« Les frontières existent entre les pays pas entre les personnes » Par Anne-Cécile Bailly, responsable bénévole du groupe d’activistes de Watermael-Boitsfort

Retour sur l’engagement local dans le cadre de la campagne #JeSuisHumain-e d’Amnesty qui vise à faire de la Belgique un pays plus respectueux des droits des personnes fuyant les violences et les persécutions

Entretien avec Anne-Cécile Bailly , bénévole Amnesty, responsable du groupe local de Watermael-Boitsfort, également impliqué auprès des mineurs isolés.

Le groupe de Boitsfort s’est engagé dans la campagne #JeSuisHumain-e pour sensibiliser le public, casser les préjugés et contrer les discours qui ont tendance à faire des amalgames et des raccourcis. L’important pour moi et pour le groupe était de sensibiliser le public et surtout le jeune public.

Il faut essayer d’aller au-delà des barrières, élargir les sources d’informations et être vigilant face à la propagande. Les frontières existent entre les pays, pas entre les personnes. Il ne faut pas oublier notre humanité : être humain c’est l’empathie, la sympathie, pas le repli sur soi.

L’humanité surgit d’un dessin

Nous voulions créer des ponts entre différentes organisations locales (telles que la Venerie, le centre culturel, l’Académie des beaux-arts de Watermael-Boitsfort ou encore la maison des jeunes). Nous avons donc décidé de rejoindre les évènements que la Venerie organisait autour de la démocratie et de la migration avec l’idée de proposer un projet artistique à l’Académie des beaux-arts : développer un projet pour les jeunes sur base de la vidéo “L’humanité surgit d’un regard. Ouvrir les yeux, c’est la rencontrer” [1].

Après avoir expliqué aux jeunes ce qu’était Amnesty International et les avoir sensibilisés aux difficultés rencontrées par les personnes qui doivent fuir leurs maisons et trouver un endroit sûr, l’ouverture du débat n’était pas évidente. Par contre, ils se sont montrés très enthousiastes à l’idée de peindre ou de dessiner leurs impressions. Le résultat était extrêmement fort : les dessins étaient sensibles, touchants, spontanés et sincères. Les parents ont également été réceptifs. Ils sont venus voir l’exposition qui a duré un mois. En touchant les jeunes, c’était une façon de toucher les parents via une approche positive, qui répond en même temps à un projet éducatif.

Un accueil positif

Ce qui était marquant ici, c’est qu’on a vu que le projet a été bien reçu par le public qui n’était pas fermé ou hermétique. Ce public a montré un ralliement à la cause et aux valeurs d’Amnesty.

On peut parfois avoir l’impression d’être isolé dans notre position, que personne ne voit que les réfugiés doivent être traités comme des êtres humains, de manière digne. Et finalement, quand on voit qu’il y a une réponse positive, on est content de constater qu’il existe réellement une solidarité.

Avoir mené ce projet dans un cadre éducatif a été mobilisateur. Tous ceux qui accompagnaient ces enfants - les professeurs, les parents, les associations - étaient dans une optique de construire un monde meilleur pour les enfants et ont montré une envie d’un monde où la solidarité devait prôner et non le repli sur soi.

Nous avons décidé de faire cette action pour sensibiliser la population dans un premier temps, mais aussi parce que c’est un moyen de montrer à nos mandataires politiques que le sujet de l’accueil des migrants est important. Si l’électorat montre que c’est un sujet auquel il est sensible, cela en fait un sujet que les élus devront prendre en considération et donc un sujet de pression sur nos mandataire politiques.

Eux aussi, ils sont Humain·e·s

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