Il faut abandonner les accusations visant Julian Assange | Interview

À l’heure où nous écrivons ces lignes, l’audience consacrée à la procédure d’extradition de Julian Assange approche. Dans le même temps, dans la droite ligne de nos recommandations exprimées ces dernières années, nous avons lancé une nouvelle pétition s’adressant aux autorités américaines.

Éclaircissements avec le directeur de la section belge francophone d’Amnesty, Philippe Hensmans.

Que demandons-nous concernant la situation de Julian Assange ?

Philippe Hensmans : Nous demandons aux autorités américaines d’abandonner toutes les accusations d’espionnage et autres chefs d’accusation visant Julian Assange dans le cadre de la demande d’extradition. Nous visons par là sa libération rapide.

Que se passera-t-il si les autorités américaines les maintiennent ?

P.H : Si ces accusations ne sont pas abandonnées, nous appelons les autorités britanniques à respecter leurs obligations internationales, qui leur interdisent de transférer une personne vers un pays où elle risque de subir de graves violations des droits humains. Aux États-Unis, Julian Assange pourrait en effet subir de graves violations de ses droits fondamentaux, comme de la torture et autres mauvais traitements, un procès inéquitable et la violation de son droit à la liberté.

En quoi les accusations émanant des États-Unis sont-elles problématiques ?

P.H : Cet acharnement des autorités américaines à l’égard de Julian Assange est une dangereuse attaque contre le droit à la liberté d’expression. Le gouvernement américain ne tolère pas que des documents « secrets » mettant en évidence de possibles crimes de guerre commis par l’armée des États-Unis aient été dévoilés sur la place publique. C’est déjà problématique en soi. L’autre partie du problème est que ce genre de poursuites a pour effet de dissuader les journalistes et les lanceurs d’alerte, dont le rôle, lorsque leur travail repose sur des sources crédibles, est d’informer les citoyen·ne·s sur les agissements des gouvernements.

En ce qui concerne Julian Assange, nous avons analysé les chefs d’accusation relatifs à la publication de documents divulgués dans le cadre de son travail avec Wikileaks. Nous estimons qu’il ne devrait pas y avoir de sanctions en lien avec ces révélations.

Un expert des Nations unies et 60 médecins ont déclaré que Julian Assange subissait une « exposition prolongée à la torture psychologique » et que sa vie était en danger. Qu’en pensez-vous ?

P.H : Les conséquences des années passées à l’intérieur de l’ambassade d’Équateur et les répercussions de la menace d’une extradition vers les États-Unis sont en effet dramatiques et nous inquiètent beaucoup.

En ce qui concerne sa détention au Royaume-Uni, nous rappelons aux autorités britanniques leur obligation au regard du droit international relatif aux droits humains d’assurer à Julian Assange un accès à des soins physiques et psychologiques de qualité prodigués de manière indépendante par une équipe médicale qualifiée.

Comment nos membres peuvent-ils·elles se mobiliser pour Julian Assange ?

P.H : La première chose à faire est de signer massivement notre pétition. Notre longue expérience prouve qu’on peut obtenir des résultats positifs très concrets avec des signatures !

J’encourage également tous ceux et toutes celles qui le souhaitent — vous êtes nombreux·ses ! — à se rendre sur notre site (N.D.L.R. : amnesty.be/LettreJA) et à s’inspirer de la lettre que j’ai adressée, en tant que directeur de la section belge francophone d’Amnesty International, à l’ambassadeur du Royaume-Uni en Belgique.

Ils·elles pourront à leur tour demander à ce que les droits humains de Julian Assange soient respectés. Comme nous le rappelons souvent, une lettre peut changer une vie.

À nous de prouver que ça peut être également le cas avec Julian Assange !

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