TURQUIE - « J’AI MENÉ UN COMBAT POUR QUE LE SANG ET LES LARMES CESSENT DE COULER DANS MON PAYS. »

UNE GRAND-MÈRE KURDE ENCOURT SIX ANNÉES DE RÉCLUSION DANS UNE PRISON TURQUE POUR AVOIR PRIS
LA PAROLE LORS DE RASSEMBLEMENTS POUR LA PAIX. AIDEZ-NOUS À FAIRE ANNULER SA CONDAMNATION.

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Sultani Ac ?buca avec sa fille. @ Amnesty International

« Je n’ai fait que participer à un combat pour la paix, affirme la Kurde Sultani Ac ?buca (ci-dessus à gauche, avec sa fille), 64 ans et six petits-enfants. Mon unique souhait est qu’aucune femme de ce monde ne souffre et que nos enfants – qui sont la prunelle de nos yeux – ne nous soient pas arrachés et tués. »

Originaire de Mardin, dans le sud-est de la Turquie, Sultani est une membre active des Mères pour la paix, un groupe réunissant des femmes dont les enfants sont morts ou ont été emprisonnés pendant le conflit qui, plusieurs décennies durant, a opposé l’armée turque au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), un groupe armé interdit.

Plus récemment, l’État et le PKK ont entamé des pourparlers de paix. Le PKK réclame une meilleure reconnaissance des Kurdes de Turquie et l’autonomie pour les régions où les Kurdes sont majoritaires.

« NOUS VOULONS LA PAIX. »

Sultani a participé à six manifestations pacifiques à Izmir entre janvier 2006 et mars 2008. À l’occasion de l’une d’elles, elle a prononcé un discours passionné appelant à la fin du conflit entre l’armée turque et le PKK. « La douleur des mères turques et kurdes est la même, a-t-elle déclaré. Nous ne voulons plus que ces mères pleurent. Nous voulons la paix. »

Ses paroles ont provoqué le courroux des autorités et, en juin 2010, elle a été condamnée pour appartenance à une organisation terroriste. Elle a également été inculpée de propagande terroriste, notamment pour avoir scandé des slogans tels que : « Vive la paix, vive Öcalan » et « Les femmes veulent la paix, pas la guerre ».

« J’AI MENÉ UN COMBAT POUR QUE LE SANG ET LES LARMES CESSENT DE COULER DANS MON PAYS. »

La décision du tribunal de condamner Sultani se fondait sur son action militante au nom des Mères pour la paix. Les juges ont soutenu que ce groupe était lié au PKK, sans présenter de preuve à l’appui.

Lorsque le verdict est tombé, sa famille et elle ont été anéanties. « Nous nous sommes assises avec ma fille et nous avons pleuré, a raconté Sultani. J’ai embrassé un par un tous mes enfants et petits-enfants pour qu’ils me donnent un peu de force. »

ACCUSÉS DE PROPAGANDE

L’histoire de Sultani n’est qu’un des nombreux exemples qui ont vu l’État s’appuyer sur les lois antiterroristes pour étouffer les opinions dissidentes concernant les droits et la politique kurdes. Les discours ou écrits politiques et la participation aux manifestations servent de plus en plus souvent de preuves contre les militants, les journalistes, les juristes et d’autres.

Ces poursuites pénales constituent aujourd’hui l’un des problèmes relatifs aux droits humains les plus persistants en Turquie.

Le cas de Sultani est toujours en instance devant la Cour d’appel suprême. « J’ai mené un combat pour que le sang et les larmes cessent de couler dans mon pays, proclame Sultani. Si je vais en prison, je crois que je n’en sortirai pas vivante. »

AGISSEZ Écrivez aux autorités turques pour nous aider à éviter la prison à Sultani. L’Appel mondial en sa faveur contient toutes les informations dont vous avez besoin. Cliquez ici.
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