Pourquoi Amnesty marche aussi pour le climat ? Par Valérie Michaux, responsable communication et campagne à Amnesty International Belgique francophone

Ce vendredi, nous marchons pour le climat parce que nous sommes convaincus que le changement climatique constitue l’une des menaces les plus urgentes et omniprésentes pour nos droits.

Nous marchons pour le climat ce vendredi pour de très nombreuses raisons ! Et pas seulement parce que notre nouveau Secrétaire général, Kumi Naidoo, est l’ancien Secrétaire général de Greenpeace et qu’il n’a de cesse de répéter à juste titre que la lutte contre le changement climatique et la bataille pour les droits humains sont un seul et même combat.

Ce n’est d’ailleurs pas pour rien qu’il a témoigné le 12 décembre dernier dans le cadre d’une enquête internationale historique portant sur certaines des plus grandes compagnies de pétrole, de gaz et de charbon du monde, accusées d’être responsables de violations des droits humains en raison de leur contribution au changement climatique.

Les Changements climatique : une des menaces les plus urgentes pour nos droits

Ce vendredi, nous marchons pour le climat parce que nous sommes convaincus que le changement climatique constitue l’une des menaces les plus urgentes et omniprésentes pour nos droits, en particulier les droits des jeunes, et que nous disposons de très peu de temps pour l’enrayer. Nous soutenons les jeunes dans leur combat, parce que nous sommes comme eux convaincus que si nos dirigeants ne se réveillent pas, ce sont non seulement nos droits les plus fondamentaux (à la vie, à l’eau, à la nourriture, à la santé ou au logement) qui seront menacés, mais c’est aussi l’humanité toute entière qui risque de disparaître.

Ce vendredi, nous marchons pour le climat parce que nous sommes convaincus que le changement climatique constitue l’une des menaces les plus urgentes et omniprésentes pour nos droits, en particulier les droits des jeunes, et que nous disposons de très peu de temps pour l’enrayer

Le 10 décembre dernier, en même temps que le monde entier, nous avons célébré le 70ème anniversaire de l’adoption de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Les dirigeants du monde étaient réunis pour la plus grande conférence de l’ONU sur le changement climatique depuis l’adoption de l’Accord de Paris en 2015. La COP 24 se tenait en effet 70 ans jour pour jour après la signature du texte qui a marqué le début d’une nouvelle ère fondée sur le respect de la dignité humaine et la conviction que chaque personne dans le monde devait être en mesure d’exercer ses droits.

Une inaction criminelle des États

Or 70 ans après son adoption, l’inaction des États face aux effets grandissants du changement climatique portent atteinte à ces valeurs et à nos droits fondamentaux. Les risques de famine augmentent drastiquement, pendant que les ressources en eau diminuent de manière alarmante, le risque de déplacement pourrait bientôt atteindre des proportions catastrophiques. Les tempêtes, les inondations, l’élévation du niveau de la mer et les sécheresses vont avoir des répercussions sur un nombre toujours plus élevé de personnes, partout dans le monde.

Il nous appartient d’empêcher que la situation ne s’aggrave encore. La nouvelle étude du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), publiée le 8 octobre dernier, montre que tout n’est pas perdu. Si on parvient à maintenir le réchauffement planétaire en-dessous de 1,5° C par rapport aux niveaux de la période préindustrielle, on peut encore enrayer les pires conséquences du changement climatique sur les droits humains.

Pour préserver cette vision d’un avenir commun dans lequel chacun pourra vivre en paix et dans la dignité, nous marcherons avec les jeunes pour que notre gouvernement, comme tous les gouvernements du monde, prennent dès maintenant des mesures décisives pour protéger les droits humains de chacun et s’attaquer aux conséquences désastreuses de l’industrie des combustibles fossiles sur notre planète, protéger celles et ceux qui défendent les droits de leur communauté ainsi que les écosystèmes qui les soutiennent, fassent en sorte que justice sociale et protection du climat ne soit pas opposés et que les projets mis en œuvre au nom de la lutte contre le changement climatique n’induisent pas de pratiques abusives.

Tout n’est pas perdu. Si on parvient à maintenir le réchauffement planétaire en-dessous de 1,5° C par rapport aux niveaux de la période préindustrielle, on peut encore enrayer les pires conséquences du changement climatique sur les droits humains.

Les activistes de l’environnement en danger

Or les mesures d’atténuation du changement climatique qui ne respectent pas les droits humains se traduisent déjà par des violations. En mai 2018, Amnesty International a par exemple dénoncé que les membres du peuple autochtone sengwer dans la forêt Embobut, au Kenya, ont été contraints de quitter leur foyer, parfois sous la menace d’armes à feu, et dépossédés de leurs terres ancestrales en raison de la volonté du gouvernement de réduire la déforestation.

Les droits des activistes de l’environnement sont également menacés alors que dans de nombreuses régions du monde, la défense de l’environnement a un coût mortel. La criminalisation et les campagnes de diffamation visant à empêcher ces défenseurs d’agir sont un type de violence aujourd’hui couramment exercé par certains États, notamment en Amérique latine. Leur vie et leur intégrité physique sont régulièrement mises en danger, et il n’est pas rare que ces activistes soient victimes d’assassinat comme ce fut le cas de Berta Cáceres, dirigeante hondurienne et défenseure renommée de la communauté indigène lenca, qui l’a payé de sa vie.

Pour toutes ces raisons, nous souhaitons nous aussi faire du 15 mars un jour historique pour le climat et l’environnement ! La mobilisation des jeunes qui s’organisent et participent à des grèves scolaires contre le changement climatique est sans doute la meilleure solution à laquelle nous avons assisté ces derniers mois. Nous ne pouvons que leur apporter notre solidarité face à l’incapacité des gouvernements à lutter efficacement contre le changement climatique.

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