dans le monde entier. 
 
À l’approche de ces élections, des jeunes ont pris la parole et nous ont dit qu’ils voulaient une Europe libre et juste, qui protège les personnes et l’environnement. Voici cinq choses que les nouveaux parlementaires européens peuvent faire pour que ces vœux deviennent réalité : 
 

  • 1. Reconnaître l’urgence climatique et se mobiliser en conséquence 

Nous avons atteint un stade critique en ce qui concerne la lutte contre le changement climatique : c’est maintenant qu’il faut agir, ou il sera trop tard. Nous voulons un Parlement européen qui reconnaisse l’urgence climatique non seulement en paroles, mais aussi en actes. Le Parlement européen doit revoir les objectifs climatiques pour 2030 et adopter une stratégie pour parvenir à une UE zéro carbone d’ici à 2040. Les eurodéputées et eurodéputés doivent défendre et soutenir les propositions visant à sortir rapidement des combustibles fossiles et à éviter d’autres options préjudiciables. La transition, si elle est bien faite, doit se traduire par des emplois de qualité pour toutes et tous et protéger les droits de toutes les personnes qui travaillent. 
 

  • 2. Reconnaître les droits des personnes réfugiées et migrantes

L’Europe a toujours accueilli des personnes originaires d’autres pays, ce qui a contribué à la richesse de sa culture, de son architecture, de son économie et de sa gastronomie. Les personnes qui fuient la guerre ou les persécutions et cherchent à se mettre en sécurité en Europe ont besoin et méritent d’être traitées dignement et avec compassion. Cependant, de nombreux dirigeants européens s’emploient à faire de l’Europe une forteresse pour les empêcher d’y entrer. De trop nombreux gouvernements appliquent des politiques qui non seulement mettent en danger les personnes réfugiées et demandeuses d’asile, mais encore ne respectent pas l’obligation qui leur incombe, en vertu des traités de l’UE, de se montrer solidaires avec les autres pays.
 
Ainsi, en raison de l’accord UE-Turquie, des milliers de personnes réfugiées et migrantes se retrouvent prises au piège sur les îles grecques, où elles vivent dans des conditions déplorables. L’UE finance également la mise en œuvre d’un accord conclu avec la Libye pour contrôler les migrations, notamment en formant les garde-côtes libyens pour qu’ils interceptent en mer les personnes réfugiées et migrantes et les renvoient en Libye, où elles subissent de terribles violences.
 
Le Parlement européen doit examiner de près de tels accords, et veiller à ce que toutes les lois et politiques de l’UE respectent les droits fondamentaux des personnes migrantes, demandeuses d’asile et réfugiées. 
 

  • 3. Élever la voix quand les droits humains sont menacés au sein de l’UE 

Le respect des droits humains est un principe fondateur de l’Union européenne. Pourtant, ces droits sont menacés un peu partout en Europe. En Pologne, l’indépendance du pouvoir judiciaire est remise en cause. En Hongrie, les ONG sont diabolisées et servent de boucs émissaires, et d’un bout à l’autre du continent, des actes de solidarité avec des personnes en quête de sécurité donnent lieu à des poursuites en justice. 
 
Nous voulons que l’Europe reste un endroit où toutes les personnes, indépendamment de leur genre, leur identité de genre ou leur orientation sexuelle, puissent vivre sans subir de discriminations ni de violences, mais certains responsables politiques veulent revenir en arrière. Le Parlement européen œuvre depuis longtemps en faveur de l’égalité entre femmes et hommes et contre la violence à l’égard des femmes et des personnes LGBTI, et doit continuer en ce sens.
 
Les eurodéputées et eurodéputés nouvellement élus doivent élever la voix quand nos libertés sont confisquées et quand des violations des droits humains sont commises au sein de l’UE. Avec la Commission et le Conseil, ils doivent défendre les valeurs européennes d’égalité, de tolérance et de respect.
 

  • 4. Protéger les droits humains et les défenseures et défenseurs de ces droits au-delà de nos frontières 

Au niveau mondial, nous assistons à un retour en arrière par rapport aux progrès réalisés en matière de droits humains, avec le départ des États-Unis du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, et le retrait d’autres États de juridictions internationales.
 
S’engouffrant dans ce vide, des pays comme la Chine et la Russie contestent ouvertement l’universalité des droits humains et cherchent à faire taire celles et ceux qui les défendent. Ce désengagement vis-à-vis des droits humains a permis que de graves violations restent impunies dans des endroits comme le Myanmar, le Yémen, la Syrie et le Xinjiang (nord-ouest de la Chine).
 
Le Parlement européen doit obliger l’UE à tenir l’engagement qu’elle a pris de défendre les droits humains dans le monde entier par le biais de sa politique étrangère. 
 
Partout dans le monde, des gens prennent la parole et défendent leurs droits fondamentaux. Nous voulons un Parlement européen qui leur témoigne publiquement son soutien, leur donne les moyens d’agir et les protège. 
 

  • 5. Veiller à ce que toutes les entreprises respectent les droits humains

Les entreprises ont la responsabilité de respecter les droits humains. Or, nombre d’entre elles continuent à provoquer des violations ou à y contribuer par le biais de leurs opérations dans le monde entier. Le Parlement européen doit collaborer avec d’autres institutions de l’UE pour amener ces entreprises à rendre des comptes.
 
Le Parlement européen doit également jouer un rôle de premier plan dans l’élaboration de règles obligeant les entreprises à fonctionner de manière responsable. Les eurodéputées et eurodéputés sont en capacité de mobiliser le soutien politique nécessaire pour atteindre cet objectif.
 
Nous voulons des normes européennes contraignantes qui obligent les entreprises à respecter les droits humains.
 
 
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