Cessons d’être complices : stop aux ventes d’armes à Israël

Nous pensions avoir tout vu, tout entendu. Mais non. Interviewée à la RTBF, l’ambassadrice d’Israël a annoncé que les 55 personnes, dont 12 enfants et un bébé, qui sont mortes lors des manifestations le 14 mai, le long de la barrière qui sépare Gaza et Israël “étaient toutes des terroristes”. Quand j’ai entendu cela, j’ai dû sortir pour respirer.
C’est abject, immonde.

Le gouvernement israélien est incapable de maîtriser son armée, qui répond à des manifestations par des tirs à balles réelles. Et pas n’importe quelle balles, comme l’indiquent à suffisance les rapports des ONG humanitaires qui soignent les centaines de blessés engendrés par cette répression ignoble. Elles parlent de blessures dévastatrices d’une sévérité inhabituelle, extrêmement complexes à soigner et qui laisseront de lourdes séquelles à la majorité des patients. De nombreuses blessures ont provoqué des dommages extrêmes aux os et aux tissus corporels, ou ont de grandes plaies entre 10 et 15 mm qui peuvent en outre s’infecter et éventuellement entraîner une amputation ou une paralysie. Le nombre élevé de blessures aux genoux est particulièrement inquiétant. Il semble que l’armée israélienne provoque intentionnellement des mutilations à vie de cette manière.
Les premiers rapports médicaux en provenance de Gaza indiquent aussi que des dizaines de personnes ont été atteintes par des balles à la tête ou à la poitrine.

En avril, Amnesty International a mené des recherches dans la bande de Gaza qui ont montré que l’armée israélienne a tué et mutilé des manifestants qui ne représentaient pourtant pas de menace imminente pour les soldats.
Les assassinats commis par les snipers de l’armée israélienne relèvent de crimes de guerre, qui seront jugés un jour ou l’autre, du moins espérons-le.

Mais pour cela, il serait temps que ce qu’on appelle la “communauté internationale” retrouve une morale. Et la position américaine à ce sujet ne présage rien de bon —le terme est faible. Le gouvernement israélien se sent à l’aise : il y a peu de chance que le conseil de sécurité adopte une quelconque motion un peu radicale concernant cette situation.

« De façon générale, ce qu’on a appelé tout un temps le “processus de paix” ne pourra se remettre en route sans punition des coupables de ces abominations. Avant même d’aborder les problèmes structurels plus vastes qui structurent les pourparlers depuis des décennies, il faut mettre fin à cette violence disproportionnée et à l’impunité constante qui apporte constamment de nouvelles graines pour le prochain drame. »

Ce n’est plus possible seulement avec des mots. Malgré des condamnations répétées, les soldats israéliens ont continué à recevoir des ordres pour tirer sur des manifestants palestiniens non armés. Il n’est plus suffisant de condamner verbalement ces inactions. Il est grand temps qu’un embargo complet sur les armes soit décrété contre Israël : pas d’armes et plus d’équipement militaire tant que ces violations des droits de l’homme persistent.

Les États-Unis se sont engagés à fournir un soutien militaire à Israël pour 38 milliards de dollars au cours de la prochaine décennie. Pour un changement de cap, nous ne pourrons peut-être pas immédiatement compter sur les dirigeants américains actuels.

Mais les Etats membres de l’UE fournissent également des armes et du matériel militaire à Israël. L’UE devrait - pour une fois - prendre les devants, respecter ses propres règles communes pour les exportations d’armes et suspendre toutes les exportations d’armes vers Israël. C’est le rôle que peut —que doit— jouer la Belgique aujourd’hui : pousser l’UE à adopter cette position.

Sans cela, nous serons encore complices.

Philippe Hensmans

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