DUDH : Un rempart pour les droits humains

L’idéal proclamé dans la Déclaration universelle des droits de l’homme (DUDH) a traversé l’Histoire en s’imposant progressivement à l’humanité comme cadre commun pour le maintien de la paix et la réduction des injustices à travers la planète. Continuer à y croire aujourd’hui, c’est maintenir le projet de dignité et d’égalité pour tous à mesure que le monde change et au regard des défis qui se présentent à nous.

En 1948, lorsque la DUDH fut adoptée par les Nations unies, 50 pays faisaient partie cette organisation internationale naissante. Le pari historique de mettre d’accord des représentants de systèmes politiques protéiformes et de cultures différentes a nécessité de longs débats et des compromis, qui ont immanquablement prêté le flanc à des désaccords profonds et des contestations de la part de certains États. Or, ce sont à l’heure actuelle 193 pays qui composent la prestigieuse institution onusienne et qui, par principe seulement, acceptent les articles de la DUDH. Comment dès lors imposer moralement ses valeurs qualifiées d’universelles aux États qui exécutent des prisonniers, pratiquent la torture, ferment les yeux sur l’esclavage moderne ou refusent l’asile à des personnes qui fuient les conflits et les persécutions ?

Étant donné que la DUDH n’est pas un texte juridiquement contraignant, rien ni personne ne peut les obliger à respecter les principes déclinés dans les articles de la Déclaration. Mais, en choisissant d’intégrer l’Organisation des Nations unies, tous les pays membres doivent se soumettre au regard critique de la communauté internationale, qui possède plusieurs moyens, le cas échéant, de les rappeler à l’ordre.

La conscience d’un idéal commun

Pacte relatif aux droits civils et politiques, Pacte relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie ou le Rwanda, Cour pénale internationale, etc. Les mutations de notre monde, que les architectes de la DUDH ne pouvaient pas anticiper ou n’étaient pas en mesure de prendre en compte il y a 70 ans, sont intimement liées aux droits humains et ont fait émerger des applications de l’idéal de la Déclaration durant les dernières décennies. De la même manière, la DUDH pourrait parfaitement constituer la base pour inspirer l’élaboration de normes contraignantes face à l’évolution des technologies, des modèles économiques, des équilibres de notre planète, mais aussi de nos comportements au quotidien, qui mettent en péril l’accès pour un nombre grandissant de femmes et d’hommes aux droits les plus fondamentaux.

Mais, ce que l’émergence de mouvements citoyens nous rappelle, c’est que la Déclaration universelle des droits de l’homme est avant tout le guide, que chacun d’entre nous peut tenir dans sa main pour exiger de ses dirigeants le respect des droits fondamentaux. Pour cette raison, il est plus que jamais urgent de rendre sa notoriété à la Déclaration et de se rassembler derrière ses valeurs pour défendre celles et ceux qui en ont le plus besoin.

Si la Déclaration conserve aujourd’hui tout son potentiel, ce n’est pas parce qu’elle constitue un petit manuel obligatoire à l’égard des États, mais parce qu’elle porte en elle une notion d’intemporalité et les aspirations d’un avenir meilleur.

Comme l’écrivait déjà Aurine Crémieu dans un ouvrage consacré aux 60 ans de la DUDH* : « Plus les individus connaissent leurs droits, plus ils sont capables de les revendiquer et de les défendre pour eux-mêmes, mais aussi pour les autres. »

* CRÉMIEU (Aurine), Tous libres et égaux, Amnesty International, Paris, 2008.

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