Pour quoi nous mobilisons-nous ? L’expérience de jeunes aux Nations Unies Maria Paula Garcia, coordonnatrice de la section Jeunes d’Amnesty International Argentine

En juin, j’ai été choisie parmi 500 jeunes dans le monde pour rejoindre quatre jeunes leaders du Kenya, du Nigeria, du Zimbabwe et d’Inde au Forum politique de haut niveau pour le développement durable (HLPF-ONU [1]), qui s’est tenu du 11 au 19 juillet à New York.

Notre mission, en tant que jeunes militant-e-s des droits humains, était de faire en sorte que notre voix, nos préoccupations et nos priorités soient entendues. Pour moi, c’était également l’occasion de comprendre comment d’autres jeunes font face aux défis liés à la reconnaissance de nos droits sexuels et reproductifs.

Par exemple, j’ai rencontré un militant du Kenya  [2] qui a ouvert un cybercafé où des militant-e-s peuvent se connecter et systématiser les données qu’ils et elles collectent au sein de leur entourage. Grâce à cette initiative, plus de 300 jeunes suivent l’évolution de la mise en œuvre dans leur entourage de l’Objectif 5, qui vise l’autonomisation des femmes et des jeunes filles et l’égalité des genres.

J’ai également rencontré une jeune militante du Nigeria engagée dans l’éducation aux droits humains. Elle milite en faveur de la reconnaissance du droit des jeunes filles à prendre les décisions concernant leur sexualité, et elle combat le sexisme dans un pays où les violations des droits humains comme le mariage des enfants et les mutilations génitales féminines sont un sujet de préoccupation.

Trouver des moyens innovants pour parler de ces questions avec les jeunes femmes et les adolescentes, pour promouvoir les changements culturels et sociaux qui respectent leur dignité et favorisent l’inclusion, est un défi.

Il était également très intéressant de découvrir certaines différences sociétales par le biais de témoignages directs. Par exemple, Pooja, militante indienne [3], a déclaré :

« En Inde, c’est un crime pour deux hommes ou deux femmes de s’embrasser. Le chemin à parcourir est encore long. Nous devons sortir dans la rue et nous avons besoin d’être un plus grand nombre à demander la reconnaissance de la diversité sexuelle et la fin de la discrimination. La société repose également sur des normes rigides pour les couples hétérosexuels. L’expression du désir ou de l’amour en public n’est pas très répandue. »

En Argentine, la situation sur ce plan a grandement évolué ; mais découvrir les différents contextes de travail des militant-e-s était un pan essentiel du Forum.

Les rencontres en face à face avec des jeunes du monde entier m’ont incitée à poursuivre le combat pour que d’autres puissent parler librement de sexualité et avoir accès aux informations sur leurs droits, et puissent les exercer et en jouir. Lorsque nous connaissons nos droits, nous sommes mieux à même de les défendre.

Ces forums offrent la possibilité de suivre le travail des gouvernements sur le respect des droits dans le cadre des Objectifs de développement durable (ODD) [4] et du Programme 2030, adoptés en décembre 2015, et d’en assurer la continuité.

Pour une jeune militante comme moi, le Forum a été comme un cours accéléré en plaidoyer politique aux Nations Unies, articulé autour d’ateliers sur le Programme 2030, le Forum et les possibilités de plaidoyer.

Au nom d’Amnesty International, j’ai mené un atelier qui s’est avéré être très utile, sur les expériences et les initiatives de campagne et de militantisme dans des pays aussi différents que l’Arabie saoudite, l’Allemagne, le Canada et l’Uruguay.

Ensuite, pendant le Forum, j’ai relevé le défi de faire connaissance avec d’autres participant-e-s : me présenter ; me faire une idée de la contribution que chaque personne pourrait apporter à ma stratégie ; poser les questions essentielles. Cette initiative était importante du fait que nous étions 2 500 personnes dans le même bâtiment, toutes désireuses de contribuer à ce que les ODD soient atteints et les stratégies en vue d’assurer un développement inclusif, améliorées.

Nous avons besoin de plus de jeunes activistes au sein d’Amnesty ! Vous pouvez en savoir plus sur vos droits en matière de sexualité et de procréation, et sur comment les protéger, ici [5].

* Maria Paula Garcia est coordonnatrice de la section Jeunes d’Amnesty International Argentine et membre de l’équipe argentine Droits humains et éducation des jeunes. Au cours du forum HLPF, Paula était membre de l’équipe des Jeunes militants, invités par l’organisation pour le leadership des jeunes, Restless Development [6].

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