Cinq informations sur Ilham Tohti, militant primé emprisonné en Chine

L’universitaire ouïghour Ilham Tohti fête son anniversaire mardi 25 octobre, peu de temps après avoir reçu le prix Martin Ennals pour les défenseur-e-s des droits humains. Mais qui est-il et pourquoi est-il emprisonné en Chine ?

Ilham Tohti est un économiste respecté qui a dénoncé les atteintes dont est victime la minorité ouïghoure en Chine.

Intellectuel ouïghour de renom en Chine, Ilham Tohti était professeur d’économie à l’Université centrale des nationalités à Pékin, la capitale. Il a œuvré pendant 20 ans pour favoriser une meilleure compréhension entre les Ouïghours les Hans. En rejetant le séparatisme et la violence, il a essayé d’engager un dialogue entre ces deux groupes ethniques. Les Ouïghours, groupe ethnique principalement composé de musulmans turcophones, sont victimes d’une discrimination généralisée dans la région autonome ouïghoure du Xinjiang, dans le nord-ouest de la Chine.

Ilham Tohti a été placé sous surveillance et arrêté à de nombreuses reprises pour avoir attiré l’attention sur la situation des Ouïghours en Chine.

À travers ses écrits et ses conférences, Ilham Tohti a mis en lumière les politiques gouvernementales qui limitent l’usage de la langue ouïghoure, restreignent la liberté de religion des Ouïghours, entravent leur accès à l’emploi et encouragent l’afflux de migrants chinois hans dans la région ; ces politiques alimentent le mécontentement et les tensions ethniques. Ilham Tohti est le fondateur et le directeur du site Internet bilingue Uighur Online qui a fait état de violations des droits humains subies non seulement par des Ouïghours mais aussi par des Hans. Le site a été fermé par les autorités à plusieurs reprises : d’abord avant les Jeux olympiques de Pékin en 2008, puis en mars et avril 2009 et il est maintenant fermé depuis 2014.
Lorsque des violences ethniques ont éclaté en 2009 dans la région autonome ouïghoure du Xinjiang, Ilham Tohti a été détenu pendant plusieurs semaines après avoir publié des informations sur Internet à propos de Ouïghours qui avaient été arrêtés ou tués ou qui avaient « disparu » pendant ou après les manifestations. Dans les années qui ont suivi, il a été placé en résidence surveillée à plusieurs reprises.

Ilham Tohti a été arrêté pour la dernière fois en janvier 2014 et purge une peine de réclusion à perpétuité pour de fausses accusations de « séparatisme ».

Le 15 janvier 2014, la police est venue le chercher à son domicile, à Pékin. Pendant cinq mois, sa famille et ses amis n’ont pas su où il se trouvait. Il a été privé de nourriture pendant 10 jours et ses pieds ont été entravés pendant 20 jours de suite. Le 23 septembre, il a été condamné à la prison à perpétuité à l’issue d’un procès inique pour des accusations de « séparatisme ».

Les autorités chinoises ont souvent recours à des accusations de « séparatisme » pour réprimer la liberté d’expression, y compris la critique pacifique des politiques du gouvernement. D’après le gouvernement, toute critique de ses politiques ethniques est en réalité une tentative de porter atteinte aux relations entre les différents groupes ethniques et de promouvoir en secret des idées séparatistes. Bien qu’Ilham Tohti se soit ouvertement opposé au séparatisme et bien qu’il ait simplement voulu montrer que les politiques de Pékin alimentaient une polarisation ethnique, le gouvernement a finalement conclu que son travail attirait trop l’attention sur la situation de la communauté ouïghoure dans la région autonome du Xinjiang.

En janvier 2016, des centaines d’universitaires ont demandé qu’Ilham Tohti soit libéré.

Quatre cents universitaires du monde entier ont demandé au président chinois Xi Jinping de libérer Ilham Tohti immédiatement. Dans une lettre ouverte au président Xi Jinping, des enseignants de l’université de Harvard, de l’université de Hong Kong, de l’université d’Oxford et de nombreuses autres ont écrit que la libération immédiate et sans condition d’Ilham Tohti serait une « façon marquante de faire la preuve de l’engagement de la Chine en faveur des libertés à l’université. »

Ilham Tohti fait partie des 11 personnes pour lesquelles nous ferons campagne en décembre dans le cadre de la campagne Écrire pour les droits 2016.

Le cas d’Ilham Tohti figure cette année dans la campagne Écrire pour les droits, la campagne mondiale de rédaction de lettres d’Amnesty. À partir de décembre, nous appellerons les gens dans le monde entier à écrire pour les droits d’Ilham Tohti pour, espérons-le, qu’il soit libéré. Comme l’a dit Ilham Tohti : « Le chemin que j’ai suivi tout au long est honorable et pacifique. Je ne m’en suis remis qu’à un stylo et du papier ». Quel meilleur moyen donc pour nous d’agir que prendre notre propre stylo et notre propre feuille de papier pour lui. Suivez-nous sur Twitter et Facebook et découvrez comment participer à la campagne en décembre.

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