Pourquoi fermer Guantánamo ? Le poème d’un homme mort l’explique mieux que tout

Adnan Latif est mort à Guantánamo ce samedi, après avoir été détenu plus de 10 ans sans inculpation, malgré l’ordonnance d’un juge exigeant qu’il soit libéré.
Latif a protesté contre son traitement par une grève de la faim et en ayant recours à la poésie ; ces lignes ont été effacées par les censeurs du gouvernement. Elles constituent autant de rappels tragiques de la nécessité urgente de mettre fin à la détention indéfinie et fermer cette prison :

"Poème grève de la faim"

Ce sont des artistes de la torture,

Ce sont des artistes de la douleur et de la fatigue,

Ce sont des artistes de l’insulte
et de l’humiliation.

Où est le monde pour nous sauver
de la torture ?

Où est le monde pour nous sauver
du feu et de la tristesse ?

Où est le monde pour sauver les
les grévistes de la faim ?

Qu’est-il arrivé à Adnan Latif ?

—  Il a été détenu pendant plus de 10 ans sans inculpation, même si son transfert hors du Département de Défense avait été recommandé par des officiels en 2004, 2006, 2008 et 2009.

—  Il a affirmé qu’il avait été détenu à l’isolement pendant la majeure partie de sa détention à Guantánamo, et qu’il avait été battu, étranglé, maltraité et privé de soins médicaux.

—  En 2010, un juge fédéral a statué que la détention Latif était illégale et qu’il devait être libéré. Mais l’administration Obama a interjeté appel, et Latif a perdu.

—  Le 11 Juin 2012, la Cour suprême a refusé, sans commentaire, d’entendre l’appel de Latif, et il est resté détenu sans inculpation, sans espoir sur la résolution de son cas.

L’avocat de Latif, David Remes, a déclaré : « « Il était si fragile, il était si tourmenté que cela ne me surprendrait pas qu’il se soit suicidé. Cependant, quand vous y regardez de plus près, c’est Guantánamo qui l’a tué. " »

Aller de l’avant

Il y a toujours eu d’autres solutions à la disposition du gouvernement américain pour le traitement d’Adnan Latif et des autres détenus — mais aussi pour garantir la justice pour les attentats du 11 septembre 2011— sans avoir recours à des violations des droits de l’homme comme la détention illimitée, les tribunaux fantoches et les abus : cela s’appelle les procès équitables ou la libération.

Il n’est pas trop tard pour le gouvernement américain de changer de cap : soit inculper et juger équitablement les détenus de Guantanamo aux États-Unis devant un tribunal fédéral, soit de les libérer pour les pays qui respectent leurs droits de l’homme.

Prendre des mesures

Vous pouvez encore envoyer un message au président Obama en ce moment au nom d’un autre détenu de Guantánamo : Saifullah Paracha, un citoyen pakistanais détenu à Guantánamo depuis septembre 2004, sans même avoir été inculpé. Rendez-vous ici : http://www.isavelives.be/fr/node/5690

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