Oui, les armes wallonnes sont bel et bien utilisées au Yémen

Suite à une succession de révélations à propos de la présence au Yémen d’armes wallonnes vendues à l’Arabie saoudite, la question de l’exportation de matériel militaire à ce pays responsable de crimes de guerre s’est faite plus aiguë que jamais, et de plus en plus de voix critiques s’ajoutent à la nôtre pour que cessent ces ventes immorales.

Cela a commencé en France le 15 avril, quand le site d’investigation Disclose révélait la présence d’armes françaises au Yémen sur base d’une note du renseignement militaire français. Le même jour, la chaîne franco-allemande ARTE révélait dans le cadre d’un documentaire que la firme wallonne CMI avait créé un centre de formation pour militaires saoudiens basé en Lorraine avec une aide publique de 600 000 €. Une quinzaine de jours plus tard, nous apprenions qu’un bateau saoudien était sur le point d’arriver à Anvers afin d’y charger des armes wallonnes.

Le 8 mai, l’enquête #BelgianArms menée notamment par des journalistes du Soir, de Knack et de la VRT révélait que des fusils d’assaut de FN Herstal, des tours d’artillerie de CMI et des munitions de l’entreprise nivelloise Mecar étaient bien utilisés au Yémen, confirmant et amplifiant ainsi notre rapport de février 2019 sur la présence d’armes belges aux mains d’une milice au Yémen. En outre, il est maintenant démontré que les soldats de la Garde nationale saoudienne sont actifs au Yémen avec des armes wallonnes. Ces éléments nouveaux contredisent les affirmations répétées du ministre-président wallon Willy Borsus.

En réponse, Willy Borsus a demandé à son administration un « examen approfondi » des révélations de #BelgianArms, ajoutant : « [si] des éléments de non-respect des règles devaient être validés, je prendrais immédiatement toutes les dispositions que le décret wallon permet. »

L’enquête #BelgianArms révélait par ailleurs la présence au Yémen de l’Airbus A330 MRT, qui assure le ravitaillement en vol des jets saoudiens impliqués dans le conflit. Cette information est importante, car plusieurs entreprises belges équipent l’A330 MRT, dont la branche « matériel de défense » de l’entreprise flamande Barco. De même, l’Eurofighter Typhoon, qui prend part aux campagnes aériennes au-dessus du Yémen, bénéficie lui aussi de technologies développées en Flandre.

Le 8 mai toujours, la Ligue des droits humains et la Coordination nationale pour la paix et la démocratie (soutenus par Amnesty International) annonçaient avoir introduit une plainte pénale contre les entreprises qui ont illégalement exporté du matériel militaire à destination de l’Arabie saoudite. Parallèlement, une demande d’information auprès des douanes et du ministre fédéral sera introduite.

Tous ces développements ont pour effet de faire bouger — plus que jamais — les lignes, en Belgique comme dans d’autres pays d’Europe. Il est essentiel que nous restions mobilisés pour que cessent enfin les ventes d’armes à l’Arabie saoudite !

Agissez avec nous pour que les pays impliqués dans le conflit au Yémen cessent d’être alimentés en armes, notamment par la Belgique : www.amnesty.be/YemenWallonieImmorale

Complément d’information

Des jeunes activistes d’Amnesty reçus à l’élysette

Le 25 mars dernier, à l’occasion du 4e anniversaire du début du conflit au Yémen, une quinzaine d’élèves du groupe-école Amnesty du Collège Notre-Dame de la Paix à Erpent se sont rendus à l’Élysette, à Namur, pour remettre à Willy Borsus, Ministre-Président de la Wallonie, près de 1000 messages et dessins d’élèves de différentes écoles primaires et secondaires de Wallonie et de Bruxelles. Leur but : appeler la Région wallonne à ne plus vendre d’armes à des États qui violent les droits humains, en particulier à l’Arabie saoudite. Deux élèves porte-paroles ont pu rencontrer Willy Borsus, à qui elles ont fait valoir leurs arguments en rappelant notamment combien il était important que la Wallonie soit un modèle et montre l’exemple face à d’autres pays qui continuent de vendre des armes à l’Arabie saoudite.

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